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 Pas si sauvage

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milinda

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MessageSujet: Pas si sauvage   Dim 23 Nov - 11:30

Elle s’était éveillée sur le tas d’os, avait lu les parchemins et les pierres gravées, avait affronté les esprits frappeurs, était parvenue à trouver l’ange bleu qui la fit entrer dans le monde des vivants pour comprendre que, à peine née, on cherchait déjà à lui voler sa vie. D’étranges fantômes la firent trembler de terreur et l’aspiraient comme avec une paille. Quand cela cessa tout à coup, elle vit d’autres personnes nues comme elle. Leurs formes, bien que parfois assez étranges, lui semblait familières et ils émettaient des sons que, à sa grande surprise, elle comprenait.

« Nous sommes des amis. Nous sommes des mortels, comme-toi. Nous sommes du même côté » lui crièrent-ils alors qu’elle tentait de fuir et de se cacher.

Elle se méfiait, ne sachant pas vraiment quelles étaient leurs intentions vis-à-vis d’elle. Alors ils l’appelèrent "la sauvage". Après quelques négociations, elle accepta de les suivre, mais pas de se laisser approcher, et encore moins de se laisser toucher. Celle qu’ils appelaient Papillon en fit les frais en se prenant une bonne châtaine sur le pif quand elle voulut poser son doigt sur la poitrine de la Sauvage.

Plus tard, ils se retrouvèrent dans une sorte de grotte souterraine. La Sauvage fut attirée par un étrange nuage vert. Elle ne put résister à l’envie d’y pénétrer. Elle sentit alors un grand picotement sur toute la surface de sa peau et fut emportée ailleurs.

Un immense château. Des salles merveilleuses mais poussiéreuses, pleines de toiles d’araignée. Des fantômes, mais ceux-là n’étaient pas hostiles. Ils n’arrêtaient pas de parler d’un maître en disant qu’il l’attendait. Le Sauvage se sentit rassurée, en sécurité. Les autres l’avaient rejoint dans le château qu’ils commencèrent à visiter.

Les seuls autres mortels qui vivaient là étaient des petites bêtes à huit pattes. Très vite, La Sauvage comprit que ces petites bêtes étaient à l’origine des fils tout fin qui décoraient les lieux, pendant de partout, formant des toiles collantes et désagréables. Un fantôme de femme était là et lui expliqua que le Maître, qui l’attendait, aurait souhaité qu’elle se présente à lui avec une tenue décente. La Sauvage avait vraiment envie de voir ce maître et se mis à la recherche d’un vêtement. Comme annoncé par le fantôme, elle finit par trouver une robe blanche dans le fond d’un vieux coffre abandonné. Elle retourna voir le fantôme qui estima que cette tenue suffirait et la Savage fut de nouveau aspirée mystérieusement vers un autre lieu.

Une chambre royale, avec un lit énorme, comme un autel pour un dieu. Tout y était aussi poussiéreux et entoilé mais intact. La Sauvage était émerveillée et se dit à cet instant que cette maison pourrait bien être la sienne. Elle retrouva les autres mortels qui l’invitèrent à venir voir le Maître. Il y en avait deux de plus : une femelle avec de longues oreilles pointues, comme Papillon ; un petit bonhomme poilu qui n’arrêtait pas de bouger et de crier tout le temps.

La conversation s’engagea avec le Maître. La Sauvage buvait ses paroles alors que les autres semblaient en colère après lui. La Sauvage, qui n’était pas si sauvage que cela, ne comprenait pas pourquoi les autres manquaient autant de respect envers un Maître qui était aussi bon envers eux et les acceptait dans son palais. C’était un fantôme lui aussi, mais il dégageait quelque chose de puissant, quelque chose de majestueux et de réconfortant. Pour la Sauvage, c’était acquis : Elle servirait ce Maître,même si elle ne savait pas encore qui il était.

Le Maître disparut et les autres partirent en colère. Le petit bonhomme et la "longues oreilles" se mirent encore et encore à crier et à insulter le Maître. La Sauvage partit de son côté jusqu’au chambres d’hôte pour aller s’y reposer.

Pendant la nuit, elle fit des rêves.


Dernière édition par milinda le Sam 6 Juin - 10:15, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Pas si sauvage   Lun 24 Nov - 2:35

Manon, c’était le nom que la Maître lui avait donné et qu’elle portait fièrement, aussi fièrement qu’elle était heureuse de d’avoir trouvé une sorte de foyer dans sa demeure. Elle a été froidement assassinée ce soir par la gnome qui se faisait appeler Hemy. Fin de l’histoire.
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MessageSujet: Re: Pas si sauvage   Jeu 27 Nov - 12:21

Retour à la case départ. Manon se retrouva à nouveau sur le tas d’os, dans la crypte poussiéreuse. L’Ange qui expliqua que les dieux lui avaient accordé une seconde chance, mais qu’il n’y en aurait pas une troisième. En tout cas, les assassins devront y réfléchir à deux fois avant de tuer un nouvel arrivant.

Elle franchit le seuil.

Des vivants occupaient le palier de l’escalier qui menait dehors. Manon s’enfuit à leur vue, bien décidée cette fois à protéger sa vie et à ne faire confiance en personne... sauf au Maître.

On lui courut après mais elle parvint à semer ses poursuivants qui, probablement, abandonnèrent. Elle retourna dans la grotte du nuage vert et, après avoir abattu quelques fantômes qu’elle pensa bien moins dangereux que les vivants car sans surprises, elle entra dans la nuage.

Remplie du sentiment réconfortant de d’un retour à la maison, elle entreprit de reconquérir les lieux. Tout d’abord, retrouver un vêtement. Puis, remonter voir le Maître.
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MessageSujet: Re: Pas si sauvage   Mar 2 Déc - 20:31

Il avait dit : « Va au dehors ! Une personne mue par un désir sincère de savoir nous appelle. Je pense qu’il serait bon que tu aille à son accueil. » Manon se trouva téléportée devant la porte principale de la tour, nez à nez avec une femme nue qui semblait très désireuse d’entrer. La conversation s’engagea et, très vite, les deux femmes sympathisèrent.

