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 Les mille pas - Az'rhun

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Az'rhun

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Messages : 1
Date d'inscription : 27/12/2014

MessageSujet: Les mille pas - Az'rhun   Sam 27 Déc - 20:30



    Quel était cet endroit? L'homme regardait le ciel gris et avait d'étranges sensations, l'air qui frôlait sa peau pour faire parvenir un long frisson le long de sa colonne et une gêne au niveau des poignets... Des menottes? Une fois assis, il n'en était rien : deux solides et épais bracelets de métal que l'individu occultait minutieusement à la recherche d'un moyen de les retirer, par un réflexe sournois de liberté. Que lui disaient ses yeux, sa voix, ses oreilles? Des menottes étranges au premier coup d'œil sans les chaines pour les relier, peut-être quelque chose de purement symbolique? Des doigts qui jouaient avec les longues mèches de cheveux qui se confondaient avec la neige dans laquelle il semblait assis. Oui, cette vision étrange devait être son corps et ses doigts frôlant son menton détectaient une barbe naissante sur une peau épaisse, solide, une mâchoire presque carrée. De longues oreilles, rien qui lui semblait particulièrement fantastique, c'est ce qu'il se disait sans savoir réellement comment définir ce qui paraissait normal ou non. Même les lignes sombres sur son épiderme ne le choquait pas, l'inconnu les acceptait comme faisant partie de lui et sa gorge se dénouait lentement, tel un après traumatisme assez sévère, pour que, dans un élan de curiosité compréhensible, surpassant l'impression du gel sur ses épaules, ce qui semblait être un elfe puisse entendre depuis longtemps sa voix chaleureuse, dure, puissante.

      - Az... Aaaaz...


    Quelque chose à lui mais qu'il ne possédait plus, un nom, malgré les recherches dans sa tête. Aucune image, tout juste l'impression d'être ici pour quelque part sans savoir dire pourquoi. Sa nudité parlait aussi d'un problème, comme si quelque chose d'autres que des fers sur les avant-bras devait le couvrir et un nouveau frisson, suivi d'un soupir de lassitude, lui indiquait la normalité de sa réaction, presque rassurante. Appuyé sur ses jambes épaisses, les orteils se dandinant dans la matière blanche, un geste plus violent repoussait un courant d'air qui le taquinait dans le dos avant qu'un second assaut ne vienne lui chatouiller le ventre. Un long râle, presque un grognement, suivi d'un hurlement rauque pour balayer sa solitude et la sensation de quelques regards posés sur lui ramenait l'elfe sur la terre ferme, dans une Réalité nouvelle que ses sens s'acceptaient pas, se rééquilibrant sur ce que les deux lueurs qui occupaient ses globes oculaires voyaient. Des bêtes, des êtres plus petits que lui se tenant à quatre pattes et des grognements non pas interrogatifs, juste hostiles, telle était la rapide traduction que son cerveau faisait en urgence. Instinct de survie ou pouvoir de communication? Plutôt la première option!

    Quelques pas hésitants, puis les muscles de ses cuisses qui se tendent pour le projeter vers l'avant. Une fuite? Mais une fuite de quoi? L'incompréhension, l'immobilisme? Ce n'était pas de la peur, juste le doute envolé que ses jambes ne l'enverraient pas assez loin et surtout, pas assez vite. Une réaction normale en voyant les gueules ensanglantées et la dépouille au sol plus humanoïde, l'idée désagréable d'y ressemblait pas la suite. De toute évidence, ce corps en avait vu des vertes et des pas mures, empli de sutures et de brûlures aux formes trop précises le long de celles-ci qui semblaient fondues par endroits. Maintenant, le doute sur ses capacités, ne pas savoir comment agir et juste laisser l'instinct et la panique combler son âme esseulée. Un mouvement circulaire, la main qui se resserre sans qu'aucun objet ne vienne empêcher une prise convenable sur le vent, juste un automatisme encore impossible à comprendre mais le tranchant dans la main s'enfonçant dans la fourrure chaude, le craquement des os et la vue d'un sac de fourrure projetée... Tout ce qui le semblait se sentir en vie!

      - Comprenez-vous ce que je dis...? Ou suis-je différent à ce point ... ?


    Aucune réponse, juste des grognements à nouveau et le presque nommé Az envisageant en regardant son poing serré qu'un langage corporel pourrait mieux faire passer ses pensées encore floues. Les loups aboient, l'homme fait de même mais les explosions de sa voix semblent les intimider vue la manière dont ils pliaient à chaque intonation, si ce n'était écrasé par le talon qui ne manquait pas de briser une patte à une bête s'étant trop vite promenée près de lui.

