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 Rieur, Ravage, sang et épopée.

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Kazael

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MessageSujet: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Mar 2 Juin - 21:32

Ces derniers temps, la rage de sang de Ravage avait été si forte que les rats, les créatures du marais ou les Troggs, aucuns d’eux n’avaient su la contenir. Il n’y a pas si longtemps, ils auraient pu  sustenter cette rage assez facilement en lui faisant revivre le frisson de la chasse, cet étrange flux d’adrénaline qui lui était presqu’orgasmique.

Mais le problème était qu’à force de vider son courroux sur ces créatures et de les traquer comme des bêtes : Ravage s’en était lasser. Désormais, il arrivait sans misère à les faire tomber comme des mouches.
Ce qui voulait malheureusement dire pour lui : plus de frisson.

Et plus de frisson voulait aussi insinuer, plus de ce délicieux moment d’extase après le meurtre.  Alors l’étrange « maladie » de Ravage réapparaissait.

Cela commençait en douceur : ses nerfs se raidissaient, ses yeux se gonflait lentement de sang, ses mains commençait à trembler, son sang à bouillir. Ainsi, la « maladie » fonctionnait par procédé de gradation systématique… lentement mais surement. Comme l’ombre qui dévore l’âme.
Et si  cela dégénérait, s’il attendait trop, intérieurement,  tout l’implorait d’égorger quelque chose… ou quelqu’un.

Dans ces moments, le goût du sang montait sinistrement dans sa gorge, son odeur devenait clair presque physique et des picotements, le genre qu’on ne peut calmer en grattant, le dérangeaient sur tout le corps.
Heureusement, à ce degré, Ravage avait appris, depuis qu’il se sentait aimer et apprécier de sa nouvelle communauté, à supporter les effets de son problème… et ce, bien que la vue d’une nuque chaude et d’une artère sautillante lui donnaient de drôles de sensations.

Cependant… cela ne réglait rien, et s’il n’assouvissait pas son besoin, son esprit devenait alors vaporeux, absent, déconnecté de la réalité. C’était la folie sanguinaire qui apparaissait.
Et tout le danger était là. Car comme s’il fut été plongé dans un rêve où tout lui était permis…
Entre amitié et proie, la frontière disparaissait.  

Heureusement pour Ravage, depuis le pacte avec Rieur, ce dernier n’avait de cesse de ce préoccupé de son ami. Et il était également le seul à qui Ravage s’était confié quant à son « problème »…
Alors lorsque les premiers signes de détresses commencèrent à s’afficher chez son ami. C’est-à-dire qu’il ne tînt plus en place et que les tremblements devinrent incessants, Rieur lui confia une tâche qui lui permettrait de faire d’une pierre trois coups.

- Premièrement, il avait besoin de méditer sur ses actes, mais surtout de calmer l’emprise qu’avait l’Arcane sur lui. En effet, il l’avait tellement sur-employé et avait tellement habitué son corps à sa présence qu’il en était devenu dépendant. Et bien que ce ne fut qu’après les conseils de Tempérance sur la chose, Rieur se rendit enfin compte avec quelle ampleur cette magie avait du pouvoir sur son utilisateur… l’ayant rendu avide de puissance…lui ayant même couté la vie. Pour ce faire, il ne pouvait se permettre d’avoir Ravage autour de lui pendant ce cours exil.

- Deuxièmement, Ravage et lui venait tout juste d’être introduit à la communauté d’Hautemaisons qui les avaient accepté avec cœur grand ouvert. Cependant, il n’y avait plus de tentes de libres, et à moins qu’ils fussent prêts à endurer les nuits de pluies, il fallait agrandir.

- Troisièmement, la tâche qu’il allait confier à Ravage afin de réaliser les points précédents, exigerait de lui qu’il ait besoin de se mettre en mode prédateur – lui permettant aussi de calmer son envie de meurtre- et qu’il s’éloigne du marais pour quelques jours.

-------
- Ravage? Demanda-t-il.

- Hmm? Quoi!? Répliqua-t-il d’un ton sec, malgré-lui.

Rieur lui agrippa une main fermement, la positionnant devant ses propres yeux alors que celle-ci tremblait comme lors d’une crise d’épilepsie.

- Je t’avais expressément demandé de m’avertir lorsque ton problème se manifestait!

Ravage ne répondit pas. Il se contenta de fixer Rieur dans les yeux, d’un regard, celui même d’un fauve affamé.
Rieur lâcha sa main.

- On va arranger ça, laissa-t-il échapper après s’être tourné vers l’horizon.  Va jusqu’à la forêt sombre, puis traverse le camp des loups. Continue alors vers le nord. Rendue à la rive, longe-là vers l’Ouest et tu finiras par tombé sur des daims, des cerfs, des loups et des araignées monstrueuses.

Un éclair traversa le regard de Ravage.

- Tues, égorges et dépouilles autant de ces bestiaux qu’il ne t’en fera plaisir. En fait, fais le jusqu’à ce que tu te sentes mieux. Mais une seule chose. Ramène autant de cuirs, de peaux, et de lanières que ton corps ne pourra supporter. Sur le chemin du retour, fais en de même des créatures du marais et ramène-moi des branches.
Ravage ne s’embêta pas de demander pourquoi  et un sourire se manifesta sur son visage blême; il aimait ce qu’il venait d’entendre, et sans demander son reste, partit sur le champ.

C’est ainsi que deux jours et deux nuits durant, Ravage avait parcouru des dizaines et des dizaines de kilomètres, traquant bêtes sur proies, les dépouillant de leurs organes, les laissant vide de vie, sur le sol humide de leur nouvelle tombe.

Il eut rapidement fait d’avoir suffisamment de matériels qu’il n’en fallait. Mais comme sa soif n’était pas tout à fait comblé, et parce que sa curiosité lui avait été piqué au vif en voyant les terres verdoyantes au nord de la forêt sombre, Ravage décida de s’y aventurer plus avant.

Il y découvrit, tout comme Rieur avant lui, des terres fertiles et riches, il y vit des troupeaux entiers de moutons parcourir la prairie, des hordes de loups courir à en perdre l’haleine, des chevaux,  des lapins, des écureuils, des bâtiments lumineux, d’étranges machines, une forteresse, etc.

Comme il fut en mission, il ne s’arrêta pas d’avantage sur les détails, mais se promit plutôt d’y revenir. En attendant, il continua sa traque, faisant tomber ours après loups après sanglier. Au bout de quelques heures, il sentit que sa soif avait complètement disparut. Son corps était profondément exténué et sa dose d’adrénaline pompait encore son esprit vers l’extase.

« Je peux retourner à la maison ».

Mais le destin fit que juste avant d’exaucer son souhait, une grande et fine elfe de la nuit se présenta à lui, tapis dans un buisson. Et c’est ainsi qu’il  rencontra Papillon.

Le lien sembla se faire assez rapidement entre les deux. Ravage l’a trouva un peu étrange lorsqu’elle parla d’elle à la troisième personne du singulier, mais abstraction faite de cela, il l’aimait bien.  Ils avaient cela en commun qu’ils étaient capables de disparaître à volonté.

Bon… elle pouvait aussi se transformer en félin, elle possédait des pouvoirs naturels puissants, mais en dehors de ça, il se ressemblait…

Bon… d’accord. Ravage était jaloux.

Rieur manipulait des flammes et le givre. Barde avait une guitare faite par les dieux.  D’autres pouvaient guérir et ramener les morts dans le monde des vivants, et pouvaient même pour certains se transformer en d’autres créatures...

Les mots d’Albercrombie refaisait surface : « Tu n’as pas de potentiel magique… je ne peux rien t’apprendre ».
Sa main se resserra sur sa dague.

Puis, peut-être était-ce un simple concours de circonstance, mais Papillon lui demanda de la suivre, elle voulait faire peur à Barde. Cela le calma.

Ils traversèrent le bois sombre dans une course effréné et arrivèrent dans le camp des Loups. Barde s’y trouvait, mais pas uniquement : Blanche, maître de la Horde Blanche, qui les invita tous à la joindre dans la taverne où ils passèrent la soirée.

Ils y discutèrent de sujets et d’autres, et ce fut même le terrain pour une engueulade entre Ravage et Blanche, concernant une pseudo-suprématie de certaines races sur d’autres. Engueulade qui, après l’intervention de Papillon et un effort des deux camps,  se termina bien rapidement.

Un peu plus tard, Ravage fut même surpris de tomber radicalement d’accord avec Blanche. Le temps du laxisme était révolu et il fallait agir le plus rapidement possible concernant le temple, les Troggs, Murmure et ses forces occultes.

C’est sur ce commun accord que Papillon et lui quittèrent le camp des Loups pour rejoindre Hautemaisons où ils se pressèrent d’aller parler à Limiia de ce qu’ils voulaient faire.

Mais il était excessivement tard alors ils décidèrent de remettre cette conversation au lendemain.

Ravage rejoignit Rieur sur la montagne. Ce dernier était toujours en position méditative, les mains à plats sur ses cuisses, les yeux fermés. Lorsque Ravage s’approcha, ses yeux s’ouvrirent et vinrent percutés les siens :

- Tu vas mieux? Dit-il un large sourire aux lèvres.

- Beaucoup. Et toi?

- L’emprise de l’Arcane ne se fait presque plus sentir, lui sourit-il. Tu as tout?

Ravage acquiesça.

- Parfait. Il est temps pour nous de dormir. Nous commencerons les travaux demain.

Les deux amis s’échangèrent une forte accolade, suite à quoi ils s’écrasèrent, exténués, puis s’endormirent comme des bébés.
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Kazael

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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Mar 9 Juin - 6:10

Lors de ces trois dernières journées  et nuitées, passé à méditer, Rieur avait eu amplement le temps de réfléchir à plusieurs des projets qui lui trottait en tête, à supprimer quelque doutes qui lui pourrissait le moral, mais surtout, à réussir à calmer l’envie récurrente que son corps lui envoyait que d’utiliser la magie arcanique. Cela émergeait peut-être du conseil de Tempérance mais l’exercice lui prouva qu’elle avait raison, et ce, bien plus qu’elle ne l’imaginait.

 Pour cette raison, à la fin de sa méditation, Rieur se promit de n’utiliser cette magie qu’en dernier recours, qu’en dernière ligne de défense… «  Que si tout l’univers ne conspire à cette fin… »
 Pour la promesse, il était sincère sur le coup… il ne se doutait simplement pas qu’il la trahirait bien souvent dans l’avenir…

 Quoi qu’il en fusse…
 Cependant, avec cette promesse confirmée, venait aussi un problème. Et de taille.

 Tout comme son protégé Ravage, Rieur est de ceux dont la passivité -pour ne pas employer « procrastination »- n’est pas un qualificatif pouvant être associé à sa personnalité. Certains auraient vus en eux de l’insouciance ou de l’impatience, là où les deux amis préféraient  voir un feu ardent les poussant à l’action et au dépassement de soi.  Quoi qu’il en fusse, le problème était que Rieur avait tellement investi dans la pratique de la magie qu’il en avait négligé son corps. Il était devenu plus mou, plus lent, plus faible… si bien qu’il douta vite de sa capacité à l’user au combat.

 Si certains ne voyaient pas dans l’acte martiale une nécessité, Rieur et Ravage pensait tout le contraire. Tous deux se souvenaient très bien des avertissements du gardien des âmes, et leurs yeux rivés sur le monde le leur prouvait tous les jours : des dangers étaient imminents. Entre le temple, les Troggs, Irmansuul et les élémentaires de feu du sud, les monstres des cryptes, les loups, les ours et toutes les créatures qu’ils ne se doutaient même pas encore de l’existence, le fait de se préparer autant physiquement, mentalement que magiquement aux forces obscures du monde était rien d’autre qu’une ab-so-lue nécessité.

  Pour y remédier, une idée, peut-être simple et rudimentaire, mais pour sûr efficace, lui frappa l’imaginaire. Maintenant que Ravage était de retour de mission, il savait que ce dernier l’aiderait à la réaliser.

 C’était bien simple. Depuis toujours, depuis que mémoire ne lui permit, Rieur avait vu pratiquer Ravage d’étranges acrobaties qu’il disait qu’elles lui étaient utile dans son objectif de gain de force, de souplesse et d’agilité. En observant les félins puis en méditant sur leurs comportements, expliqua Ravage, l’idée lui était apparue comme absolument évidente.

 Il avait noté que les bêtes  -lorsqu’elles n’étaient pas en train d’essayer de le tuer…-  faisaient ces étranges mouvements où elles s’aplatissaient le plus possible vers le sol tout en tendant leurs membres le plus possible vers l’extérieur. Le mot lui avait alors sauté aux yeux : « Étirements ». Et de chaîne causale à vérité, d’un mot à un autre, celui-ci lui vînt en tête : « Entraînement ».

-C’est bien simple à vrai dire, dit Ravage s’improvisant professeur. Ne t’ai-t-il jamais arrivé de remarqué qu’après l’effort, il t’arrivait d’avoir mal au corps? Plus précisément, aux muscles?
Rieur acquiesça.