Depuis la dernière fois qu’elle avait rencontré des êtres se prétendant ses semblables et avoir payé de sa vie sa trop grande confiance et sa naïveté, Manon était devenue très sensible à l’approche du danger. Ou bien peut-être était-ce son Maître qui le prévint par magie. Quoi qu’il en soit, elle sentit qu’il fallait entrer au plus vite dans la tour pour s’y mettre en sécurité. Toutes deux firent face au mur et, en un instant, elles se retrouvèrent à l’intérieur de la demeure du Maître où elles purent continuer leur conversation.

L’idée vint très à Manon d’aider la jeune femme à trouver de quoi se vêtir. Elles arpentèrent donc les couloirs et les salles à la recherche es vieux coffres et finirent par trouver une de ses fameuses robes blanches qui devaient probablement être les uniformes des serviteurs du Maître autrefois. Il lui fallait un nom aussi, plus pour Manon que pour son amie qui semblait préférer s’en passer. Mais comment parler de ou à quelqu’un sans avoir un mot qui puisse la désigner et la résumer par quelques syllabes ? Manon insista. L’autre était sans nom. Sans nom, Sannom, Sanon, Manon tranche, ce sera Sanon. Et puis toutes deux formaient un intéressant paronyme : Sanon, Manon... C’était mignon.

Après avoir bavardé de choses et d’autres, et, surtout du Maître, elles regagnèrent le quartier des hôtes pour y prendre une chambre et s’y reposer, décidées à demander audience au Maître dès le lendemain.
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MessageSujet: Re: Pas si sauvage   Dim 21 Déc - 16:33

Manon était très attirée par un endroit particulier de la demeure du Maître : Le théâtre. Les deux fantômes qui le hantaient, Sarah et Carlos, l’intriguaient beaucoup. Par eux, elle apprit que cet endroit servait à raconter des histoires, des aventures imaginaires de héros, chantées parlées, devant un tas de gens. Ceux-ci ressentaient les émotions des artistes et applaudissaient tapaient des pieds à la fin quand ils étaient contents. Manon se mettait alors qu’elle aussi était une grande artiste.

Carlos répétait sans cesse que la musique était partie. Sarah disait que c’était le théâtre. Le public n’était plus là. Hormis le bruit des pieds nus de Manon sur les planches de la scène, le silence régnait dans toute la grande salle. Alors elle se dit qu’il faudrait faire quelque chose car elle avait très envie de redonner un peu de joie à ses amis fantômes.

Il y avait des choses vivantes rampaient partout dans la demeure : L’araignée. Manon eut l’idée saugrenue de tenter de leur parler. Le résultat ne fut pas probant. Ce n’est qu’en leur ramenant des miettes de nourriture qu’elle constata que les petites bêtes s’intéressaient à elle. Alors, elle leur en apporta chaque jour et gagna ainsi, peu à peu leur amitié. Elle n’osa pas en parler à Sanon de peut qu’elle de moque d’elle. C’était sans doute ridicule mais, souvent, certains sentiments apparaissent en nous sans que nous sachions vraiment pourquoi.

Puis un jour, Manon parvint à attirer quelques araignées sur la scène du Théâtre. Elles semblaient si petites ici ! Personne ne les verrait depuis la salle du public.
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MessageSujet: Défense de mourrir !   Ven 16 Jan - 12:08

« Inanna, ma sœur ! Mais qu’a donc été tu faire seule dehors ? »

Manon, agenouillée, versait toute l’eau de son corps sur celui de sa seule véritable amie allongée maintenant sur le sol d’un chemin du monde du dehors. Un étrange homme, portant le nom de Kobert, avait annoncé un drame et indiquer l’emplacement du corps. Inanna était morte sous les assauts de ces ignobles créatures sans bras ni jambe que Tempérance appelait des serpents.

« Ignobles serpents, soyez maudit ! Je vous exterminerais tous ! » Cria Manon.

Tempérance encourageait Manon, la poussant à chercher sa sœur dans le monde des limbes. Manon étudiait les sciences de la nature avec laquelle elle avait des affinités évidentes. Elle ressenti la voix d’Inanna en elle et entendit sa douleur. Manon tremblait d’effroi. Inanna avait criait comme une folle. Elle avait peur et se sentait coupable d’avoir commis faute. Craignant la colère du Maître, elle refusait de revenir. Pour Manon, c’était parfaitement inacceptable.

La conviction de Manon était simple : Vivre sans sa sœur lui était insupportable et il fallait qu’elle revienne. Manon était persuadée que son Maître sauverait son amie.

Manon et Tempérance, harcelées par ces bêtes rampantes et immondes, décidèrent qu’il fallait ramener le corps d’Inanna « à la maison », c’est-à-dire à la tour. Les lamentations de celle-ci continuaient de tourmenter Manon qui tenta tout ce qu’elle put pour ne pas craquer et d’apaiser l’âme de sa sœur. Entre les conseils de Tempérance, les lamentations d’Inanna et le poids de son corps inerte, tout un tas de pensées défilaient à grande vitesse à travers l’esprit perturbé de Manon.

« Le Maître peut la faire revenir ! »
« Emmène-là à la fleur Espoir, comme Brume le fait ! »
« Il faut la protéger, à la maison. Le Maître pourra la ramener... »
« Ton maître n’en a rien à faire mais toi aussi, tu le peux. »
« Laisse-moi ! Oublie-moi ! Je me suis crue forte, mais j’ai été faible. Le Maître ne me pardonnera pas... »
« Je lui demanderai... »
« Toi aussi tu le peux ! »
« Servir le Maître... lui désobéir est impossible ! »
« Utilise la nature ! »
« Aaaaaaa ! »
« Inanna, ne crie pas ! Je viens te chercher ! »
« Toi aussi, tu le peux ! »
« Servir le Maître, c’est suivre on enseignements. Oui ! Le Maître veut que je le fasse moi-même ! »

L’étrange cortège arriva au pied de la tour, devant l’entrée et entra. Inanna fut déposée sur un lit. Manon, s’agenouilla tout près d’elle serrant très fort une de ses mains. Le combat intérieur faisait rage. Continuant d’écouter Tempérance et de soutenir Inanna, elle tentait de faire le clair dans son propre esprit. Mais tout cela commençait à l’épuiser. Ces forces diminuaient et elle comprit alors qu’elle avait trouvé la bonne voie.