    Différent... Un mot qui lui revenait à la tête sans qu'il puisse en saisir les raisons et à défaut de saisir cela, c'était la gorge qu'il serrait à la bête qui couinait une ultime fois avant que son cou prenne une drôle d'inclinaison, la langue pendante sur le côté et le regard vide, quoique exorbité. Ces loups étaient de toute évidence affaiblis, par le froid comme par la faim, ou encore une mauvaise digestion et une remontée rapide et acide que l'elfe envoyait au sol bruyamment indiquait qu'il ne s'en sortait pas mieux. Quel goût désagréable... Mais quel toucher doux et passionné qu'était la chaleur... Encore entre ses doigts, quelques poils pourpres, bouillants en comparaison du reste et l'instant d'après, des charognes éventrées et un grand humanoïde plus à l'aise avec la fourrure sur le dos, le ventre plein d'une mixture à laquelle il ne pouvait pas encore donner de noms.

    De la douleur. Encore une nouveauté qui ne déplaisait pas à l'inconnu qui pratiquait ses premiers pas sereins dans le froid, un liquide pourpre coulant sur sa joue alors que sur l'autre se traînait un liquide transparent. Du sang? Encore? Oui. Au contact, l'elfe sentait une balafre et une suture qui devait bientôt céder alors à en croire les parages, il finirait en morceaux avant la nuit si aucun médecin ne se chargeait de cela. Rien à l'horizon, tout juste une pâle odeur qui réchauffait son cœur qui battait maladroitement, surement à cause de l'indigestion qui arrivait à son tour à cause de la consommation de chair crue, à moins que ... La nuit tombant sur les terres sans nom, le blessé pouvait percevoir comme un second foyer lumineux. Un petit village, ou juste un campement...Ce monstre anonyme n'en demandait pas plus.


-Chapitre I - Une longue balade à trois -


    Les souvenirs demeuraient flous et à la vue du village, l'elfe supposait qu'il n'y trouverait pas de réponses. Les édifices, si on pouvait encore les nommer ainsi, s'approchaient de plus en plus du sol, quelques cendres craquantes pour se faire effondrer tout un pan d'un édifice et soulever un nuage gris de poussière qui manquait d'étouffer l'arrivée qui, penché vers l'avant, une main sur le ventre et l'autre sur la bouche, se remémorait quelques bribes de sa nouvelle vie. Oui, ce n'était pas sa première journée sur ces terres mais juste que la fin l'avait noyée au point qu'il en oublie qui il était, le froid ayant ralenti son système cardiaque pour provoquer le manque d'oxygène dans le cerveau qui avait provoqué l'amnésie mais mis à part cela, rien. Pas plus que quelques paroles dans son âme sur quelques jours, quelques semaines, alors que son poing serré observé décrivait quelqu'un ayant plus que ça, ses épaules carrées hurlant même que les années avaient pesées à leur maximum, les siècles, voire les millénaires. Un peu blessé dans son amour propre et malgré l'image de son visage qui revenait en mémoire, assez jeune tout en restant adulte et mûr, l'Inconnu découvrait encore une fois une part de son histoire, il était vénérable... Mais à quel point? Pas encore un croulant à en croire le destin des loups!

    Cette dépouille dévorée avant lui, un ami? Aucune chance. L'elfe s'en souviendrait au moins et les yeux clos, l'acte d'une pièce se déroulait en face de lui. Un sommeil plus long que certains, un réveil sur des ossements qui avaient fait rougis sa chair et des êtres à l'apparence immatériels évaporés par la simple violence de son cri. Des âmes en peine qui, à la recherche d'un moyen de survivre à travers la souffrance d'autrui, explosaient dans une rage sans fin et un hurlement qui, eux aussi, étaient un moyen d'exister pour cet elfe dont l'absence de passé choquait. Aucun nom ne lui avait été donné, il avait même pris ses distances avec les survivants en distinguant des personnes devant appartenir à la même race que lui mais plus petits, plus frêles, dont le regard d'un seul avait suffit à le faire fuir de terreur! Peur d'eux, mais pourquoi? Oui, ce souvenir-là, l'Inconnu le gardait bien précieusement dans un coin de son esprit, il s'agissait du premier mot énoncé pour le détruire : monstre. Persuadé d'être incompris, ou juste d'une espèce en voie d'extinction, cet homme parcourait les terres pour ne plus être seul et voilà comment il avait fini par se battre contre quelques survivants descendus jusqu'au cannibalisme pour rester en vie, certains que les récits de chapelle ne les pousseraient que devant des âmes plus impures qu'elles. Au moins, le fameux monstre possédait des explications pour les blessures plus ouvertes à son corps, là où la faune n'avait pas pu le mordre ou le griffer.