- Et bien j’ai ma petite théorie par rapport à ça. Je pense qu’il y a bel et bien une raison pour laquelle j’arrive à soulever une plus lourde charge que toi ou que mes réflexes soient meilleurs que les tiens… Le conditionnement du corps ; l’entraînement. Depuis que je fais les exercices que tu m’as vu faire, j’ai l’impression d’être plus… plus fort… alerte… rapide… tout ça.  Comme si… comme si le corps… avait… une mémoire? L’exemple est fragrant  avec les gros Troggs qui campent dans la grotte. Il y a seulement une semaine, ces abrutis m’aurait brisé tous les os du corps, mais depuis que je m’entraîne scrupuleusement et que je chasse petit comme gros gibier, notre dernière altercation s’est terminé par leur cadavres lacérés et pourrissants sur la roche…

-Oui visiblement tu n’es pas mort, dit Rieur amicalement moqueur.

-Hahaha…très drôle… Quoi qu’il en soit, je te le dis! Ça fonctionne! J’en suis sûr…

Rieur posa sa main sur l’épaule de Ravage pour calmer son excitation.

-Ça va, ça va, je te crois, dit-il un fou rire dans la gorge. Allez, montre-moi ça qu’on en finisse.

  Les deux amis remontèrent sur la montagne, à leur endroit habituel, suite à quoi Ravage commença à expliquer ses exercices. Les premiers pas furent assez simples, quelques étirements des jambes, puis des bras, et bien que le manque de souplesse de Rieur fut visible, ce dernier réussit à s’en sortir sans trop de problèmes…

  Puis suivi le véritable entraînement. Des pompes, des squats, des développé-couchés, des sprints et ainsi de suite. Là où Ravage dépassait ses propres attentes sans perles de  sueur, Rieur n’en faisait même pas le quart et en sortait sans souffle, trempé de la tête aux pieds. Au bout d’une vingtaine de minutes, il s’était retrouvé affalé sur le sol, des crampes lui tordant le corps de partout. Lorsqu’il eut enfin repris ses esprits, il s’assît en indien puis observa Ravage continuer… s’arrêtant que pour de brèves pauses… puis recommencer… et cela… dix…vingt…trente…quarante minutes durant.  C’est en l’observant se démener avec autant de ferveur que Rieur réalisa l’immense fossé qui les séparait. À telle point, qu’il se tortura à savoir si autant de douleurs et d’acharnements valaient la peine de tenir sa promesse.

Apparu alors Ravage à ses côtés. Il s’assît tout près de lui et posa sa main ruisselante sur son épaule.

- Ne fais pas cette tête. Tu t’attendais à quoi?

- Tout sauf à ça…

- Je te l’ai dit.  C’est briser son corps pour mieux le reconstruire.

Rieur afficha une sale moue.

- Réessaye.

- Quoi? dit Rieur l’air de dire qu’il était fou. Doucement… Demain?

- Réessaye. Fais-toi mal.

Rieur resta confus quelque seconde alors que Ravage maintînt sa position en le perçant de son regard froid et animal. Il comprit.

- Tu penses que ce n’est pas ma voie… c’est ça?

- Ravage ne dit rien, il dit tout.

Rieur esquissa un sourire. Depuis qu’ils s’étaient rencontrés, c’était lui qui avait plus souvent que jamais, donné les conseils, fait avancer leur mouvement commun. Force était de constater que Ravage avait mûri et que leur mouvement était désormais conjoint, côte à côte, protégeant chacun le flanc de l’autre.

- Je vois… Je me maintiendrai en forme.
- Mais ce ne sera pas là ton atout.
- Car ma voie est différente.
- De la mienne.
- Comme la mienne de la tienne.
- Et ensemble.
- Nous complèterons.
- Chacun.
- L’un, l’autre.

Les deux amis s’échangèrent un long sourire, puis s’écrasèrent dans l’herbe fraîche, profitant du soleil de midi.
Tout l’après-midi, ils le passèrent à discuter. Rieur dévoila plus avant quelques-unes de ses idées, Ravage y ajouta son grain de sel… comme deux adolescents rêveurs, ils pensaient réécrire le monde.
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Kazael

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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Mar 9 Juin - 11:22

En se levant le lendemain, Ravage leva l’une de ses mains vers le visage de Rieur et lui donna une petite claque histoire de le réveiller : « Allez, debout là-dedans ».

Rieur sursauta. Il lui fallut plusieurs secondes pour comprendre ce qu’il lui arrivait. Lorsqu’il comprit ce que venait de faire Ravage, un sourire se dessina vicieusement sur ses lèvres ; puis il lui sauta dessus en criant ironiquement : « Espèce de charogne! ». S’ensuivi alors que les deux amis se tiraillèrent durant quelques minutes ; roulant sur l’herbe en se donnant des coups sans trop de violence, et ce, à l’issu de quoi, Rieur se retrouva le visage écrasé sur la terre humide, se tordant de douleur parce que l’un de ses bras montait vers le ciel, immobiliser par les mains de Ravage qui  poussait à la limite de lui déboiter l’épaule.

- Dis-le… aller, supplie-moi.

- C’est ça. Plutôt crever oui.

- Non! Mieux!  Ravage, maître vénéré, je vous supplie de ma lâcher, je ne suis qu’un pauvre faible misérable.
Ravage se mit à ricaner. Mais son rire s’étouffa bien vite quand soudain ses mains se mirent à lui faire mal. Dans un excès « d’humour », Rieur avait enflammé son propre bras pour lui donner une petite correction… Correction qui d’ailleurs fit vite de fonctionner, car son bras, aussi vite, fut fait d’être relâcher.
À son tour, Rieur se mit à Ricaner, s’installa dans l’herbe puis laissa la pression de cette chamaillerie retomber.
Ravage s’écrasa à ses côtés et en fit autant.

Ils reprirent leur souffle puis s’allongèrent quelques minutes.

- Petit enfoiré… ricana Rieur.

- Tête d’anus… lâcha Ravage.

Une bourrasque chaude et humide leur caressa le visage. Ils s’arrêtèrent de parler pour regarder le paysage s’effacer dans la densité et l’obscurité du marais.

- Que vas-tu faire aujourd’hui, questionna enfin Ravage.

- Je vais aller courir un peu… réveiller d’avantage mon corps. Puis après je pense qu’il serait temps que l’on commence à bâtir les tentes, ne penses-tu pas?

- Oui je pense aussi. Je vais prendre une heure pour m’entraîner également puis on se lance?

- Ça me va.

Ils partirent chacun dans une direction différente, firent ce qu’ils avaient à faire puis se rejoignirent sur leur petit bosquet.  Lors de cette heure, une lourde pluie était tombé et lorsqu’ils revinrent, tous leurs matériaux étaient mouillés… les branches, les cuirs, les lanières, les fils.
- Saloperie… on ne pourra jamais travailler avec ça, avait éructé Ravage en tendant une branche vers Rieur. Ça m’a pris des jours à ramasser tout ça!

Dans son élan de colère, Ravage donna même un coup de pieds dans les cuirs qui volèrent un peu partout.

- C’est vrai, répondit Rieur calmement, réfléchissant, se caressant la barbe. Va falloir faire sécher tout ça.

- La forêt verte?

- La forêt verte.

Et comme s’ils s’étaient compris à demi-mots, ils remballèrent tous les matériaux dans les sacs qu’avaient confectionnés Ravage, puis ils partirent sur le champ. À cause du poids de ces sacs, leur trajet fut plus long, et ils n’atteignirent destination qu’au crépuscule. Afin que les matériaux soient à l’abri, ils s’enfoncèrent loin dans les terres de la forêt verte, jusqu’à joindre les montagnes, puis ils les gravirent jusqu’à trouver un endroit suffisamment loin des bêtes pour qu’aucune ne viennent foutre la pagaille dans leur affaires.

Sur le sol d’un petit plateau sur la montagne, ils  déballèrent les sacs puis installèrent tout de manière bien séparés, pour que le lendemain, le soleil les sèches convenablement.
Lorsque ce fut fait, ils repartirent, satisfaits.

Après l’entraînement éreintant puis maintenant cette promenade exténuante, les deux amis espéraient retrouvés leur petit bosquet confortable le plus vite possible…

Mais comme l’oiseau des hasards le fait si souvent, alors qu’ils pénétraient à peine le marais, leur chemin croisa celui d’une troupe dont plusieurs têtes leur était connu. Tempérance, Limiia, Barde et… un nouveau, un certain Mickael.

Après de brèves présentations, et même s’ils étaient exténués, leur curiosité fut piqué au vif lorsque Tempérance leur annonça qu’ils allaient voir les « rampants » dans les cryptes. Ils décidèrent alors de se joindre à eux.

En route, ils firent un long détour pour avoir suivi « aveuglément » Barde, ils en rirent avec lui, puis rirent à nouveau en se taquinant gratuitement, puis prirent part à d’autres conversations sans grande importance.

Dans la crypte, à peine à quelques dizaines de pas de l’entrée, ils découvrirent la signification de la pierre sur laquelle étaient gravés quelques noms, après quoi, ils s’enfoncèrent d’avantage, jusqu’à atteindre les « rampants ».

Bien que certains semblèrent pensés qu’il valait peut-être mieux ne pas les attaquer, soi-disant parce qu’il se pourrait que ces créatures soient possédés par les âmes d’anciens éveillés, Mickael ne sembla pas s’en soucier  et lança le premier assaut. L’hideuse créature se retrouva vite au sol.

En voyant cela, rapidement, le goût du sang s’installa dans la bouche de Ravage.  Il se lança à la suite de Mickael et, à son tour, en déchiqueta une de ses dagues.  Puis une deuxième, puis une troisième, jusqu’à ce qu’elles aient toutes rejoint l’au-dela.

Enjambant ou esquivant les cadavres, la troupe se dirigea vers le coffre, dans lequel jadis, Rieur avait trouvé un couteau à dépecer… Tout le monde semblait bien occupé par le contenant, mais Rieur, lui, n’avait d’yeux que pour Ravage. Selon toute vraisemblance, il était encore nerveux de ce qui venait de se passer. Ses yeux, injectés de sang, fuyaient dans toutes les directions. Ses mains, alertes, tremblaient d’excitation. Son visage, pour sa part impassible, trahissait ses envies de meurtres.  Si bien, que malgré ce que pensa Rieur, Limiia et Tempérance s’en aperçurent très rapidement, s’alignèrent vers lui et le bombardèrent de questions.

Pressentant ce qui allait se passer, Rieur tenta de s’interposer, mais l’inévitable arriva, et, en proie à la panique, peureux que son secret ne soit découvert, Ravage disparut d’un trait, à l’aide de son habilité.
Limiia maugréa quelque chose comme le fait qu’il ne sembla pas être à l’aise dans la communauté, mais Rieur ne préféra rien dire. Bien que cela fusse complètement faux, il préféra laisser courir, croyant que c’était à Ravage de s’en révéler. Ou non.

La troupe remonta en surface, Rieur resta sur les lieux, feignant de méditer, puis il attendit que Ravage ne réapparaisse. Lorsqu'il le fit, les deux amis ne dirent plus mots, le silence s’expliquant de lui-même, puis ils rejoignirent Hautemaisons où ils se réclamèrent d’un sommeil dûment mérité.
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Kazael

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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Jeu 11 Juin - 6:24

Après un réveil plutôt désagréable, la pluie les ayants extirpés de leurs rêves quelque fois durant la nuit, Rieur et Ravage se lancèrent non-pas sans rechigner dans leur rituel matinal : leur entrainement.  
Une heure passa.

Inondés de sueur, vidés, ils se retrouvèrent à Hautemaisons un peu plus tard. De là, ils rejoignirent un cour d’eau, se lavèrent, puis se rhabillèrent,  pour enfin partir vers la forêt verte, continuer ce qu’ils avaient commencé.

De bon matin, chantonnants, ils profitèrent de la radiance du soleil pour agrémenter leur journée d’un sourire au visage. Ils ne se pressèrent pas et n’arrivèrent à la forêt verte que vers midi, temps où la chaleur pointait vers son apogée, les mordants tout justes, agréablement.

Une fois sur le plateau de montagne, satisfaits, les deux comparses retrouvèrent leurs matériaux complètement secs et prêts à l’emploi… ou presque. La veille, lorsqu’ils avaient tout installé, Rieur avait jugé bon de se délesté des deux bouteilles de décolorants –dont il ignorait tout de l’usage- et de les poser au seuil d’un arbre, tout à côté des cuirs et des peaux. Durant la nuit, seuls les dieux savent pourquoi, la bouteille s’était renversée et avait laissé couler son doux nectar… et la moitié des cuirs en avaient profité pour s’y abreuver.  Résultante? Une dizaine de cuirs n’avaient pas pu sécher et ne pouvaient donc pas être utilisé. Mais ce n’était pas tout, ces cuirs avaient perdus de leur couleur. Le brun avait tourné au beige, et même, pour certains endroits plus touchés, au blanc.

Sans le savoir, Rieur et Ravage venait de faire la découverte de la décoloration.