« Inanna, ne pleure pas ! Je viens te chercher. »

La vie de Manon s’échappa de son corps et s’envola droit vers le royaume des âmes où elle retrouva Inanna. Elles auraient voulu se prendre dans les bras l’une de l’autre mais, sans un corps matériel, c’était impossible. Manon était très clame, maintenant. Elle avait accepté de mourir pour donner sa vie à Inanna.

Inanna disparut.
Manon se retrouva seule.

Tempérance, penchée sur les corps sans vie des deux filles du Maître put voir celui d’Inanna changer doucement de couleur. Inanna revenait. Elle reprit lentement conscience. Puis, ensemble, elles supplièrent Manon de revenir, ce qu’elle fit quelques minutes après, chargée d’un nouveau pouvoir : Celui de rendre la vie aux morts.
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MessageSujet: Re: Pas si sauvage   Sam 21 Fév - 21:56

Le temps passait, tranquillement, dans la tour. Tempérance travaillait sur ces idées bizarres. Innanah passait tout son temps dans la Bibliothèque. Manon écrivait. Elle adorait écrire. Surtout depuis que le Maître l’a encouragé à le faire lors de sa dernière entrevue avec lui, en compagnie de Tempérance. Surtout aussi depuis qu’elle et Tempérance avait remarqué que beaucoup de ce qu’imaginait Manon dans ces livres existait réellement, dans le monde du dehors. Tempérance lui expliqua que c’était sans doute un don de voyance qui se manifestait chez Manon. La voyance, elle imaginait mal ce que cela pouvait être. Mais ça semblait un sujet d’étude très intéressant.

Le Maître avait aussi dit que la réponse à la question de savoir pourquoi cela de produisait lui serait révélé bientôt, lors de la réunion qu’il voulait organiser avec ses trois disciples pour la suite de leur formation. Manon attendait donc la décision des deux autres pour retourner voir le Maître. En attendant, elle rêvait et écrivait, écrivait tout ce qui lui passait dans ses rêves qu’elle faisait en dormant parfois, mais souvent éveillée.

Autre chose la fascinait aussi. Tous ces gens qui tournaient, ces fantômes. Ils tournaient tous dans le même sens. Et depuis qu’ils tournaient, une sorte de colonne lumineuse s’élevait du au centre, du sol vers l’immense lustre immobile qui pendait sous la coupole. Le lustre brillait très fort. La colonne de lumière émettait un son très doux et apaisant. Quand elle entrait dedans, elle s’y sentait si bien qu’elle pouvait y rester en méditation pendant des heures.

Le Maître semblait avoir la capacité de faire apparaitre autant de fantômes qu’il le désirait. Les fantômes, Manon se posait beaucoup de question sur eux. Ils étaient des âmes de gens qui ont vraiment existé. C’est ce qui était écrit dans les livres. Ceux-ci disent aussi que, souvent, les fantômes étaient des âmes tourmentées de gens morts qui n’arrivent pas à entrer vraiment dans la mort. Pourtant, tous ceux que Manon connaissait dans la tour ne semblaient pas souffrir. Ceux qui tournent semblent même très sereins, en paix. Et d’où viennent-ils, qui étaient-ils ? Venaient-ils eux aussi de la crypte ? Non c’est impossible, l’ange ne l’aurait pas permis.
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MessageSujet: Re: Pas si sauvage   Ven 12 Juin - 19:45

« C’est bien vide, maintenant ! Je regarde Sarah qui fait les cent pas, irréelle et absente. Je regarde les planches que seule l’éternité fait craquer de temps à autre. Même mes araignées semblent nostalgiques et ont les pattes molles. » Ainsi tanguait l’humeur de Manon, les yeux fixés vers le fond de la scène du théâtre de la tour du Maître, son théâtre. Il y a peu, il s’était animé. Le plus grand chanteur de tous les temps y avait fait un récital avec son instrument de lumière. Des fantômes, des dizaines sans doute, peut-être même des centaines, étaient apparus et s’étaient mis à danser. Sarah voltigeait, légère et joyeuse. Même Carlos était apparu pour danser. Tout le théâtre s’était mis à vibrer au son et à la lumière de la musique de Barde. Lumière ! Des cascades de lumière jaillissaient tout autour des danseurs. Le monde était heureux, ce soir-là.

« Le bonheur, c’est le rêve. Imagination. Voir les choses qui peuples mon esprit, celui des autres, s’animer et vivre une vie presque plus réelle que la mienne. Sortir du truc de tous les jours. Oui, c’est cela le bonheur. Il faut qu’il revienne ! » Manon serait prête à tout pour que le plus grand chanteur de tous les temps revienne faire un nouveau récital dans le grand théâtre du Maître, celui du monde. L’univers est une scène vide que les vivants, et parfois même les fantômes, peuplent et animent de bribes de rêves qui enchantent la solitude des mélancoliques. Pour Manon, l’avenir était forcément Ici ! »

« Le vide devra se remplir. Il devra disparaître. Le vide est l’inverse de l’avenir. Le vide doit se vider de lui-même pour donner à nos projets le corps de la réalité ! » Manon, se leva et se mit à danser pour chasser le vide. La musique ? Elle était dans sa tête. Celle du plus grand chanteur de tous les temps. Il continuait son récital maintenant, pour Manon seule avec ses araignées. Elle en était sûre : « Il reviendra car, ici, l’univers entier peut l’entendre. »
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MessageSujet: Re: Pas si sauvage   Ven 17 Juil - 20:16

Manon s’attardait sur l’écriture de son histoire de poulet blanc. Elle n’avait encore jamais vu un tel animal en réalité mais les rêves font souvent fi de la réalité et inventent des choses surprenantes que, parfois, l’on rencontre pour de vrai. Est-ce une prémonition ou une invention qui passe des rêves à la réalité ? Un tel pouvoir existe-t-il qui permette de faire passer un objet ou un être du rêve à la réalité ? Est-ce à dire que le rêve est aussi vrai que le réel ? Manon sentait monter en elle tous ces doutes en même temps qu’une sorte de foi non pas lié à un dieu ni une force naturelle, mais en ses rêves. Une force toute spirituelle. Alors, une crainte l’envahit un bref instant : Faisait-elle bien de les écrire ? Il lui sembla que, parfois, cela tournait mal pour ceux du dehors, comme cette histoire de morts-vivants.