    La nuit se présentait à lui ainsi qu'un halo de lumière rivalisant avec son regard blanc et éteint, encore une image du passé. Une femme ailée dont la voix censée le rassurer faisait bouillir son sang, bandait ses muscles dans une course folle vers l'hallucination. Un bond, un nouveau hurlement et les restes de ce qui aurait pu être une petite citée volant en éclat à cause de la pression d'un coup qui laissait sa suite à un épais nuage de vapeur, le souffle que l'elfe reprenait en cherchant toujours les réponses, presque prêt à insulter les dieux pour les forcer à cracher le morceau alors que de légers échos refroidissaient ses ardeurs, comme par politesse devant des gens d'une société qu'il ignorait. Par dessus son épaule, deux gamins humains déplaçant un coffre trop lourd même pour quatre bras, plein de tissus divers, d'objets métalliques quelconque surement pris car les bambins les trouvaient jolis et pourquoi pas quelques vivres? L'Inconnu le sentait et tournait sa carrure vers eux, les forçant à l'arrêt par la terreur qu'il inspirait dans un premier temps avant que cette jeunesse humaine ne se rende compte que les orbes lumineux de l'elfe ne traduisaient pas cet état de prêt-à-tout pour survivre. Un soulagement pour eux trois, un trouvant une compagnie et une raison d'être alors que les deux jeunes hommes trouvaient une personne ne désirant pas les tuer ou les voler tout simplement, un égaré, juste comme eux.

      - Vous... Vous êtes calmé, monsieur ... ?
      - Je pense mais que font des gamins comme vous ici ?


    Comment pouvait-il savoir qu'il s'agissait de gamins? Probablement le souvenir d'humains adultes, de leurs caractéristiques et de la vue d'une ou deux membres de leur progéniture. Bien entendu, l'Inconnu ne pouvait pas encore citer leur espèce mais il ferait sans, les noms se révélant bien plus importants, Flim et Flam. Simples comme bonjour, me direz-vous, mais surement que les enfants avaient réagi comme l'elfe, utilisant les premiers sons qui venaient à leurs oreilles pour se nommer en plus que d'après leurs ressemblances, leurs cheveux de feu pour justifier l'idée de la Flamme, ils devaient bien être frères. Sans savoir pourquoi, le plus grand du trio établissait une hiérarchie dans leur duo, Flam devait être le meneur, ayant pris le plus évident alors que Flim, plus réservé d'après ses gestes, devait être le plus jeune des deux. Lorsque les humains demandaient le nom à l'elfe, ce dernier serrait les dents, comme incapable de dire celui qu'il avait décidé et il s'approchait lentement, soulevant le coffre comme s'il ne pesait rien, son épaule soutenant le chargement alors que Flim escaladait paisiblement sa cape pour prendre place sur l'autre, Flam quant à lui s'installant sur le coffre en attendant la réponse.

      - Nommez-moi comme vous le désirez, petits sires. Si votre réponse ne me plait, vous pourrez encore choisir mais est-ce vraiment là la réponse que vous espériez? Donnez-moi la vôtre, et nous ferons ce qui sera le plus approprié.


    Le fou.

    A l'annonce, l'Inconnu s'indignait avant de rire de bon cœur, se remémorant que les enfants l'avaient vu la première fois à hurler et à frapper dans le vent. Une fois la chose acceptée, une longue marche les attendait sans qu'aucun ne trouve quelque chose à en dire et les paroles échangées se faisaient en famille où avec une boite de produit noir ébène, les enfants s'amusaient à teindre leurs cheveux, ne privant pas le Fou d'une mèche sombre dans le trésor platine capillaire sans qu'il n'en rouspète. A deux, ils changeaient souvent de nom, au moins une dizaine de fois avant que le soleil et la fatigue ne les fasse taire mais chaque essai, l'elfe s'en souvenait en souriant un peu à chaque fois, frottant son auriculaire contre son annulaire pour passer le temps, étudiant l'étrange relief présent à cet endroit, comme une preuve qu'un jour cet être massif portait un anneau particulier au doigt. Encore l'instinct? Pourquoi ce bonheur à s'occuper de gamins? Comme un désir de protéger naturel quelque chose qui s'apparentait à l'avenir.

    Ce serait donc le début d'une longue balade à trois, William, Billy et le Fou.
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Satrama
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MessageSujet: Re: Les mille pas - Az'rhun   Jeu 22 Jan - 6:48

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