Ce qui, en le réfléchissant, leur donnait aussi l’idée de la coloration…

Et si Rieur ne sembla pas s’en soucier plus qu’il ne le faut, Ravage avait les méninges qui papillonnaient.
Depuis quelques jours, déjà, il réfléchissait au moyen d’améliorer son attirail de traqueur. Ravage s’était rendu compte que déposséder de toute magie, c’était le développement de son corps, l’amélioration de ses compétences et celle de l’équipement qu’il portait qui ferait de lui l’être fort et indomptable qu’il désirait devenir. Ses soucis du détail le définissant bien, cette découverte allait lui servir, il en était convaincu.

Cela étant dit, le temps n’était pas à la rêverie, et lorsqu’il s’extirpa de ses songes, il aperçut Rieur qui s’attelait déjà à la tâche, réunissant les branches et les lanières ensembles.

- Alors?... Comment allons-nous procéder, avait demandé Ravage.

Dans les jours antérieurs, Rieur et Ravage s’était penché sur la question de la fabrication des tentes. Bien que ce ne fut pas là une tâche excessivement compliqué, et que les exemples de fabrication abondait un peu partout dans les terres qu’ils avaient explorés, restait à savoir sur laquelle désiraient-ils s’inspirer.

Pour des soucis ergonomiques –de plus en plus de gens rejoignaient Hautemaisons-  et pour éviter trop de complications, ils finirent par opter pour un modèle similaire aux petites huttes étranges qu’on trouvait en bord de rivière avec la différence de se vouloir beaucoup plus grande. Sur une feuille de papier, utilisant une fiole de sang et une plume, Rieur dessina grossièrement un croquis pour que cela soit plus clair à leurs deux esprits. Le dessin représentait un abri d’une simplicité déconcertante : quatre piliers de bois sur lequel était déposée une large nappe de cuirs.

- Comme tu sais parfaitement magner le cuir, le couteau et le fil, je te propose de t’occuper des peaux, je m’occuperai de la structure, ça te va?

Ravage acquiesça.

Sur cette note, ils commencèrent chacun leur besace.

Les deux prirent d’abord soin de trier minutieusement leurs matériaux. D’un côté, Rieur sépara les branches pour ne garder que les plus longues et les plus solides. De l’autre Ravage se questionna longtemps puis décida, sur l’ensemble des cuirs et des peaux, d’opter pour celles des ours. De toute créature, c’était celle qu’il avait le plus traqué -aux vues de leur coriacité fort amusante- ; ayant alors comme résultante d’avantage de leur peau que toutes les autres.

Mais non seulement il s’appuya sur une donnée quantitative pour aiguillonner sa décision, mais Ravage avait également observé que lorsque lui et Rieur avaient ramené les cuirs pour les sécher, les peaux d’ours avaient été celles les moins engorgées d’eau.

Or, s’il fut loin d’en comprendre l’étrange raison – quoi qu’il formula l’hypothèse d’un « gras de peau » plus présent que chez les autres bêtes-, il lui apparut logique que ce cuir plus qu’un autre ne soit plus adéquat dans la construction d’une tente qui devrait essuyer les attaques récurrentes de la pluie.  
Une fois le tri fait, le travail manuel pu commencer. À l’aide d’une pierre leste que lui avait fourni Ravage, Rieur ponça les branches pour les rendre lisse, de peur que le vent et les imperfections du bois ne déchirent les cuirs. De son côté, Ravage avait découpé les peaux en rectangles et commençait à les coudre l’une à l’autre, avec du fil et des dards de scorpides.

Lorsqu’il eut terminé le ponçage, Rieur lança un regard sur le travail de Ravage. Au nombre de cuirs qu’il utilisait, l’inquiétude que sa structures ne tienne pas le poussa à décider de la doubler, et il recommença à poncer. Une seconde fois, lorsque ce fut terminé, il lui fallut maintenant trouver le moyen de l’incorporer aux premières branches, ce qu’il fut très simplement en joignant les branches deux par deux, les attachants solidement l’une à l’autre avec des lanières de cuirs. Le temps qu’il ne termine, Ravage en avait fait autant.
Les deux amis se retrouvaient alors avec deux larges nappes de cuirs, et huit piliers fait chacun de deux branches attachées.

Contemplant leur besogne, un profond sentiment de satisfaction les gagna.

-Beau travail, dit Ravage dégoulinant de sueur.

-Merci, répondu Rieur après avoir repris son souffle. Tout le long, j’ai eu peur que tu ne te coupe avec le couteau (sourire arrogant), mais à vrai dire… je dois avouer… c’est de l’excellent travail, lâcha-t-il tout en  regardant la précision des points de coutures.

-(Souriant à son tour, complice) Je suis content que tu apprécies ma prise de risque…  faut dire que je n’avais pas trop le choix… c’était une tâche d’homme… mais ton astiquage de bâton c’était mignon aussi.
-Outch. Touché.

Ils s’échangèrent un fou rire puis s’écrasèrent dans l’herbe quelques minutes.

Rieur leva les yeux au ciel avant de soupirer :

- À ce moment-ci,  ce n’est probablement pas une bonne idée de ramener les matériaux.
- Hmm? (observant les étoiles) Vrai… les serpents…
- Les araignées…
- Les scorpides…
- Bref…
- On rentre?
- Oui.

Puis ils partirent les mains vides, cachant le tout derrière un arbre.

Sur le chemin vers Hautemaisons, alors qu’ils traversaient Croc-Noir, un son étrange les tira de leur rêverie. Il se fit réentendre, pas de doute possible « c’est bel et bien un hurlement » avait affirmé Rieur. Mais de quoi? Car ce n’était pas celui d’un loup noir… tel était la question.

Le cri recommença. Pris par un subit élan d’adrénaline, Ravage disparut dans l’ombre et dégaina ses dagues, rôdant autours de Rieur, prêt à le protéger.

C’est alors que de la nuit, surgit une Worgen fièrement dressé sur ses pattes arrières. Elle avait le pelage blanc comme la lune et deux yeux flamboyants trônaient dans ses orbites. Lors de son apparition, le cœur de Ravage s’était mît à battre vers l’hérésie, et son seul désir aurait été de voir quelconque inimité de la part de la bête, il lui aurait alors sauté dessus, s’amusant de la voir saigner jusqu’à sa mort.

Mais l’astre de la faucheuse ne devait pas s’être aligné cette nuit-là car il en fut tout autrement : la bête savait parler. Générant dialogue plutôt que confrontation.

Il fallut seulement quelques minutes à Rieur pour la convaincre de leurs bonnes intentions que la bête fit quérir Blanche…semant par l’acte même quelques doutes à l’esprit des deux comparses. Doutes, qui, d’ailleurs, seraient confirmés un peu plus tard lorsque Blanche leur avoua son identité de Worgen et avoua que ce fut elle qui les avait accueillies d’hurlements. Sur cet aveu et après quelques conversations diverses, de la chasse à la trahison, de la trahison à la sélection naturelle, et ainsi de suites… Blanche les invita à passer la nuit dans sa demeure. Dehors, la lune avait dansé longtemps, presque prête à reléguer la piste de dance.

C’est ainsi qu’il se préparèrent au sommeil et montèrent à l’étage. Mais alors que Blanche allait faire chambre à part, Ravage et Rieur s’immiscèrent dans la sienne. Au cours de leur conversation, un peu plus tôt, ils avaient remarqué l’extrême solitude de Blanche, la monotonie voir presque le désespoir dans sa voix. Touchés et comme si l’acte avait eu toute la normalité du monde, ils se couchèrent ensemble, dans le lit à côté de du sien. Ils étaient loin de se douter que deux fois durant leur sommeils, ils allaient être déranger.

La première fois, cela fut par Barde. Bizarrement, il passait par là et s’était retrouvé dans la demeure de Blanche. Intrigué par la cacophonie qu’il ne faisait, les deux amis se levèrent et le rejoignirent au rez-de-chaussée.

Ils discutèrent alors avec lui. L’aveugle désirait trouvé un lieu suffisament haut-perché pour que sa musique ne parviennent aux oreilles de tous. Synchroniquement, ils lui recommandèrent l’une des tours de la forêt verte, suite à quoi, ils le prièrent de partir pour qu’ils puissent rejoindre le monde des rêves.

Mais encore une fois… ce monde leur fut enlever. Cette fois-ci… c’était de la faute de Blanche. Comme elle les leur avait avertie, et comme si l’univers leur donnait confirmation, elle qui ne contrôlait pas correctement le sang bestial qui coulait dans ses veines se transforma en Worgen, les réveillant de surcroît.  Feignant l’indifférence, ils attendirent qu’elle quitte la pièce, surement pour aller chasser avant de se rendormir comme des bébés.
Mais juste avant… Ravage se faufila hors du lit, longea les même pas qu’avait fait Blanche, et ramassa derrière elle quelques touffes de poils qu’elle fit tomber. Qui sait? Cela allait peut-être servir… L’une de ses premières leçons avait été que tout pouvait s’avérer utile ici… pourquoi pas ça?

La nuit fut de courte durée.
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Kazael

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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Jeu 11 Juin - 14:43

Au réveil, le lendemain, Rieur et Ravage furent ravis de réaliser à quel point ils se sentaient frais et alertes. Les deux interruptions de la veille auraient dû avoir altérer la qualité de leur sommeil, et pourtant, ressentirent-ils, de toutes les nuits qu’ils avaient endurées jusqu’à présent, celle-ci était sans nul doute la plus réparatrice. Pour raison, pensèrent-ils intuitivement : ces étranges choses qu’on leur avait dénommées comme étant des « Lits »…

Et bien qu’ils ne s’y attardèrent pas d’avantages, ils remercièrent mentalement Blanche –qui avait disparu pendant la nuit- de leur avoir permis de goûter à cette délicieuse invention, suite à quoi, ils décampèrent.
Sur la route, toute aussi ensoleillée que la veille, les deux comparses en profitèrent pour se gaver de quelques muffins invoqués par Rieur et pour fredonner l’air de la dernière chanson entendu par le cher Barde.

Le temps s’écoula lentement, ils arrivèrent à la montagne, où ils retrouvèrent tous leur matériel. Pressé de pouvoir monter tout cela et de faire la surprise à la communauté, les deux amis s’activèrent prestement, juxtaposèrent les nappes de cuirs l’une sur l’autre, y déposèrent les cuirs et les piliers de bois, puis refermèrent le tout en pliant les nappes comme un sandwich. Prenant chacun une extrémité, ils s’alignèrent, se coordonnèrent puis commencèrent à marcher vers la forêt sombre.

Mais une chose leur avait échappé…

Entre la forêt verte et la forêt sombre... une rivière

À l’allée, ils avaient simplement lancés leurs sacs d’une rive à l’autre, mais cette fois-ci, ils se retrouvaient dans une impasse. Il aurait fallu voir leur tête… ils ne pouvaient s’en prendre qu’à eux-mêmes :

« De véritables crétins » avait pensé Rieur avant d’écraser mollement l’une de ses mains dans son visage,  produisant un joli « clac » revigorant.

- Qu’est-ce qu’on fait?
- Pas la moindre idée… Enfin… Si, mais elle ne me réjouit pas énormément.
- C’est-à-dire?
- Traverser… tout simplement, en essayant de nager suffisamment en surface pour que le matériel ne soit pas trop affecté par l’eau.
- Ou…
- Ou..?
- Ou nous partons chacun de notre côté et voyons s’il est possible de traverser l’eau sans se mouiller…
- (Rieur écrasa maintenant son autre main dans son visage) Oui… Ça me semble plus réfléchi…

Ravage afficha un sourire satisfait et arrogant, ce à quoi Rieur répondu d’une grimace. Et sur ce dernier échange, ils déposèrent le matériel sur la rive puis partirent chacun d’un côté.

Ravage, qui, avait pris vers l’Ouest, longea l’eau jusqu’à ce qu’elle ne s’ouvre en un croisement, mais nul signe d’un moyen de la traverser. Sur le chemin du retour, il décida de faire un cours escale à la tour qui faisait face à un étrange et imposant bâtiment. Il s’était dit qu’avec la vue et l’altitude, peut-être repèrerait-il quelque chose…

Malheureusement et heureusement, la seule chose qui vînt se loger devant son regard fut la silhouette de Barde.

La veille, ils avaient converser du fait qu’il cherchait un endroit pour jouer sa musique, qu’elle puisse être entendu de tous… et visiblement, les deux vouait à l’édifice des propriétés qui leur serait potentiellement utile.
Quoi qu’il en fût, le sujet changea drastiquement lorsque Barde révéla « subtilement » à Ravage qu’il était au courant pour ses envies meurtrières. L’aveugle lui expliqua que lorsqu’ils avaient combattus les « rampants » dans la crypte, il avait entendu son cœur palpiter si fort qu’il ne pouvait être synonyme que de plaisir…

Feignant l’ignorance, Ravage continua de converser comme si de rien n’était avant de finalement craquer et de lui en parler plus avant.

Lors de cet aveu, il fit jurer à Barde de ne jamais en faire part à la communauté… ne voulant pas qu’elle s’effraie de ce qu’il était.

Barde le promit.