Un papillon se balada un instant dans ses pensées. Mais rien à voir avec un poulet blanc donc, elle l’élimina. Puis, un bref instant, elle vit le Grand Cerf Blanc dont elle avait déjà rêvé il y plusieurs semaines. Machinalement, elle feuilleta son manuscrit pour retrouver la page qui le concernait. Elle y resta longuement sans la lire. Son attention avait été attiré à nouveau par le papillon sauf que, cette fois, il était bien réel devant elle, à virevolter au-dessus de son texte. Et il brillait comme une luciole.

« Qu'est-ce que tu fais là toi ? Je n'ai pas rêvé de toi ! Tu devrais t'envoler pour aller dans un pays un peu plus favorable pour toi. »

Le papillon dessina un "8" dans l’air. Puis il se posa sur les pages du livre, zigzaguant étrangement entre les lignes. Manon compris qu’il se déplaçait d’une lettre à une autre pour décrire un mot : P – A – P- I – L – L – O – N...

« Papillon ! Mais je sais que tu es un papillon. Comment es-tu apparu là ? »

R – E – V – E.

« Oh! Papillon est dans le rêve... oui... mais... C'est vous ? »

Le Papillon refait un "8" dans l’air.

« Huit ? Oh huit ! Oui.... c'est ça. Un huit, veut dire oui. Alors tu es Papillon.... mais je ne comprends pas? Comment es-tu devenue cela ? Et comment es-tu sortie ? »

Le papillon alla tremper ses pieds dans l’encrier et, sur un parchemin vierge qui trainait, fit quelques pattes de mouche. C’était si petit que Manon dut presque poser ses yeux dessus pour y lire quelques mots : « Papillon rêve ».

Elle était toujours dans le rêve. Elle parvenait à rendre des rêves réels. Cela amusait et émouvait Manon. Toutes ses questions sur le sujet commençaient à recevoir quelques réponses.

Elles bavardèrent – si on peut dire - encore ainsi pendant un moment mais Manon n’était du genre couche-tard. Ses yeux lui faisaient comprendre qu’il était temps de baisser le rideau. Le papillon lumineux s’éteignit et disparut aussi discrètement qu’il était apparu.
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MessageSujet: Re: Pas si sauvage   Lun 25 Jan - 20:21

Il y a rarement quelque chose à raconter sur la vie de Manon. Elle se raconte déjà beaucoup elle-même dans ses livres et ses notes qu'elle range bien soigneusement sur son bureau des appartements du Maître. Mais il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir les lire. Pourtant, ce matin-là, c’était différent. Il c'était passé quelque chose pendant son sommeil. Difficile à dire quoi mais il semblait bien que le rêve, contrairement aux autres matins, n'était pas mort au moment où elle ouvrit les yeux. C'était comme... au débout.

Dans son rêve, juste avant, elle avait vu un grand dragon vert allongé paisiblement sur l’herbe du rêve. Il la regardait avec un air plutôt doux, comme un sourire, et Manon se sentait bien. Il faudrait plutôt dire "elle" car c’était une femelle. Neige avait l’impression de la connaître mais, pourtant, c’était la première fois qu’elle la rencontrait.

« Tu es là parce que c’est la nature qui le veut. Ta nature. C’est juste ta volonté. Ton lien avec le rêve est très fort et même ton Maître ne pourra pas le briser. »

Ces paroles résonnaient encore dans sa tête à la fin de la journée. Elle avait perdu son lien avec les arcanes, un lien aussi fragile que du givre qui font au soleil du matin. Neige regardait ses parchemins, ses encres. Le rêve aussi est une magie. Même Tempérance le lui avait dit la veille. Le rêve est une magie qui crée le réel et c’est cela qui était la vie de Manon : Messagère des rêves.
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MessageSujet: Re: Pas si sauvage   Mar 26 Jan - 21:44

IL y avait toutefois un souci. Un énorme souci. La nature, c’est une chose merveilleuse quand on la voit depuis des livres et en sécurité au cœur d’une grande tour de pierres baignée de magie, mais la nature, la vraie, c’est dans le monde extérieur qu’elle est. Et il faudra bien aller à sa rencontre et ceci ne réjouissait pas vraiment Manon.
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MessageSujet: Re: Pas si sauvage   Jeu 24 Mar - 22:02

« Il y a tant de chose à voir ! »

Voyager, Manon, aimait ça. Ce qu’elle n’aimait pas était sortir. Alors elle comprit que, grâce à son don de rêveuse, elle pouvait voyager sans le faire.

« Je sais qu’il y a des portes. Elles sont fermées pour que les extérieurs n’entre pas. Mais moi, je peux les ouvrir. »

Révélation ! Etait-ce une forme de magie particulière ? Manon préférait se dire que non. C’était juste un don qui lui avait donné le Maître, ce non-être admirable qu’elle avait décidé de servir et d’honorer. Le Maître, elle le savait, avait un pouvoir extraordinaire. Ces fous de l’extérieur ne s’en rendaient pas compte mais elle, elle le savait.

La magie des mots. C’était pourtant cela. Une forme de magie très ancienne dont les livres parlent parfois. Une science des dieux qui ont créé le monde. L’ont-ils fait en le rêvant ou en l’écrivant ? Difficile de la savoir. Mais les signes inscrits dans les plus vieilles pierres du monde cachaient les secrets de pouvoirs gigantesques, aussi grand que le monde lui-mêle, aussi puissants que ceux qui l’on bâti.

Manon n’était pas assoiffée de pouvoir. Elle était juste curieuse, comme une enfant qui ne se rend pas bien compte que son jouet pouvait déterminer qui devait vivre ou mourir.

Du bleu partout. Du bleu clair, comme la neige. Et de la lumière qui scintille, d’étranges champignons qui palpitent lentement, des murs gris et or... Il fait froid, mais le froid, ici, est un plaisir qui caresse la peau. La vie végétale se nourrissait de la glace, plantant ses racines dans la pierre. Elle devait être vraiment très forte. Manon était admirative devant toutes ces merveilles et aimerait bien les partager. Aussi elle tenta une chose improbable : Envoyer une image à tous ce qui pouvait avoir une conscience dans le monde des extérieurs. Cette image, la voici :


Qui sera capable la voir ?

C’était un bon moyen pour Manon de tester ses capacités.
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MessageSujet: Re: Pas si sauvage   Sam 9 Avr - 2:08

Un échiquier. C’est ainsi que les livres décrivent ce genre d’espace rempli de carrés noirs et blancs. Il parait que ce fut un jeu, jadis. Personne ne sut jamais qui l’inventa. Des pions blancs luttaient contre des pions noirs. Au départ, les blancs marquent le premier pas. On dit qu’ils sont l’avantage. Puis les noirs ripostent et se défendent. C’est celui qui prend l’avantage qui remporte la victoire, en mettant le roi en échec sans possibilité de repli. C’est extraordinaire comment ce jeu ressemble à la vie des extérieurs.

Ma voix n’a que peu de portée. Celle du Maître en aurait bien plus mais il semble que personne d’autre que moi ne soit en mesure de la faire parvenir jusqu’aux oreilles des extérieurs. Les chemins de diagonales est l’un noir, l’autre blanc. Le centre est là, entre noirs et blanc. En fait, nous, nous sommes grises. Tempérance et moi.

Rosa a disparu depuis quelques jours. Impossible de savoir ce qu’elle est allée faire. Manon sentait que quelque chose se passait mais c’était tellement subtile et diffus qu’elle était incapable de le définir. Tempérance avait souvent de drôles d’idées. Elle pensait que ces créatures d’agiles et de fer pourraient jouer un rôle important dans le développement du monde et qu’ils pourraient aider les extérieurs. Manon était sceptique.

Toutefois, une sorte de certitude l’habitait. Une conviction. Inutile de monter tout en haut pour s’en assurer auprès de lui. Son cœur battait pour une raison, un but, un idéal. Entre la veille et le sommeil, une pensée lui vint et c’était comme une voix qui affirmait haut et fort que : « Désormais, je sais qui je suis et ce que j’ai toujours été : Une porte-parole du Maître. »
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MessageSujet: Re: Pas si sauvage   Ven 24 Juin - 20:45

Nue, assise sur sa chaise rouge et or à haut dossier devant son bureau, Manon maniait sa plume avec application de sa main droite, parcourant la page en la couvrant de petites runes gracieuses et soignées, pendant que la gauche faisait de légers mouvements entre ses cuisses. Elle adorait faire cela. Ça la stimulait au travail. Jusqu'à un certain point toutefois, jusqu'au moment où le plaisir physique devenait plus intense que son plaisir mental à écrire ses histoires ou à recopier les livres abîmés de la bibliothèque. Quand le grand frisson arrivait, elle se laissait aller contre le dossier de la chaise, goûtait un moment cet extase fugace, puis reprenait son travail avec un sourire aux lèvres et une nouvelle ardeur. C'était une chose bien naturelle, après tout.

Recopier était facile. C’était un travail plutôt tranquille où il suffit de s’appliquer pour faire de belles lettres. Mais il arrivait fréquemment que des passages, vois plusieurs pages, manque à l’ouvrage original. Alors il fallait imaginer ce qui pouvait manquer. Parfois, c’était facile. D’autres fois, il fallait réfléchir, chercher dans d’autres livres si leurs contenus pouvaient éclairer sur la vrai contenu qui pouvait manquer. Le découragement envahissait parfois le copiste. Alors elle refermait le livre, remettant à plus tard son travail de fourmis pour en continuer un autre.

Elle écrivait aussi des histoires qu’elle inventait. C’était difficile aussi mais tellement plus gratifiant quand elle se relisait et, après quelques petites corrections, elle ressentait monter en elle une immense satisfaction. Jouir de la qualité de son propre travail était un privilège qu’elle se permettait. Et, cela aussi était une chose bien naturelle.

Une vie basée sur le plaisir. Un paradis oui mais...

Manon sentait qu’au fond de son être quelque chose lui manquait. Ça ne semblait pas vraiment important mais elle pensait souvent que ça vie avait toutefois quelque chose d’étrange. Faire ce qu’on veut, quand on le veut, presque où on le veut... mais avec qui on le veut ? Certes, le Maître, elle l’avait choisi. Elle avait choisi de le servir et d’accepter tout ce qu’il pourrait lui demander, même supporter le pire des imbéciles dans la tour si cela plaisait au Maître. Mais il n’était qu’un fantôme !

Il y a bien Tempérance. La nuit, quand elles se couchent toutes les deux dans le grand lit de la chambre du Maître, sous les draps, elles aimaient échanger des caresses et de bons moments de joie. C’était très agréable et contribuait à sa vie paradisiaque. Oui... mais était-ce bien cela la vie ? Est-ce un perpétuel plaisir ? Une liberté absolue ? Une sécurité sans faille ? L’aventure ne peut-elle se vivre que dans des draps ou dans les livres ?

Elle repensait souvent à un passé proche. Une personne. Qu’elle a admirée et en qui elle avait placé, sans vraiment s’en rendre compte, un immense espoir d’avenir. Malgré les déceptions que cette personne lui avait causées, elle ne parvenait pas à lui en vouloir. Quand l’orgue du théâtre résonnait, faisant vibrer toute le tour, elle pensait à lui encore plus fort. Il est des désirs qui sont inassouvis non pas parce qu’ils ont été interdits mais parce qu’ils n’ont jamais pu être exprimés. Manon était amoureuse. Elle était de cette sorte d’amoureuse qui place leur amour au-dessus de tout, au-dessus des dieux, sur un autel suprême et inaccessible même aux amants. Encore une fois, Manon rêvait.
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MessageSujet: Re: Pas si sauvage   Ven 1 Juil - 22:00

« J'ai encore rêvé d'elle. C’est bête ! Elle n'a rien fait pour ça... »
Elle était assise là, sur la chaise, devant la table de la petite maison du rêve. Elle ne bougeait pas. En fait, Manon ne savais pas trop laquelle des deux rêvait.