Et de cette promesse, semblait-il tout du moins pour Ravage, naquît une amitié dont il espérait que les liens se resserreraient au fil du temps.

Puis la nuit pointa le bout de son nez, Barde disparut pour aller dormir, et Ravage, complètement confus, se souvînt subitement que Rieur l’attendait quelque part sur la rive.

En panique, il sprinta jusqu’à le joindre et le trouva somnolant aux côtés du matériel.

- (Réveiller par les bruits de pas, encore groggy, sonné, un poil énervé) Dis-donc… tu as fait le tour du pays ou tu m’as simplement oublié?
- Désolé… J’ai rencontré Barde en chemin, j’en ai perdu notion du temps.
- Et..?
- Et je n’ai rien trouvé.
- Pour m’étonner… Bon allez, pas la peine de trainer ici, je me suis personnellement montré utile, j’ai trouvé où traverser.

Les deux amis repartirent vers l’Est, longèrent la rive avant d’arriver dans des terres beiges qui, à son tour, menait à la forêt sombre. Ils la traversèrent, tuèrent les serpents qui leur barrait la route, continuèrent leur chemin pour enfin atteindre Hautemaisons.

Là-bas, heureux d’être arrivé mais exténués du voyage, ils hésitèrent un instant d’aller dormir, mais c’est l’envie de parachever leur œuvre qui prit le dessus. Tant pis pour la fatigue, leur excitation et l’envie de l’effet de surprise étaient trop grandes qu’ils s’y attelèrent sans trop attendre.

Comme ils avaient –normalement- suffisamment de matériels pour installer deux tentes, ils eurent à choisir le lieu de ce qui allait être leur première expérimentation. L’effet de surprise étant recherché, pour ne pas alerter la populace de leur chantier, ils décidèrent d’installer celle-ci à l’endroit où il dormait normalement, c’est-à-dire un peu plus haut sur la montagne. Au pied de celle-ci ils y déposèrent la moitié des composants puis l’escaladèrent  péniblement, renversant presque à deux reprises ce qu’ils avaient en mains.

Mais après peine et misère, ils commencèrent enfin. Comme ils avaient pu l’observer sur les autres campements qu’ils avaient pris comme modèle, il fallait d’abord s’assurer de la stabilité de la structure. Pour cette raison, ils creusèrent quatre trous  de leurs mains et de leurs doigts, d’environs trois ou quatre pouces, dans lesquels ils plantèrent les piliers, qu’ils solidifièrent ensuite en les entourant de pierres et de terres. Une fois cela fait, ils n’eurent plus qu’à bout de bras, déposer la nappe de cuir qui viendrait épouser –de ce qu’ils s’étaient imaginer- la forme de la chose.

Malheureusement pour eux, la force exercée par le poids du cuir créa un creux dans le tissu et il ne fallut pas l’esprit d’un géni pour comprendre que les pluies feraient vite fait de leur petite construction un chantier de démolition, remplissant le creux de son doux liquide, ce qui ferait s’effondrer la tente.
Exténués, à bout de force, ils eurent à puiser dans leurs derniers retranchements pour redescendre, partir vers la grotte d’Abercrombie, abattre trois créatures du marais, pour enfin revenir avec des branches soigneusement choisi qui feraient office de cinquième pilier.

De retour sur la montagne, ainsi, ils enlevèrent la peau, creusèrent un trou  au centre des quatre autres piliers, poncèrent grossièrement le nouveau bout de bois, arrondirent sa pointe pour qu’elle ne transperce pas le cuir, retendirent la nappe sur l’installtion…. Puis ouf… respirèrent un bon coup tout en contemplant leur œuvre. C’était fait. C’était là… Magnifique!

Puis le vent se leva, et les peaux se mirent à voler légèrement… un peu plus fort, elles s’envolaient carrément.
Dans un élan de non-appréciation, Rieur s’éructa, saisit une branche qui lui restait en main, la brisa en quatre branchages pointus qu’il vînt planter dans la peau puis dans le sol, au niveau de chaque pillier!
-Oh ma petite coquine de vent… Ohhhh non…. Ohh non!
Celle-ci souffla encore, mais la tente ne broncha pas,
-Oui! beugla Ravage.

Les deux amis s’échangèrent un grave sourire, un long regard, puis se sautèrent dans les bras.
Cette accolade leur donna tout juste l’énergie nécessaire de redescendre et d’en faire pareille avec la deuxième tente, celle-ci, positionnée tout prêt de l’autel, proche des autres abris.
Lorsqu’elle fut enfin terminée, c’est presque si une larme ne monta pas aux yeux des deux amis.
Ils n’eurent même pas le temps de la verser que déjà, à même le sol, ne profitant même pas de ce qu’ils avaient fait, ils s’écroulèrent et s’endormir sur le champ.
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Kazael

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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Jeu 18 Juin - 19:15

Hier nuit avait été l’avènement et le début de ce qu’osait penser Rieur comme le début de la libération du marais. Sa libération des puissances maléfiques qui lui pourrissait l’âme et la terre.

Alors qu’il se réveillait à peine d’une longue sieste, il sortit de la hutte et ses oreilles tintèrent en direction du camp : Tempérance et Limiia y était à discuter.  
Une fois qu’il les eut rejoints, le sujet de la conversation sembla changer, et entre un remerciement pour la tente et l’annonce que le maître refusait de le voir, l’esprit de Rieur vacilla entre satisfaction, déception et colère.
Mais ces sentiments  ne furent que de courtes durées. Car bientôt Tempérance et Limiia commencèrent un débat grotesque sur la suprématie de certaines classes de personnes sur d’autres, alors que, et cela Rieur l’avait compris, tout n’était qu’un grand quiproquo.

Cela le détendit.

Et au milieu de cette conversation, comme les dires tournaient au maximum de son ridicule, Ravage émit un grommellement suivit de quelques mots marmonnés : «  Toujours de la magie… toujours et encore la magie… toujours la fichue magie… »

Pour avoir prononcé ce chiale, sa présence n’avait plus rien de bien dissimulé, et à l’aide d’un sort étrange, Tempérance le força à réapparaître… D’ailleurs, sur le thème des apparitions, tout de suite, Ravage reçu un sermon de Limiia qui le priait d’arrêter de les espionner comme ça, que ce n’était pas là de bonnes manières.
Mais ce ne fit qu’envenimer son humeur déjà toxique, et Ravage commença un monologue sur sa « malheureuse condition » d’être sans magie… et que ce monde n’en avait que pour elle, de cette fichue magie.

Il ajouta, cette fois-ci de manière murmuré à Rieur, qu’en plus de tout ça, pourquoi parler de faire pousser des maisons à l’aide de la magie, alors que des priorités plus sérieuses comme s’occuper des Troggs devaient être actualisé.

Mais son murmure ne fut pas assez  bas et Limiia l’entendit. Elle qui n’attendait que cela depuis des semaines, saisit la perche, et leur offrît d’aller voir la porte qui mène au temple. Enjoués par le fait d’enfin faire quelque chose contre ces nuisibles de Troggs, Rieur et Ravage acquiescèrent sur le champ, suite à quoi, les quatre comparses se changèrent en tenue de combat et partirent le pas pressé.

Ils arrivèrent à la grotte d’où sortaient les Troggs en quelques minutes. Ils se frayèrent un chemin à l’intérieur à grands coups de dagues, de flammes, de Shaton et de baguette magique, jusqu’à finalement arrivé au niveau où le gaz toxique débutait.

Là, se faufilant contre le mur pour l’éviter, les compagnons s’aventurèrent légèrement plus loin et tombèrent sur le rocher duquel, après quelques manipulations floues, Limiia et sa clé magique réussirent à ouvrir un portail magique.

Lorsque ce fut fait, au début, les aventuriers montrèrent une certaine réticence à le pénétré. Tempérance clamait qu’ils ne savaient pas ce qu’ils trouveraient derrière. Mais Ravage étant de nature téméraire, d’aucuns ne diraient insouciante, il dît ces simples mots qui agirent sans attendre : « Le dernier de l’autre côté est un dindon trempée par la pluie! ». La magie s’opéra et tous suivirent son exemple.

Et c’est ainsi qu’ils arrivèrent dans le temple.  À l’accueil, un simple Trogg, quoi que bâtit, les attendaient : ils n’en firent qu’une bouchée. Limiia sembla pensée, puis dire, qu’il vaudrait mieux faire demi-tour. Mais encore et toujours, Ravage refuse et poussa les aventuriers à s’aventurer d’avantage. Entre les cadavres des troggs qui s’empilaient, Tempérance échangeait à sa manière, quelques dires sur l’architecture ou le contenu du temple, suivit par les commentaires de Rieur.

Alors qu’ils se trouvaient dans une salle plus imposante, et qu’ils ne comprenaient plus où il fallait aller, ils tombèrent nez-à-nez avec un certain Pokpok. Ce dernier, hostile, invita les comparses à déguerpir, le cas contraire leur mort viendrait de sa main.

Loin de se laisser impressionner, les aventuriers répliquèrent à ses attaques et le poursuivirent dans une sorte d’étrange jeu de cache-cache, jusqu’à, finalement trouver le moyen de le joindre à l’étage.

Mais le temps qu’ils prirent pour réussir, Pokpok s’était enfui et se terrait encore plus haut… cacher derrière un énorme Trogg visiblement très méchant, très fort.

En voyant la bête, Tempérance estima leur chance de survie de tout au plus 7.3%.

En entendant cela, Limiia, dans le sens de Tempérance, pensa qu’il vaudrait mieux sortir.

Mais Ravage, toujours, visiblement dans l’un de ses états où l’envie de meurtre prend le dessus, ignora l’avertissement et commença à beugler vers Pokpok :

« Viens ici lâche! Un duel, un contre un. Je vais te crever, puis je vais te dépecer! »

Et Pokpok de répliquer en lâchant le monstre. En voyant l’énorme Trogg s’avancer vers eux, les comparses prirent jambes à leur cou et se précipitèrent vers le portail.

Rieur fut le dernier à le traverser, et alors qu’il emboitait le pas dans celui-ci, il n’eut que le temps de voir l’énorme créature lui donner un sacré coup, avant de réapparaitre l’autre côté.



À peine remis de leurs émotions, les quatre commencèrent à discuter de la situation. Ils hésitèrent à condamner l’entrée mais Rieur s’y opposa radicalement, expliquant que c’était leur seul moyen de joindre le temple et que si eux trouvaient un autre moyen d’en sortir, qu’ils envoyaient leurs immenses Troggs et que la communauté ne trouvait pas cette nouvelle sortie à temps, de graves conséquences pouvaient en survenir.

En accord avec cela, Tempérance proposa une idée qui ferait d’une pierre deux coups. Elle émit l’hypothèse que les pierres bénies avaient le pouvoir de repousser les Troggs, ce serait d’ailleurs pour cette raison qu’ils n’attaquaient qu’Évigile et non Hautemaisons.

De nouveau d’accord, cette fois-ci, ce fut à Ravage de prendre la parole, se portant volontaire pour aller quérir l’aide de Neige. Il ajouta à cela son désir que tous fassent partie de la prochaine expédition, demanda à Rieur de fabriquer des pancartes pour que tous puissent être mis au courant, et ce, suite à quoi il disparut, partant dans une course effréné pour gagner la chapelle.

Une fois qu’il arriva là-bas, il trouva Neige près de ses livres et lui expliqua tout ce qui venait de se passer. Après avoir survolé quelques détails techniques, cette dernière lui donna son assentiment et lui promit qu’elle viendrait porter les pierres dès le lendemain.

Pendant ce temps, Tempérance et Rieur avaient rejoint Hautemaisons dans un silence des plus complets, s’étaient assis sur un banc, Rieur allongé sur elle, se reposant.


(Ici se trouve l’épisode Rieur-Ravage-Harmonie, que j’écrirai plus tard, ne faisant pas partie de la trame et parce que je fatigue)

Après une nuit habituellement courte, Ravage se leva pour l’aube. Une énergie débordante l’animait depuis la veille… et cette énergie était catalyser par la vue d’une simple image à travers de son imaginaire : la tête de Pokpok roulant sur le sol.

Depuis son éveil, il ne vivait que pour trois choses, en ordre d’importance : combattre, agir de manière hédoniste, aider Rieur, donc par intermittence, la communauté de Hautemaisons
Et voilà qu’on lui offrait un tout nouveau défi…

De l’énergie ? Non.  De l’extatisme! Voilà ce qu’il ressentait.

Alors, dès qu’il fut levé, il fusa comme un fauve vers le campement proche de la route vers Croc-Noir. Il y passa toute sa journée, à s’entraîner sur le pantin de bois, élaborant des théories pour une nouvelle technique de combat.

De son côté, Rieur s’était réveillé plus tard, ayant profité du maximum de repos possible pour se remettre de l’effort de la veille. Une fois sur pieds, après avoir mangé et pris soin de son hygiène personnelle, il se lança sur ce que lui avait demandé Ravage, c’est-à-dire de la pancarte qui permettraient à toute la communauté de Hautemaisons d’être au courant du projet de nettoyer le temple de sa vermine.