Son visage était doux, rond, avec un brin de mélancolie mais souriant. Manon avait une étrange envie de la serrer dans ses bras. Elle se demandait comment une personne aussi jolie et gentille pouvait être malheureuse. En fait, elle ne donnait pas l'impression de l'être. Une personne ordinaire aurait même pu penser qu'elle avait atteint un degré de spiritualité qui la mettait hors de toute souffrance, hors de tout malheur. Pourtant, quelque chose de triste se terrait au fond de son être et Manon ne parvenait pas à la comprendre.

Elle ne parlait pas. Elle fixait le vide, droit devant elle. Elle n'était pas vraiment là. Manon la regardait depuis le seuil de la petite maison du Rêve. Au bout d’un interminable instant de silence, elle est allée s'assoir sur le bord du lit et se retrouva ainsi face à deux yeux bleus comme l’azur braqués sur elle mais qui ne la voyaient pas. Elle n’était pas vraiment belle. Elle n'était pas blonde, mais blanche comme la neige. Elle avait une grande robe blanche aussi. Elle était plus petite que la moyenne des humaines. Elle était entourée d'une discrète aura lumineuse. Peut-être était-ce un ange. Qu’était-elle devenue ?

« Neige, pourquoi ne me dis-tu rien ? »

Natalia lui avait parlé de sa meilleure amie. Il lui fallut un bon moment pour comprendre que cette amie, que Natalia appelait Emiade, était Neige. Dans les rêves, tout est possible et c’est la raison pour laquelle il était souvent difficile de comprendre ce qu’on y entend ou y voit. Natalia disait-elle la vérité ? Mais Manon elle-même savait-elle ce qu’était la vérité ? Pourquoi le rêve n’en serait-il pas une ? En marchant dans la forêt sombre, Manon avait rencontré un fantôme qui se plaignait d’avoir perdu Cendras. Il s’agissait de Méline, et Cendras était son cheval. C’était une histoire que Manon avait rêvé avant de l’écrire dans un de ses livres, et maintenant elle était devenue réelle. Tout est possible dans le Rêve. Emiade-Neige était là, c’était la vérité.

Natalia lui avait raconté une étrange histoire. Manon se la remémorait, cherchant les meilleurs mots pour pourvoir l’écrire. Le fantôme d’Emiade-Neige était sur la chaise et sa présence interdisait à Manon de s’y installer pour écrire. Alors elle se mit à rêver qu’elle le faisait. Un parchemin apparut devant elle, une plume se glissa entre les doigts de sa main droite et un encrier dans la gauche. Elle trempa la plume de l’encre et traça quelques runes sur le parchemin. Une ligne, deux ligne, trois... Elle s’endormit.

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MessageSujet: Re: Pas si sauvage   Ven 8 Juil - 8:48

La Tour. Grand Centre du Monde. La Tour était un peu comme une admiration centrale telle que d’autres mondes, en d’autres dimensions, peuvent en connaître. En tout cas, c’était ainsi qu’elle tentait de se poser et Manon se sentait si petite face à cette dimension ! Tous les ministères y étaient représentés. Celui de l’économie, de façon très embryonnaire car le monde des finances et du commerce semblait très éloigné des éveillés. Celui de l’industrie, sans doute un des plus attendus par les extérieurs : Les technologies, magiques ou non, sont ce qui attire le plus de monde dans la tour. Celui de l’éducation. Et oui ! Les éveillés ont soif de connaissances et la Tour en contient beaucoup. Toutes, peut-être. Celui des affaires étrangères, avec les dieux et avec les mortels. Enfin, et c’est nouveau, celui de la défense. Incapables de faire face eux-mêmes aux offensives de l’Ombre, il fallait maintenant que le Maître intervienne.

L’Ombre et la Lumière, ça, c’était un problème. La Lumière, sans l’Ombre, c’est impossible. Personne ne semblait comprendre cette profonde interdépendance entre les deux. Manon, ça la travaillait. Elle y pensait souvent et n’en comprenait pas plus les enjeux. Elle avait naturellement une certaine sympathie pour la Lumière et une aversion pour l’Ombre mais elle sentait que le Maître, lui, avait transcendé cette dualité. Comment ? Cela était encore un mystère. Comment peut-on accepter le mal et l’horreur ? Car c’est bien de cela dont il s’agit. L’Ombre fait peur. L’Ombre fait mal. L’Ombre abrite les pires des abominations. La Lumière quant à elle est source de vie, de joie, de bienêtre. Elle soigne. S’il est aisé de comprendre que la Lumière est bénéfique, comment le comprendre de l’Ombre ? Manon n’avait de réponse mais elle obéissait au Maître, alors il fallait faire des efforts.

Les gardiens draconiques étaient de retour. Franchir les frontières des territoires interdits allait redevenir périlleux pour les extérieurs. Manon le savait, ils tenteraient quand même de le faire car les extérieurs ne supportent pas de faire comme on leur demande, ni même de faire ce qui est bon pour eux. Quitte à s’autodétruire, ils veulent la liberté. Faire ce qui leur plait doit sûrement leur donner une certaine satisfaction mais, au bout du compte, peut-on dire d’un aveugle qu’il est vraiment libre quand il décide d’avancer droit devant lui en refusant d’entendre ceux qui tentent de l’avertir qu’il se dirige vers un précipice ? Il y aura des morts mais maintenant qu’ils pouvaient revenir facilement des limbes, c’était moins grave. Manon ne compte plus à ce que le Maître soit compris un jour. Elle fera ce qu’il y a à faire, coûte que coûte.
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MessageSujet: Re: Pas si sauvage   Mer 13 Juil - 21:21

Le rêve, ce n’est pas une propriété privée. Le rêve, c’est une chose partagée. Depuis quelques jours, Manon rêvait de la jungle du sud et pensait souvent à Limiia. Etait-elle encore vivante ? Si oui, comment pouvait-elle survivre à la solitude ? Peut-être avait-elle des amis dans cette jungle ? Peut-être que les dieux l’avaient prise sous leurs ailes et lui donnaient-ils tout ce qu’aucun mortel ne pouvait rêver ? Peut-être... Que des questions. Alors elle vit Limiia dans son rêve. Elle la vit vêtue de peu de choses : quelques morceaux de cuir et de fourrure, un arc sur le dos et un regard farouche, aussi sauvage que celui du genre de félins qu’elle doit côtoyer toute la journée dans ce monde indompté où presque personne ne va jamais. Limiia la regardait dans les yeux. Elle ne parlait pas mais lui envoyait des sons étranges, une voix masculine grave et âcre qui vociférait quelques mots provocateurs : « Venez vous mesurer à Kin ! Hahahaha ! Vous faites pas peur à Kin. Mais vous aurez peur de Kin ! Hahahaha ! » Ces mots, elle les avait entendus la veille, dans la jungle, en compagnie de Tempérance. « Kin n'a peur de personne... même pas d'lui-même. Hahahah ! Mais vous tremblez tous devant Kin. » Limiia était froide. Elle ne réagissait pas à ces mots. Elle semblait même les trouver tout à fait normaux. Elle se tourna alors lentement vers le sud en le pointant de son doigt.

Manon vit alors des murs immenses. Ils avaient été bâtis par des créatures d’un autre âge, d’une autre culture, d’une autre croyance. Elle ne comprenait pas ce qu’elle voyait. Elle ne connaissait pas la jungle. Mais ça se trouvait là, quelque part, et ça ressemblait à ce qu’elle en avait vue avec Tempérance : Grandiose et sauvage, digne d’un rêve. L’inspiration revint et elle se mit à écrire : « Dans la jungle, tous les songes les plus fous sont possibles et, au plus profond des méandres de racines et des grands arbres millénaires, se jouaient d’étranges jeux... »

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MessageSujet: Re: Pas si sauvage   Mar 2 Aoû - 23:46

Les rêves ont parfois du mal à s’ancrer dans le réel. Malgré tous ces efforts, Manon peinait parfois à accomplir sa mission. Elle savait que son rôle était celui-là mais c’était un rôle bien ingrat que même son amie Tempérance ne pouvait vraiment appréhender dans toute sa profondeur.

Les éveillés se rendormaient. Ce n’était pas ce qui était prévu. Il fallait trouver la solution à cette étrange maladie qui pousse les êtres à retourner inexorablement au néant. La mort était-elle plus attirante que la vie ? D’une certaine façon, Manon pouvait le comprendre. La vie était une lutte et elle-même n’ait guerre envie de lutter. Elle avait fait un choix, celui qu’elle considérait comme étant le bon : Vivre à l’intérieur de la tour, au service du Maître. Tous n’avaient pas fait ce choix. C’était le cas de celle à qui elle pensait ce soit là : Brume.

« Tout le monde aimait Brume. Ou presque. Tout le monde attendait que Brume apporte la paix et la sécurité pour les éveillés. Ou presque. J’ai entendu la petite Feuyice pleurer il y a peu de temps. Elle pleurait Neige. Elle pleurait Brume aussi. Il ne restait plus qu’Epine pour la comprendre et la protéger. Neige est ailleurs. Neige pense à Feuyice et toutes les deux se parlent parfois, à travers les limbes et les couches opaques qui sépares les esprits de de mort des vivants. Brume aurait pu être celle qui pouvait apporter le soleil. Mais Brume avait disparu. Certains prétendaient qu’elle s’était réfugiée dans le Rêve. Manon connaissait bien le rêve et, pourtant, il n’y trouvait pas Brume. Manon marchait à travers tout ce vert. Les arbres déversaient leurs eaux, venant d’on ne savait où. Elle se laissait guider par son seul instinct de rêveuse. Pas de Brume. Peut-être faudra-t-il aller de l’autre côté, dans la zone des angoisses, des solitudes et des regrets.

L’herbe caressait ses pieds nus. Le vent léger provoquait quelques frissons sur le reste de son corps non plus vêtu. Elle s’avança sous la cascade d’un des arbres flottants qui ruisselait son frais nectar. Ça sentait bon l’amour, le bonheur, et le mystère. Elle resta un moment à gouter la volupté de toutes ces sensations avant de se remettre en marche à la recherche de la porte qui mène au cauchemar.

La sphère blanche lui masquait encore la vue. Celle-ci enveloppait tout le haut de son corps. Ce n’était pas la première fois pourtant qu’elle passait par ce portail mais elle ne s’y faisait pas. La sphère blanche avait quelque chose d’inquiétant qui provoquait en elle de l’aversion en même temps que de la pitié. Posée là par un dieu archaïque depuis une éternité au milieu de ce paysage d’un vert lisse et violent, elle était comme le symbole de la solitude. Des fantômes rôdaient là. Des visions cauchemardesques qu’il fallait éviter à tout prix. Manon n’était pas très téméraire. Si Brume était dans ce monde-là, elle avait probablement dû les affronter. Qu’en était-il ? Que devient-on après un combat perdu contre ces esprits ? Manon n’avait pas du tout envie de la savoir. Alors elle les évita pour poursuivre ses recherches.

Mais c’est Natalia qu’elle rencontra et lui parla que l’oubli. Jamais Brume ne sera oubliée.
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MessageSujet: Re: Pas si sauvage   Sam 6 Aoû - 19:54

« Pourquoi est-ce si beau, le désert ? Ca ne devrait pas l’être ! Il n’y a pas de vie. Quels plaisirs y a-t-il dans le désert ? Je ne vois que du sable, des rochers et du vent brûlant. »

Sans s’en rendre compte, Manon, la plus casanière des filles de la Tour, était devenue la plus grande voyageuse d’Azeroth. Elle sortait d’une grotte et voyait s’étendre devant elle un immense désert. Elle hésita longuement avant de se lancer vers ce nouvel inconnu qui lui piquait la peau. La nuit allait bientôt tomber. Elle aurait pu utiliser la magie de sa bague pour rentrer et se mettre en sécurité dans sa Tour chérie mais sa curiosité l’emporta et elle s’engagea prudemment dans l’immensité sèche et sans vie qui s’étendait à perte de vue autour d’elle.