Avec du bois simple qu’il avait ramené de la forêt verte, il créa la structure de la pancarte qui ressemblerait à une croix, puis, y cloua, à l’aide de petites dents de pierres, le parchemin sur lequel on pouvait lire le message suivant :

« Message Important à toute la communauté d’Hautemaisons,
Après une courte expédition dans le temple au centre du marais,
Nous avons découvert que de terribles Troggs -plus gros et plus féroce-  s’y cachent.
L’incessante pression de ces créatures sur nos vies doit cesser immédiatement !
Une nouvelle expédition afin d’aller exterminé ces abominations est en cours d’organisation.
Aide recherché.
Signez votre nom au bas de la page si votre intention est d’y participer ou venez nous le dire en personne. »

Au bas de page, Rieur écrivit son nom et celui de Ravage, mais n'osa pas y mettre celui de Limiia. Qui sait, peut-être avait-elle changé d'avis?
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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Jeu 18 Juin - 20:46

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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Ven 19 Juin - 17:01

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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Ven 19 Juin - 19:03

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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Dim 21 Juin - 19:19

Ravage s’était entraîné dur ces derniers temps, en vue du jour où là ils s’attaqueraient au Temple. Il avait poussé son corps à des limites que lui-même ignorait, faisant preuve d’une persévérance sans cesse renouvelé. Ainsi, avec le temps, il avait fait de ses rages meurtrières un atout, de son corps une d’arme de précision, de son esprit, un théoricien de l’art du combat.

Hier soir, après un entrainement intensif qui a duré toute sa journée, à la nuit tombante, voulant profité des derniers rayons de la forêt verte, il avait croisé Rieur et Neige sur la route vers Croc-Noir. Avec eux, ils joignirent le bois sombre et partirent en quête pour aider Phalène, cet étrange papillon qu’ils avaient essayé d’attaquer –pour la libérer de son sort- quelques semaines plus tôt.

Après divers verbiages avec la bête, Ravage, après avoir saisi au vol de la conversation, l’information sur un guérisseur vivant dans l’Ouest, mena la troupe vers celui-ci en espérant qu’il pourrait les aider.

Et il le fit. L’esprit, bien qu’un peu aigri de recevoir des visiteurs, fut d’une grande coopération, et, malgré une interruption bestiale d’Harmonie, ils le quittèrent  avec l’information d’un maître ténébreux vivant dans les terres rouges et qui posséderait la recette permettant de guérir Phalène.

Sur la route du retour, les quatre comparses se séparèrent.

De son côté, Rieur partit méditer dans un coin tranquille, Ravage alla se baigner dans la rivière pour nettoyer la quantité effroyable de sueur qui lui collait à la peau, alors que Neige et Harmonie rejoignirent la chapelle.


Rieur.

En effet… l’elfe sarcastique avait bien besoin de méditer. On aurait pu penser de lui qu’il était un de ceux que l’on nomme des penseurs. Et ce ne serait pas être loin de la vérité. Cependant, Rieur gérait encore difficilement tout l’afflux de questions sans réponses qui le taraudaient, et encore moins celles dont il connaissait les réponses.

C’est ainsi, qu’ assis sous un arbre, dans la pénombre, après avoir laissé reposer son esprit, se concentrant seulement et uniquement sur sa respiration, l’elfe sentit monter en lui une certaine sérénité.

Et cet état d’esprit lui était absolument nécessaire lorsqu’il réfléchissait sérieusement. Et c’est ce qu’il fit.
Pour commencer, il laissa resurgir ses souvenirs un à un.

La crypte…son éveil… Bleue…Barde… la peur du monde… les rats…les serpents… LeRouge…le marais…les troggs… une de ses morts… une autre… Ravage!... Hautemaisons…les loups… la viande… Abercrombie… ses diverses rencontres… Neige…Natsil… Tempérance…les esprits… encore… la forêt verte… ses premières réflexions…Tempérance…Tempérance…La tour… Tempérance… Ravage…Phalène…

Puis Guérart. De sa conversation avec ce vieux mage raté, mais épeurant… quelque chose avait changé en lui.
Chaque détail lui apparut en tête. Il essaya de les décortiquer… le temps passa…  il n’était plus sûr… mais pourtant…  quelque chose l’avait changé..!

Puis, ça lui apparut comme tout à fait évident, ce qui eut pour effet de le faire tomber à la renverse, s’esclaffant dans l’herbe humide.

« L’amour… celui du monde, celui des gens, celui de toute chose ».

Ce qui avait changé chez Rieur, ce fut ses plus profondes motivations.

Guérart lui avait ouvert les yeux malgré son intention du contraire. Il avait argumenté sur la nécessité et les avantages de la haine, alors que Rieur s’était radicalement  heurter à sa vision du monde. Et le débat avait durée des heures. C’était un concours de rhétorique qui s’était avéré très utile tout compte fait…

Car elle avait éveillé l’elfe à ce que chacun  possède au plus profond de lui. Un amour inconditionnel du monde comme étant la plus pure des vérités.

Et non seulement il avait absorbé cette leçon, mais une autre toute aussi importante.

La poursuite incessante de la puissance avait un terrible prix. Celle de la haine, de la solitude, de la traîtrise, de la sournoiserie… ….

C’était pourtant ce qui avait animé Rieur au début de son existence, et s’il n’était pas mort, s’il n’avait pas médité, s’il n’avait pas compris les erreurs de son passé, peut-être que Guérart l’aurait convaincu.

Mais il était mort, il avait médité, il avait compris… et tout ceci l’avait protégé des obscures motivations de son interlocuteur.

Rieur savait maintenant qu’elle place il voulait avoir dans ce monde. Limiia s’occupait d’Hautemaisons, Barde voulait chanter, Ravage protégeait ses amis, Neige des nouveaux éveillés et du culte de la lumière, Brume celui de la nature. Et bien lui, ça place serait celle de  comprendre ce monde, de le provoquer pour mieux le saisir, et d’utilisé son intellect, son amour pour lui, et sa détermination pour y parvenir.


Ravage.

De son côté, après sa baignade, Ravage décida de rejoindre la chapelle. Il savait que Neige et Harmonie s’y étaient rendues. Leur parler pourrait être amusant? Il pourrait ainsi se moquer gentiment d’Harmonie… et apprendre à connaître Neige un peu plus.

Mais ce n’est sur aucune d’elle qui ne tomba lorsqu’il arriva là-bas, mais sur une autre humaine… complètement nue!

Tapis dans sa forme de traqueur invisible, il rôda autour d’elle et l’observa se démener à droite à gauche.
Il lui sembla que la petite était de bon cœur et décida de se montrer finalement. Toute surprise lorsqu’il se dévoila, elle sembla quelque peu sur ses gardes, mais lorsque l’elfe lui lança quelques vêtements, elle se détendit et accepta de le suivre.

Et hormis de courtes interruptions que firent Barde et un étrange gnome qui parlait aux pierres, Ravage pu continuer ce qu’il avait commencé, c’est-à-dire, aider la jeune demoiselle.

Il lui dévoila beaucoup de ce qu’il connaissait, l’avertissant des dangers de ce monde, de ce qui pourrait la tuer –soit pratiquement toute chose-, des différents lieux qu’il connaissait, des communautés, du marais… etc., etc. ce qui leur prit une bonne heure tout du moins.

Ensuite, comme il lui avait promis, ils firent demi-tour et regagnèrent la chapelle, ainsi donc, que Barde.
Là, ils y eurent quelques conversations, quelques moqueries. Barde désirait désespérément trouver un nom à la petite, mais demandant l’avis de Rieur, celui-ci, maladroitement, dit que rien ne l’inspirait en la regardant, ce qui généra quelques réactions… cela va sans dire.

Puis, comme pour couper court à ces chamailleries inutiles, Ravage proposa de nommer la petite Ironie.
Bien qu’elle sembla hésitante, elle finit par accepter tout en lâchant :

- Dans le pire des cas, je n’aurai qu’à me justifier en disant que c’est lui qui m’a trouvé ce nom pourrie.

Ce à quoi Ravage rétorqua en s’esclaffant :

- J’ai bien choisi le nom! Elle a du répondant cette petite!


Jusqu’à ce moment précis de la journée, tout c’était bien déroulé, cela avait été une journée active et amusante. L’elfe s’était entrainé durement, il avait aidé Rieur et Neige, puis Ironie, et avait même réussi à taquiner Barde au point qu’il en boude. Parfait, tout était par-fait!

Et puis ses mains se mirent à trembler, et son cœur à accélérer. Même Ironie s’en apperçu! Et Barde, de son oreille fine, encore plus!

Immdiatement, ce dernier lui dit de se calmer.

Et Ravage, de peur que la petite découvre son problème, feignit immédiatement d’avoir trop chaud, et qu’il ne lui fallait qu’un peu d’air frais.

Alors il sortit. Et courut. Et arriva au lac. Et fit un carnage des pauvres crocilisques.

Jusque-là, encore, il se dit que ce n’était pas trop grave… que son secret était préservé.

Mais…

Quand il revînt, calmé, il eut juste le temps d’entendre Barde conclure sa phrase en dévoilant son secret…
Cette fois, ce ne fut pas la rage de son problème, mais celle d’être trahi qui l’anima. Il fit savoir à Barde qu’il l’avait entendu, puis, disparut, fulminant.

Il alla se poser sur une pierre haut-perché et mis tout l’effort du monde pour se calmer.

Et plus tard, alors qu’il arrivait lentement mais surement à se contenir, la petite Ironie, maintenant seule, beugla son nom qui résonna un peu partout dans la vallée.

Elle le répéta… encore et encore.

Et comme il ne supporta plus sa jérémiade, il décida de réapparaître, ce qui déclencha un nouvel échange verbal dans lequel, alors qu’Ironie essayait de le convaincre que de toute façon, elle se doutait de son « problème » et que Barde n’avait fait que la rassurée sur le fait qu’il n’attaquait jamais les gens, Ravage s’éructa que le point n’était pas là, qu’il ne la connaissait pas, que seul deux personnes –maintenant trois- connaissaient son secret, et que tout deux avait promis de ne jamais le révéler. L’un l’avait couvert plus d’une fois… alors que l’autre, venait tout juste de s’ouvrir la trappe.

Et c’était en cela, en le fait d’avoir brisé une promesse que Ravage fulminait.

Pour le rassurer, Ironie fit la promesse de ne jamais en parler à quiconque, « jamais », qu’elle avait prononcé avec tant d’insistance que Ravage lui donna le bénéfice du doute, disparaissant en grommelant un bonsoir.
Mais sa colère était loin de s’être apaisé… Oh loin de là.

Jetant un bref coup d’œil derrière lui, s’assurant que la petite ne le suivait pas, Ravage partit comme une flèche vers le marais. Et plus il courrait, plus il sentait ses nerfs se tordrent d’une envie, une seule, détruire.
Cela commença sur un Traqueur. Continua sur quelques dindons. Se poursuivit sur des Troggs, sur des Crocilisques. Rebondît sur un ou deux Léviathans…

Mais cette fois, rien ne sembla le calmer. Au contraire… plus il tuait… plus elle s’envenimait. Si l’on aurait pu le voir à ce moment… personne n’aurait pu croire que le gentil et un peu naïf Ravage vivait dans ce corps dépossédé.

Ses yeux, sombres, sa gueule, haletante, son visage, plein de sang, tout faisait penser à un monstre sanguinaire, aussi puéril et cruel qu’un Trogg, mais sans couardise et d’une faim insatiable.

Dans la tête de cette chose qu’on ne pouvait plus nommer Ravage, le peu d’esprit et de raison qui restait ne fut utile qu’à une chose : « Qu’est-ce que je tue maintenant…? »

Dans un flash, une sorte de réminiscence immédiate,  il parcouru mentalement les créatures qu’il connaissait. Par une chance qu’on ne comprendra jamais ce n’est ni à Douce ni à Ti-rat à qui il pensa mais aux créatures qui vivaient près d’Abercrombie.

Et de la rive, vers elles, il courut. Euphémisme… Il chargea! Se rapprochant à grandes enjambés, sentant leurs morts arrivé, sentant déjà leur sang chaud sur son visage… ça le rendait que plus fou et extatique. Et de cette envie, ces pas s’accélèrent, encore, toujours à tel point, qu’on aurait presque eu l’impression qu’il flottait sur la terre, la frôlant à peine du bout des pieds.*

Et lorsqu’il arriva  au lieu des créatures, il va sans dire que ce ne fut pas beau à voir…

Il sauta sur une première et l’éviscéra en moins de temps qu’il n’en faut pour qu’une goutte de pluie ne tombe du ciel sur la terre. Et il continua. Entre les larmes venues des cieux et le tonnerre, entre les cris des deux camps, Ravage se retrouva rapidement entouré, se battant toujours fou de rage. Mais les créatures étaient en surnombre, que ce soit de leur mort ou de leur vivant, elles étaient tout autour de lui. Alors Ravage, presque animalement intuitif, commença à viser des organes plus précisément que d’autres. Le cou, les yeux, les tempes, les viscères… stupéfiant les créatures qui se voyaient une à une éradiquer.*

Puis l’orage arrêta.

Allongé dans l’eau humide, le corps couvert de boue, de sang, du sien, beaucoup du leur, de sueur, de blessures, Ravage respirait lentement… Il s’était enfin calmé. Son visage était à moitié plonger dans l’eau de pluie et dans la terre granuleuse et mouillée. Lorsqu’il respirait, de petites bulles de sang et de toutes ces substances se formaient aux rondeurs de ses lèvres.

Dans une respiration difficile, il gémît alors un cri, un pleure, une complainte, tout ça à la fois… : « Pourquoi…m’avez-vous…fait…ainsi. »

Il s’endormit là.

Formant un cercle morbide autour de lui, des cadavres reposaient.

-----------------------------------

Ravage se leva quelques heures plus tard et versa une timide larme en regardant son œuvre. Pourtant, il n’avait jamais éprouvé de remord pour ces pulsions… mais cette fois, incompréhensiblement, c’était le cas. D'humeur maussade, d’un pas lent, boiteux, titubant, il  regagna Hautemaisons où il s’écrasa mollement, dormant d’un sommeil aussi perturbé que cette nuit l’avait été.
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Kazael

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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Mer 24 Juin - 18:59

En vue du jour J, Rieur et Ravage n’avaient pas chômé. D’un côté, mettant à l’œuvre des capacités administratives qu’il ignorait jusqu’à ce jour, Rieur n’avait eu de cesse de cogiter pour que l’expédition soit un franc succès, prenant en considération le moindre détail ; de la sécurité de tous, à la maximisation des capacités individuelles et collectives, en passant par la décortication de tout ce qu’il avait pu entendre jusqu’à ce jour concernant le Temple, Murmure, les Troggs, les communautés, etc., etc.

Cependant, comme la pancarte qu’il avait posée entre Hautemaisons et Évigil indiquait que toute aide serait la bienvenue, il avait pris la décision de rester au sein d’Hautemaisons si quelqu’un désirait à tout hasard les joindre. Ainsi, ne pouvant être à plusieurs endroits à la fois, ce fut à Ravage qu’il demanda  d’accomplir les tâches qui impliquait l’extérieur.

Par exemple, dans la maximisation des talents individuels, il lui avait demandé de récupérer quelques armes qu’il avait enterrées quelque part, jadis, alors qu’il explorait la forêt sombre. Il avait ensuite demander à Ravage de s’entretenir avec Frappedur pour que ce dernier leur donne un vent de fraîcheur, étant pour le moment, très peu utiles.

À Évigil, rejoint par Harmonie, Ravage s’appliqua à la demande de Rieur mais n’en resta pas là. Ensemble, ils rencontrèrent Monamie avec qui ils discutèrent de leur projet d’assaillir le temple.

Peu coopérative, Monamie leur indiqua qu’Évigil ne prendrait nullement part au conflit et que ce projet ne ressemblait à rien sauf à un suicide collectif. Ils préféraient attendre les Troggs à l’extérieur du Temple, s’en débarrassant au fur et à mesure, et ce, malgré qu’Harmonie et Ravage l’aient prévenu des dangers immenses que représentaient les énormes Troggs.

Déçu et méprisant envers de l’attitude et des réflexions de Monamie, Ravage toujours et inlassablement persistant, décida d’aller voir directement Frappedur, qui lui aussi, indiqua son refus de participer à l’expédition.
Bon. La tentative de rallier Évigil avait échoué, mais les amis se consolèrent à l’idée qu’ils obtiendraient minimalement des armes de meilleurs qualités que leur vulgaire bouts d’os.


----

De retour à Hautemaisons, Ravage expliqua tout ceci à Rieur qui au contraire de lui, sembla un peu plus inquiet par ce qu’avait dit Murmure.

Mais leur mission lui semblait un impératif, et il fini par se rallier à l’idée initiale : attaquer le temple.
---


Entre temps et en plus de cela, Ravage, de manière autonome, après avoir aidé Ironie lorsqu’elle venait de s’éveiller, l’avait rallié à leur cause et lui avait fait tester ses aptitudes sur lui-même.

Des capacités de guérisons et de protections. Cela s’avèrerait bien utile.

Et ce même scénario se reproduisit quelques minutes plus tard, avec Roparzh qu’Ironie avait remarqué de loin, courant dans les terres de cendres.

L’ayant rejoint, et malgré des débuts presque hostile, il avait réussi à le gagner à l’appel de l’avarice. Roparzh les aideraient et son cabot aussi.

---


Mais rien de tout cela ne fut plus exténuant que le lendemain, à la rencontre de deux nouveaux éveillés!
Féline et Barberousse qu’ils s’appellent.

La première démontra un fort caractère indomptable –pour le moment se disait Ravage- et l’autre une gentillesse remarquable.

Jusque-là, rien de bien fatiguant… jusqu’à l’arrivé impromptu des deux autres nains.

Entre Ravage qui, après s’être attaché au petit caractère de Féline lorsqu’elle l’avait menacé en lui plaquant un couteau à dépecer sous la gorge, lui rôdait autour, la surveillant pour qu’elle ne se tua pas, et Rieur qui essayait de s’interposer aux endoctrinements des deux nains sur Barberousse, la nuit fut longue et mouvementé.

Exténué, Rieur finit par aller se coucher, et ce fut à Ravage de reprendre le flambeau, chose qui, s’avéra plus simple qu’il ne le pensait, lorsque Roparzh, tout extatique à l’idée de lui dévoiler sa nouvelle habileté, attaqua un élémentaire d’eau, créant chez Barberousse un profond sentiment de dégoût quant à leur barbarie.

C’est tout bon, s’était-il dit en revenant au campement. Plus besoin de s’inquiéter pour le nouvel éveillé, il avait vu la bêtise des nains, n’allait pas la suivre… parfait!

Puis la lune continua sa longue danse et Ravage celle autour de Féline. Cette dernière, finalement, s’excusa de son comportement de manière exhaustive et adorable. Ravage ne lui faisait pas encore totalement confiance, mais un peu plus désormais. Comme cette dernière ne semblait pas à l’aise avec les gens, et comme il ne comptait pas dormir à Hautemaisons, il lui offrît sa tente pour la nuit, puis alla rôder près d’Harmonie, Ironie et Barberousse.

Lorsqu’ils eurent terminés leur balbutiements sur une potentielle relation entre lui et Féline, Ravage décida de se dévoiler à eux, suite à quoi ils continuèrent à parler de l’expédition.

Au total, peut-être pouvait-il espérer être neuf pour cette dernière.

Mais Barberousse et Féline aurait à faire preuve d’une grande persévérance et d’un entrainement redoutable s’ils voulaient se joindre à eux dans le mince laps de temps qu’il leur restait…

Ravage se dit qu’il pourrait les aider…
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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Mer 24 Juin - 19:56

De son côté, le lendemain, Rieur s’était entretenu avec Ironie. La conversation avait d’abord commencé sur une idée de cette dernière quant à l’aménagement d’Hautemaisons, mais comme il le précisa, ce qu’elle désirait semblait pour le moment irréalisable n’ayant pas les outils adéquats et précisa qu’ils avaient d’autres préoccupations plus importantes.

Cependant, pensant important de le faire, il souligna l’ingéniosité d’Ironie, et vu ce qu’avait vu Ravage en elle, c’est-à-dire, Bienveillance et Intelligence.

Le sujet de la conversation bifurqua, donc, sur l’expédition, et Ironie lui fit part de son intention d’aller parler à Neige de Murmure pour un potentiel moyen de contrer les aptitudes psychiques de Murmure.

Comme Rieur avait déjà prévu de le faire, mais ce, avec les servantes de la tour en y envoyant Ravage, il saisit l’opportunité et demanda plutôt à ce que ce soit Ironie qui s’en charge. Du peu qu’il connaissait d’elle, elle semblait bien plus disposée à des qualités diplomatiques que son ami.
Déposant sa main délicatement sur son épaule, il exprima qu’il comptait sur elle, ce à quoi elle ajouta qu’il le pouvait, puis d’un « Je n’en ai aucun doute » qui clôt la conversation.
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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Jeu 25 Juin - 4:56

Après une journée exténuante passée à récupérer du minerai pour Frappedur, après s’être légèrement entretenu avec Abercrombie, Ravage s’était dirigé vers la chapelle où se trouvaient Ironie, Neige et Tempérance.
Il aurait peut-être eu envie de s’entretenir d’avantage avec elles, mais la lune bien avancée dans sa ronde, les précipita surement vers le sommeil. C’est ce que fis Neige tout du moins, et ce qu’on doute de Tempérance après s’être téléporté à la tour.

Du côté d’Ironie, cependant, rien n’en fut.  Alors qu’elle avait pourtant indiqué son désir de dormir à la chapelle, elle en sortie et se mit en marche vers les cryptes.

En partie par habitude, en partie parce qu’il ne lui faisait pas tout à fait confiance, Ravage décida de la suivre.
Ironie continua d’avancer, évitant les débris de pierres, arriva dans la ville, puis, s’enfonça dans la crypte dans laquelle, deux jours plus tôt, ils avaient ouvert cette étrange porte ou se terraient des créatures lumineuses.


Devant la porte, Ironie s’arrêta pour enfiler une robe blanche, puis, débarra la porte et entra, ce que fit Ravage à son tour, se laissant apparaître lorsque la porte se referma.

-RAVAGE, éructa Ironie.

Il lui répondit simplement en haussant les épaules, alors que mentalement, il se disait qu’il ne la laisserait certainement pas seule dans ces lieux… il avait élaboré une théorie quant à Ironie, et si cette dernière s’avérait vrai, la laisser avec ces êtres divins était la dernière chose qu’il pouvait faire et la pire connerie qu’il pouvait entreprendre.  Il ne se  serait jamais pardonné de l’avoir laissé faire... on ne sait trop quoi.

Alors lorsque Ironie lui donna l’ORDRE de sortir, la méfiance s’agrandi et Ravage refusa en bloc.
Persistante jusqu’au bout, lui disant que c’était très important pour elle, qu’elle voulait être seule, réitérant ce discours plusieurs fois, Ravage comprit qu’elle n’en démordrait pas et qu’il ne découvrirait rien d’avantage à tenir sa position de la sorte. Ainsi, lorsqu’Ironie lui ouvrit la porte pour l’obliger à sortir, il courut prestement dehors, feint de tourner, utilisa sa capacité à se fondre dans l’ombre, puis pénétra à nouveau l’alcôve juste au moment où les portes se refermaient.

Cette fois-ci, il ne ferait pas l’erreur de réapparaître! Et il observa tous les moindres faits et gestes d’Ironie, guettant tout acte hostile à l’encontre des créatures de lumières.

Mais il n’en fut rien… Elle ne fit qu’une bien simple prière, ce qui le rassura profondément.

Malheureusement pour lui, la technique qu’il utilisait étant loin d’être parfaite, il est possible de le repérer s’il se trouve à une distance relativement proche, et lorsqu’Ironie se retourna pour sortir, c’est ce qui arriva.
-C’en est trop, avait-elle dit en ouvrant la porte.

Puis Ravage la poursuivit alors qu’elle courrait furieusement vers l’extérieur.

Lorsqu’il l’eu rattrapé, jamais de son existence, Ravage ne vit quelqu’un dans une telle colère.

« Ne t’approche plus jamais de moi » disait-elle. « Je t’ai demandé une chose, UNE CHOSE! »

Suivit d’une longue et interminable sérénade.

Et plus elle criait, plus Ravage se sentait mal… ce n’avait pas été de son intention que de la blesser ou de violer son intimité…

Il essaya aussi maladroitement que possible de lui expliquer mais tout ce qu’il dit fut retourné contre lui. Et en PIRE. Et il ne pouvait certainement pas non plus lui dire qu’il la soupçonnait d’être une envoyée de Murmure… crainte fondée sur le fait qu’elle était arrivé de nulle part JUSTE au moment où la troupe s’était infiltrer dans le Temple, JUSTE au moment où les rumeurs sur Murmure réapparaissait, en plus de démontrer des qualités intellectuelles et verbales bien au-dessus de ce qu’avait montré les autres éveillés à peine sortis de le crypte.
Et puis la sérénade continua, mais devînt plus envenimer, méchante même.

Lorsqu’Ironie prononça le mot « ABRUTI », Ravage sentit la colère le gagner.

Lorsqu’Ironie prononça les mots « comme un sale voleur », Ravage sentit sa colère s’enraciner dans sa gorge et son estomac.

Mais lorsqu’Ironie impliqua Barde à tout cela… Ravage sentit la colère exploser, ce qui se manifesta par une gifle au visage d’Ironie.

Et à cette gifle, il sentit le goût du sang lui monter au nez, alors il partit au plus vite avant que la bêtise qu’était déjà cette gifle, se transforme en meurtre.

Mais il fallut qu’Ironie beugle derrière lui un « CONNARD! » vindicatif…

Et alors tous les symptômes du problème de Ravage se manifestèrent. Mains qui tremblent, goût du sang, déconnexion avec la réalité… envie de tuer.