Par bonheur, sa monture ne risquait pas de souffrir de la soif. Quant à elle, elle avait quelques réserves qui lui donnaient confiance. Après tout, ce désert avait probablement une fin, comme tout ce qui existe en ce monde. Et puis sa bague était bien à son doigt. Dans le crépuscule, une forme déchiquetée apparut à l’horizon. Ce n’était pas une chaine de montagne mais un village. Elle s’y dirigea. Quelque chose bougeait. C’était sûrement habité. Le village était entouré de murailles qui empêchaient de voir ce qu’il se passait à l’intérieur mais quelque chose bougeait. Une masse sombre surgissait au-dessus de la muraille et s’y engouffrait aussi vite à intervalles régulier. Arrivée sous le portail, Manon constata qu’il s’agissait d’un immense marteau. Depuis combien de temps frappait-il ainsi ? Et que frappait-il ? En dehors de ce marteau géant et d’une petite éolienne en haut d’une étrange petite tour, rien ne bougeait. Elle avança prudemment. Quelques torches brûlaient encore...
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MessageSujet: Re: Pas si sauvage   Sam 10 Juin - 23:47

Parler de Manon est difficile. Manon est un personnage très particulier et en dire trop sur elle revient à en dire trop que le monde. Vous allez penser que j’accorde à cette jeune femme plus d’importance qu’elle n’en a, qu’elle ne vaut pas plus que n’importe quel autre éveillé actuellement encore en vie et que je la fait péter plus haut que son cul. Vous avez raison. Dans la mesure où chacun est exceptionnel, que tous les éveillés ont une grande valeur et un fort potentiel à l’exprimer, Manon n’a pas plus de valeur que n’importe lequel d’entre eux. Sauf que, pour Manon, il ne s’agit pas de potentiel. Et est-ce vraiment de valeur dont il est question ? Je ne le crois pas. Manon est un personnage très particulier parce qu’il est Manon. Et aussi, parce que c’est une rêveuse.

Les rêves de Manon sont des visions. Ce qu’elle y voit, elle ne le comprend que rarement mais ceux dont elle se souvient, pour les plus faciles à décrire, elle aime les inscrire dans des livres. Pour les plus difficiles, les plus profonds, elle les oublie, comme la plupart des mortels. Parfois, certains rêves lui font si peur qu’elle voudrait ne les avoir jamais faits. Surtout que, parfois aussi, certains de ses rêves se réalisent, comme s’ils sortaient de ses livres pour participer au monde réel. C’est à partir des images de ses rêves que Manon s’invente une vie, pour elle et aussi pour les autres.

Quelque chose commençait à germer dans son esprit. Une idée avait décidé de se fixer sur sa conscience comme une tique sur la peau. Ces visions ne pourraient-elles pas lui être transmises par quelqu’un d’autre ? Un nom accompagnait cette idée mais elle n’osait pas le prononcer, ni par la voix, ni même par le pensée. Moi, je peux le dire. Ce nom est Kali. Manon connait l’existence de Kali. Elle lui a même parlé à plusieurs reprises, mais elle ne l’avait jamais vue. Kali était un mystère. Kali était-elle l’esprit de cette tour du Maître ? Qui était-elle par rapport au Maître ? Depuis que celui-ci était parti, la question était devenue capitale pour Manon qui se retrouvait seule, ou presque, à maintenir un peu de vie dans cette immense tour remplie de secrets non révélés. Les visions de Manon et les mystères de la tour étaient-ils liés ?
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MessageSujet: Re: Pas si sauvage   Lun 7 Aoû - 20:21

Natalia ! Une étrange personnalité qui semblait être un mystère pour le Maître lui-même. Elle s’était immiscée dans l’esprit de Manon pour lui proposer un voyage dans un rêve que Manon ne connaissait pas encore, un voyage que le Maître lui-même ne lui avait jamais proposé. C’était louche. Même si le Maître était parti, Valiameï et Kali étaient toujours là. Seules ces deux entités étaient des références et protégeaient Manon. Alors pourquoi Natalia s’en mêlait ?

Le rêve était froid. Très froid. Il y avait de la neige par endroits. Il y avait d’étranges arbres en forme de jeunes filles autour d’un étang gelé. Il y avait d’immenses gardiens de bois, comme des arbres avec des jambes. C’était un rêve qui n’était pas désagréable, malgré le froid, et la première nuit fut plutôt tranquille.

Raconter des histoires. Entrainer les éveiller jusqu’ici. Mais pourquoi ? Il y avait une forêt qui brûlait d’un feu éternel. Une statue de nain, un grand nain avec un marteau brandi vers le ciel, trônait au centre d’une forteresse. Au loin, une immense tour perçait les nuages. « Nous irons la voir demain ! » Il était tard et même Natalia semblait fatiguée.

Le lendemain, avant d’aller dans la grande tour, Manon et Natalia parlèrent avec un géant venu d’un autre temps, le temps du commencement. Manon en avait peur. Elle se dit que c’était un ami de Natalia, peut-être son maître ? Peut-être un gardien d’un autre maître, d’un autre dieu ? Il se prétendait un gardien de la nature investi par les titans. Ou quelque chose de ce genre...

La tour n’était pas aussi haute que celle du Maître, mais presque. Ce qui préoccupait le plus l’esprit de Manon n’était pas vraiment le lieu où elle se trouvait mais plutôt les réelles intentions de Natalia. Manon savait que Natalia ne suivait pas le Maître. Mais qui suivait-elle ? Avait-elle un autre Maître ? Elle prétendait que son seul maître était Ysera, le dragon du Rêve. Pourtant, le Maître commande aux dragons. Les dragons ne sont pas des dieux, mais des serviteurs. Il y avait quelque chose d’illogique dans tout cela mais faut-il que le Rêve soit logique ? Le monde est plein de choses qui n’entrent pas dans les cases de l’intelligence ordinaire, même dans celle de la magie. L’esprit ne respecte pas les règles ? Il fallait trouver des réponses à toutes ces questions et donner des certitudes à tous ces doutes.

Manon, sans s’en rendre compte, commençait à comprendre quelque chose qui aura une grande influence sur sa vie avenir : Elle ne se battait pas contre des gens. Elle ne se battait même pas contre des idées. Non, elle se battait contre des croyances. Et quand on a un esprit et une vie neuve, le plus important était de commencer par ces propres croyances. « Ôter tous les doutes en trouvant des réponses ! »

Une seule chose ne pouvait pas être remise en doute : Le Maître.
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