Pendant quelques instants, il essaya de toutes ses forces de lutter contre elles… vraiment.
Mais il était déjà trop tard et son envie : d’une folie sanguinaire.
Alors il suivit les traces d’Ironie, et la joint à la chapelle. Lentement, un pas après l’autre, il gagna la porte.

Résonant dans la chapelle : « Puis-je vraiment lui en vouloir… Non, non » disait Ironie. « Mais il faut bien que quelqu’un lui donne une leçon » ajoutait-elle.

Ravage était rendu dans la pièce.

Puis Ironie s’allongea et s’endormit.

Ravage la fixa longuement.

Ravage renifla son odeur.

Ravage remarqua sa gorge toute belle.

Ravage s’approcha.

Ravage n’était plus Ravage.

« Ravage est partout », sauf dans le corps de Ravage.

Ravage dégaine.

Ravage s’apprête à plonger sa lame dans la gorge d’Ironie.

Puis Ravage s’arrête.

Une voix pleine d’échos murmurés, douce et cristalline, ferme mais gentille, venait de résonner dans sa tête.
« Ne fais pas ça. »

Ces mots résonnèrent comme un tremblement de terre et Ravage se sentit regagner son corps, commençant à retrouver une emprise sur ses esprits.

« La lumière, suis la lumière. »

Mécaniquement, lentement, absentement, Ravage se retourna. Son esprit toujours endolori, distinguait vaguement les pierres bénies qui fluoresçaient d’une lumière envoutante.

« La lumière. Va vers elle. »

Ravage écouta la voix et se rapprocha du halo, pas après pas, centimètre après centimètre, titubant, envoûté.
À distance suffisante, il sentit la lumière pénétrer son corps, comme une pluie qui lave de tout péché.
Elle l’apaisa, le réchauffa, lui donna une saine sensation de bienêtre.

La gueule couché sur le marbre glacé, l’oreille mordu par le froid, il contemplait l’une des pierres à quelques pouces de son visage. C’est magnifique pensait-il... Il s’en imaginait une énorme montagne flamboyante.
Et sur cette métaphore, il s’endormit d’un sommeil profond et apaisant.
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milinda

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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Jeu 25 Juin - 14:15

Neige, qui dormait dans la chapelle, fut bien sûr réveillée par tout cela. Elle décida que Ravage devrait suivre un traitement.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Sam 27 Juin - 19:06

Il était très tard dans la nuit lorsque Ravage rejoignit Rieur sur leur colline. C’était quelque chose de presque contractuel, une habitude qui s’était encré avec le temps, un autre symbole de leur amitié.

À son arrivé, Rieur qui contemplait le ciel nuageux tourna la tête pour lui afficher un grand sourire. Il remarqua bien vite que son ami était exténué et d’un geste spontané, tapota la terre à son côté pour l’inviter à s’assoir.

Alors que Ravage s’écrasait mollement sur la terre, Rieur tendit la main vers un petit fossé dans lequel les amis avaient enterré pour les refroidir, des fioles de liqueurs alcoolisées prisent aux servants de la Tour, quelques semaines plus tôt.

Et avant de briser le silence, ils trinquèrent une bonne fois, laissant leur visage se tordre par la force de la boisson, puis se tordre d’un sourire complice.

- Alors, commença Ravage. Une bonne journée?

- Satisfaisante. J’ai compilé les données que tu m’as fourni sur les diverses spécificités, caractéristiques et capacités naturelles-physiques ou supranaturelles-magiques des potentiels participants pour en arriver avec une théorisation méthodique de l’organisation d’une formation tactique maximisé, optimisé pour assurer une protection maximale desdits participants. Par la suite, j’ai aussi comptabilisé les ingrédients nécessaires à la maximisation, toujours, de nos capacités naturelles innées, nécessaire dans l’art de l’alchimie, pour des renforts d’armures dans le travail du cuir. Il ne me manque plus qu’à me tourner vers Manon de la Tour avec les parchemins vierges que j’ai récupérer ces derniers jours, et nous pourrons une fois de plus, développer tant notre force d’action et de frappe que notre potentiel défensif, passant par nos réserves individuelles d’énergies magiques pour les utilisateurs de ladite magie. J’ai ensuite réussit à développer une façon de calculé la durée de ces divers effets en observant la rotation du soleil et de la lune. Utilisant mon sort d’intelligence des arcanes en continuent à chaque fois qu’il disparaissait, sans m’arrêter de l’aube à l’aube suivante, j’ai pu noter que je pouvais l’utiliser vingt-quatre fois avant qu’une autre journée ne commence, ce qui veut dire, par un calcul d’une simplicité déconcertante, que la durée d’action desdits maximisations de nos capacités dure 1/24eme de journée. En considérant cela du point de vue du tacticien en moi, cela ne nous offre qu’une courte fenêtre où nous pourrons nous considérer comme maximisés.

Ravage se contenta d’acquiescer... juste d’acquiescer. Évidemment, il avait rien pigé mais il savait que s’aventurer plus avant dans des explications se terminerait par  beaucoup de frustrations des deux parties.
- C’est chouette ça.
- N’est-il pas? De ton côté? Une bonne journée?
- Bof.
- Bof?
- Bof… Je me suis réveillé dans la chapelle avec une saloperie de mal de crâne.
- Comment ça?
- Puis après je me suis dirigé vers Évigil.
- Mais pourquoi avais-tu un mal de crâne?
- Là-bas, Frappedur jouait encore avec son marteau et tapait dur sur son enclume. J’l’ai pas déranger d’avantage alors je suis revenu à Hautemaisons.
Rieur abandonna la charge.
- C’est tout?
- Bah non. J’y ai croisé Féline et on a parlé un peu.
Rieur talocha affectueusement l’épaule de Ravage.
- Ha! Je savais qu’elle te plairait.
- Ah non non non! Pas toi aussi!?
Rieur inclina la tête, arqua un sourcil et le regarda de manière de dire qu’il ne lui ferait pas croire le contraire.
- Non je t’assure! Bon… On se ressemble, c’est vrai… elle à un certain charme, d’accord…
- Tu t’enfonces beauté.
- Mais elle est aussi beaucoup trop têtue! Puis en plus, elle est agressive, arrogante, elle pense qu’elle va survivre seule dans ce monde… Non, je te dis!
- Oh… et tout ça ne te rappelle personne?
Rieur afficha son plus joli sourire, aussi narquois que possible. Ravage y répliqua en grommelant des mots incompréhensibles, sûrement pas très enjôleur.
- Bon… Ensuite?
- Bah ensuite, Harmonie s’est pointé, alors j’ai coupé court à la conversation. J’ai juste eu le temps de donner un os à Féline pour qu’elle survive un peu mieux, puis, bah je suis partie.
- Tu l’as aidé même si elle ne voulait pas de notre aide?
- Bah c’est ce qu’il faut faire non?
- Bien sûr! Mais tu m’épates… Avec Ironie et elle, tu te découvres des qualités altruistes ou c’est moi qui divague?
Ravage grimaça à l’entente du nom d’Ironie. Il se ressaisit immédiatement et continua à parler comme si de rien n’était.
- Bah… t’as été là pour moi et je te dois d’être plus heureux dans ma peau aujourd’hui. Puis faut pas oublier que ce monde est aussi violent, bête et méchant que le Trogg géant que nous avons vu… Je veux leur donner la chance que certains n’ont pas eue, c’est tout.
Les deux amis marquèrent une pause, saisirent d’autres fioles alcoolisés, trinquèrent à nouveaux, puis contemplèrent quelques secondes l’horizon du marais.
- Dis, est-ce que tu comprends de quoi voulait parler Féline par ne pas rentrer dans sa zone de confort, ou un truc comme ça?
À cette question, et ce surement en grande partie dû à l’alcool, Rieur s’esclaffa d’un grand rire.
- QUOI?
- Tu me fais marrer. T’as une bonne intuition pour plein de choses, tu peux me parler de comment égorger une proie pendant des heures, mais ça, tu ne le comprends pas!
- Ça et pourquoi les gens se fâchent quand je disparais… et apparaît près d’eux.
Rieur réitéra son rire qui résonna bien haut dans le ciel.
- C’est une simple question de respect Ravage! Tout le monde n’est pas pareil. Si toi quelque chose ne te dérange pas, ce n’est pas pour autant que ce sera la même chose pour ton prochain. Certains n’aime pas qu’on les colle, d’autres ne demandent que ça. Ainsi va la vie. Et plutôt tu l’auras appris, mieux tu seras accepté en société. On s’en cachera pas, le social, ce n’est pas ta force… pourtant si tu faisais juste un peu plus attention, tu éviterais bien des tensions inutiles…
Ce discours, Ravage l’avait déjà plus ou moins entendu. Mais avec les évènements récents, et parce que ce fut dit de la bouche de son ami, Ravage prit un temps pour considérer la chose. Peut-être avait-il raison? Peut-être qu’il ne comprenait pas vraiment les gens, peut-être était-ce tout simplement un manque d’intérêt pour la chose… peut-être allait-il faire plus attention à l’avenir.
-En parlant d’intuition… Après que je sois partie d’Hautemaisons, je me suis dirigé vers les terres de cendres.
-Et puis?
-Je m’étais dit que trois éveillés en trois jours… ça sentait la nouvelle génération. Un autre allait peut-être arrivé le soir même? Alors je me suis dirigé vers la crypte des éveillés et je me suis terré dans l’ombre sur une rampe qui la surplombait.
-Laisse-moi deviner, ton intuition s’est avérée juste?
-Ouaip! Bon, j’ai dû attendre plusieurs heures mais y’en a un qui a fini par sortir.
-Superbe! Comment est-il?
-Petit! *rit* Mais surtout très gentil. Méfiant au début, c’est normal, mais on a fini par très bien s’entendre. Là, il dort dans la chapelle. Je lui ai dit le nécessaire pour survivre. J’ai hâte que tu le rencontre.
Rieur acquiesça.
Les deux amis continuèrent à trinquer, et s’endormirent un peu plus tard.
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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Sam 27 Juin - 20:15

D’un côté, allongé dans sa tente, Tempérance nue dans ses bras : Rieur.
D’un autre, seul sur sa colline, étendu sur l’herbe humide, à contempler le ciel : Ravage.
Nos deux protagonistes ont eu une journée forte en émotion. Nos deux amis, n’arrivent pas à trouver le sommeil. Ils méditent.

Rieur n’arrivait pas à se sortir les images monstrueuses de leur rencontre de cette nuit. Tout le long de l’épopée, il en était presque sûr, il  avait affiché sur son visage les traits du sang-froid, pur et dur. Mais, la vérité,  c’était qu’il était tétanisé.
Tant de questions sans réponses reviraient à l’envers son esprit fatigué.  D’ailleurs, il n’était même plus sûr de vouloir ces réponses!  Et ce n’était pas uniquement dû à l’épisode de ce soir, mais à l’accumulation continuelle et récurrente d’informations glauque qu’il avait pu noter dans les dernières semaines.
1. Guérart, ce magicien « raté » et ténébreux qui projetait que son heure de grand retour triomphant était proche.
2. Flamme, qui lui avait annoncé malgré-elle qu’Irmansul désirait dévorer le monde, comme le feu, ne s’arrêtant que s’il est arrêté!
3. Murmure, évidemment, son temple, ses pouvoirs vicieux, les Troggs et toute la ritournelle!
4. Et maintenant ça! Ces affreuses créatures, suintantes et malodorantes, morbides mais vivantes, debout mais pourrissantes!?
Lorsqu’il les avait aperçu, il avait eu envie de beugler, de dire à tout le monde de reculer, mais il connaissait Ravage, connaissait Tempérance, et ces deux-là, rien n’aurait pu les faire changer d’avis. Mais voilà, avec leurs actions, le gnome qui semblait derrière tout ça connaissait leurs intentions… et c’était tout sauf positif.
Et tout cela, ça commençait à faire beaucoup à gérer… intérieurement, ça le stressait perpétuellement. Comme si le poids du monde pesait sur sa nuque.
Une étape à la fois, chaque chose en son temps! pensa-t-il.
D’abord, le temple avait-il rationalisé. Il lui fallait terminer les préparatifs, s’assurer du bon entrainement des nouveaux et maitriser ce sort de protection dont on lui avait tant parlé.
Rieur vida son esprit et finit par s’endormir bien plus tard.
….


- Féline… pensa Ravage.
Ravage ne comprenait plus rien à son propre comportement. La journée avait été pourtant si chargé pour lui. Lorsqu’il avait finalement assumé de se montrer à la chapelle, désarmé, Neige l’avait pris à part et avec elle, ils avaient discuté de son problème. Elle lui avait montré sa bienveillance, avait souhaité pour lui qu’il  maîtrise cette chose qui le possédait et s’était ensuite référer au cas de Blanche…
C’était à ça qu’il devrait être en train de penser! À la limite, à ces immondices des terres rouges…Pas à… l’autre petite chose… créature têtue et braillarde!
Mais chaque fois qu’il chassait son image de sa tête, elle revenait.
Vous auriez dû le voir sur sa colline, il fulminait!
Il ne comprenait rien…
Lorsqu’elle était apparue à la chapelle et qu’elle avait fait sa crise, c’était d’abord de l’incompréhension couplé à un peu de mépris qui l’animait à son égard. Cela ne l’avait pourtant pas empêché de la regarder avec des yeux tout attendri juste quelques minutes plus tard, lorsque, tous deux pris dans un élan verbales, à la limite de l’engueulade, elle avait dit qu’elle voulait qu’on le respecte.
Et rien n’était allé en s’améliorant quand ils s’étaient croisés sur ce pont et qu’elle était tombée à l’eau.  Sur le coup, il n’avait pas vu ce poisson vorace. Alors pourquoi avait-il sauté? C’était une grande fille qui se revendiquait à n’en plus finir comme autonome! Alors pourquoi cette faiblesse? Pourquoi avoir plongé. Certes, ultimement, ça avait été utile et nécessaire. Mais pourquoi, quand même?! Fallait plus…
Et pourtant…  rien de tout ça n’avait été autant paradoxal que lorsqu’elle était partie seule  vers Hautemaisons, et qu’il l’avait rattrapé, dépassé, puis qu’il avait déposé une peau d’ours sur sa route. C’était quoi ça, bordel? De l’affection? De la bienveillance!? Sans façon. Il avait mis cette peau là pour qu’elle glisse dessus. Oui voilà. Ce devait être ça…
T’es vraiment con pensait-il…
Bon d’accord, fallait assumer, il avait une petite affection pour elle. Mais pas de l’AMOUR! Non. C’était comme pour Limiia avec Shaton. Elle était une petite bête, sauvage, parfois ador—‘ parfois un tantinet ridiculement attachante.
Alors quand elle lui avait demandé si c’était lui, il avait nié en bloc. Ne fallait pas qu’elle s’imagine des choses quand même.
Bon…
D’accord. Il s’assumait.
Il ne voulait pas que du mal ne lui arrive.
Mais il ne s’appellerait plus Ravage si elle venait à le découvrir.
Alors si ça devait arriver de nouveau, ce serait fait tout aussi subtilement! Nah!
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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Dim 28 Juin - 21:44

En se réveillant à l’aube, le lendemain, Rieur et Ravage se retrouvèrent dans le camp, près des flammes mordantes et crépitantes qui brûlaient au centre d’Hautemaisons.

Si la veille avait été chargé, ils savaient qu’aujourd’hui le serait tout autant.

Alors, avant qu’une autre journée exténuante ne commence, ils s’accordèrent une petite demi-heure pour se réveiller et discutèrent de choses et d’autres, faisant le point sur la situation.

De cette discussion, seules quelques informations importantes ressortirent.

Tout d’abord, Ravage avait informé son ami de ce qu’il avait entendu la veille concernant Tempérance et son désir que Rieur ne maitrise certains sorts.

À cette nouvelle, les plans de Rieurs pour la journée furent immédiatement modifiés, il devait maintenant se renseigner sur lesdits sorts.

Ensuite, à son tour, il demanda à Ravage comment c’était passé sa mission avec Frappedur concernant les nouvelles armes. Et Ravage baissa la tête, déçu.

Il expliqua qu’en les recevant il était bien heureux du résultat mais qu’après quelques tests contre des bêtes de tout genre, les résultats s’étaient montrés en fin de compte bien décevant. Les lames, bien que retapés, présentaient encore beaucoup de lacunes. Elles s’effritaient à vitesse grand V, les lames tremblaient dans leurs socles, des imperfections dues au mélange des minerais de cuivre et du fer originel avait créé des surfaces rugueuses et peu tranchantes.

-Mais je pense qu’il y a encore un moyen, avait-il ajouté. Dans les mines au Nord, celle où se trouve les araignées, il y a un minerai que je n’ai encore jamais vu.

-Et tu penses qu’il serait d’une grande efficacité?

-Je le pense oui. Du moins, ça vaut la peine d’essayer.

-Et pour l’entrainement des nouveaux?

-Je le reporterai a demain. Ou alors, tu peux aussi trouver quelqu’un d’autre pour le faire?
Rieur réfléchit un instant.

-Bon. Je verrai ce que je peux faire. Tâche simplement de ne pas t’énerniser.

Ravage acquiesça.




Et  c’est ainsi que toute la journée durant, Ravage s’appliqua à péter de la roche, encore, toujours, à en saigner des mains, a en transpirer comme un porc.

De son côté, Rieur était allé voir Abercrombie. Mais ce dernier ne put rien lui révéler de plus sur lesdits sorts. Cependant, il lui recommanda d’aller voir Tempérance, comme c’était elle qui en avait premièrement parlé.

Et c’est ce qu’il fit. À la tour, il eut une longue conversation avec elle en résultante de quoi il avait simplement appris le nom des sorts et qu’il fallait s’inspirer de son sort d’ armure initiale pour les créer.

Il eut ensuite une conversation avec Neige sur la possibilité d’un enchantement grâce à la lumière et c’est là qu’il apprit le terme « bénédiction ». Il cogita sur tout ça, puis, essaya quelque peu ce que lui avait appris Tempérance, sans résultat, ce à quoi il rentra à Hautemaisons, bredouille.

Du côté de Ravage, ce n’avait pas été bien plus fructueux. Après des heures de minage, de combats acharnés contre les araignées, il avait réalisé qu’il n’était pas encore apte à prendre le nouveau minerai. C’était peut-être par manque de pratique, mais quoi qu’il en soit, il n’aurait pas le temps de faire cela avant l’expédition, aux vues des autres obligations qu’il avait.

Sur la route du retour, il passa par les terres rouges pour une simple vérification et vit que les créatures dégueulasses de la veille n’était plus là! Sentant le devoir l’appeler, même s’il était exténué, il fit un tour à la chapelle, en informa Harmonie, Perspicace et Féline, puis, retourna à Hautemaisons s’écraser mollement sur sa colline.
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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Lun 13 Juil - 4:39


Influencé par l’abus physique de son travaille dans la mine, de celui du travail à la forge, de celui de la traque puis du travail du cuir, de ses entrainements toujours plus exténuants, de sa veille interminable sur la crypte, de ses responsabilités sans cesse grandissantes et de ses contacts répétés avec de nouveaux éveillés, la personnalité de Ravage, cela va sans dire, évoluait. Ses sauts d’humeurs et son « problème » devenait de plus en plus rare, sa loyauté et sa dévotion pour autrui de plus en plus ferme et son agilité verbale de plus en plus assurée.
Certes, elle n’égalait ni celle de Rieur, ni celle d’Ironie et de par le plus lointain, celle de Tempérance. Mais ses propos faisaient maintenant preuves de plus de nuances. Parfois, même, il s’aventurait à des métaphores, voir, aussi, à quelques théories d’une certaine profondeur.
Vraiment, le contact humain dont il s’était donné la permission ces derniers temps l’avait servi beaucoup plus qu’il ne l’aurait pensé. Lui si méfiant de nature, lui si instable de comportement, atteignait lentement mais sûrement, l’âge de raison.
Et qui aurait cru que le jeune elfe aurait un jour pu s’attacher? Au tout début de sa nouvelle existence, sa vie n’avait été que l’enfer de la solitude, le trépas de la bestialité, l’assouvissement puéril de pulsions meurtrières… puis… il y avait eu le cas : Rieur. Celui qui l’avait pris sous son aile, qui lui avait appris les mots « confiance », « amitié », « entraide ». Mais cette rencontre devait rester exceptionnelle pensait-il alors…
Peut-être est-ce parce que les comportements de la raison aiment à être fait de paradoxes et de contradictions… mais le moins qu’on puisse noter est que sa vie avait prise, toutes, sauf cette indicative.
Et aujourd’hui, malgré un froid entre eux deux, il savait que Barde le névrosé se trouvait à son côté. C’était là sans mention d’Harmonie l’aguicheuse, de Limiia la gentille renfermée, de Papillon II la troisième du singulier, de Perspicace le douillet, de tout récemment, Nuktela la broyeuse d’échine…et surtout de Féline… la casse-couilles…adorable…colérique…désirable…tête de pioche…au regard renversant… … …
Et malgré ces petits surnoms affectueux qu’il se gardait bien de ne pas dire à haute voix, son plus grand étonnement était de savoir les autres le tolérer tel qu’il est, malgré ses défauts, ses problèmes et ses comportements dérangeants.
N’est-il pas étrange comment l’amour de ses pairs peut agir sur un être? Dans le cas de Ravage, tout du moins, on pouvait noter une franche maturation –dans la mesure du possible pour un aliéné de son espèce- et surtout, le sentiment d’une identité naissante.
Il n’est pas toujours facile de trouver sa place dans un monde. Encore moins lorsque celui-ci est déchiré par la guerre, la mort et des ennemis de la vie, toujours plus nombreux.
Mais depuis qu’il s’y adonnait, Ravage s’était enticher du rôle de veilleur. Lentement mais sûrement, il comprenait l’importance et le sentiment d’accomplissement que lui procurait l’aide à autrui.
Ce serait fait à sa manière, parfois par des détours sinueux, souvent par la force de conviction de la peur, car le chant que lui inspirait l’idée de veilleur sur la vie des éveillés, résonnait dans son esprit, avec d’avantage de force que jamais.
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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Mar 28 Juil - 2:50

En plein centre d’une tente, situé au cœur des hautes maisons : Ravage.
Cloué au lit par une fièvre débilitante, des images en flashs désordonnés lui tambourinaient l’esprit sans relâche.  

Parfois, il lui arrivait de brefs moments de lucidité dans lesquels ses yeux s’ouvraient faiblement, avant de se refermer tout aussi tôt. Il se remettait ensuite à trembler. Dans ses pires temps, il se redressait, hurlait, puis retombait mollement, psalmodiant des choses incompréhensible ou projetant quelques rictus absurdes.

Inquiète et déchirée par toute l’histoire, Féline, à son chevet, essayait tant bien que mal de le rassurer, et pour ce faire, lui susurrait quelques mots à l’oreille, tamponnant parfois, doucement, son front de perles, d’un linge humide.

De toutes les images, de toutes les sensations, et de toutes les paroles de celle qui le regardait avec pitié, l’esprit de Ravage ne retiendrait rien.
Peut-être repensait-il à l’énigme qu’il avait résolue et de laquelle il avait pu trouver une terrifiante arme.
Peut-être repensait-il au serment qu’il avait prononcé avec Féline, devant la dame verte gigantesque. Ou a cette étrange vision qu’elle lui avait offert en « présent ».
Peut-être, même, pourquoi pas, pensait-il simplement, à tous ces gens qu’il appréciait.

Ou alors était-ce plutôt à tous les souvenirs forts qu’il avait vécu aux côtés de celle qu’il aimait secrètement. Leur nuit sous les étoiles? Leurs rires entremêlés, leurs chamaillades pleines de non-dits, leurs pulsions non-avoués, leur retrouvaille, un baiser…

Personne ne le saurait jamais… sinon le papillon des rêves.


Quoi qu’il en fut, à son réveil le lendemain, ce qu’il vît, nulle doute, fut réel.

Cela commença comme un vague souvenir. Une histoire contée depuis les limbes. Il se revu marcher jusqu’à Hautemaisons, revenant de la forêt sombre, d’où il avait persévérer dans la besace demandé par Rieur.
Il avait monté la rampe d’une tente. Perspicace y trônait comme un chef. Il y avait vu cet étrange amas de poils le bousculé, avant de disparaître dans l’obscurité.

Il y eut ensuite des aveux, des fragments de réponse… un Perspicace protecteur et bienveillant, qui parlait la langue d’Énigme.

Un Ravage qui disparaît, qui cherche les autres fragments.

Arrive Neige, escorté par Limiia… et avec elles, les réponses : Féline.

Emmitouflé dans une peau d’ours, de larges brûlures sur la peau, elle tentait de se cacher de lui.
Il entendit son histoire. Les horreurs du Pokpok. Puis ce fut le vide, le néant, le souvenir s’arrêta.
Plus tard, lorsqu’il s’extirpa enfin du lit, Féline l’attendait au dehors, le visage gonflé d’émotions.
Elle lui expliqua tout ce qui c’était passé. Sa colère, la maison de Limiia mit à sac, sa tentative pour lui extorquer la clé, son évanouissement.  Le dilemme qui en fut généré, les conversations autour de lui, la colère qu’il engendra chez Limiia…

Mais on le rassura aussi sur le fait qu’il n’était pas seul. D'ailleurs, du regard doux de son amie, il put remarquer l’étrange dévotion dont elle faisait preuve à son égard. Il l’a remercia pour cela, et de tout ce qu’elle avait fait. Par de de petits gestes anodins, ils se rapprochèrent, encore.
Puis, d’un au revoir précipité, il partit, déposant un baiser sur sa joue, avant de ne disparaître dans la pénombre…

Elle rougit.

-RAVAGE! TU SAIS QUE JE N’AIME PAS QUAND TU DISPARAIS COMME ÇA!

Ce fut les mots qu’il entendit avant de s’enfoncer dans la noirceur de la nuit, à la recherche d’un peu de silence, pour méditer.
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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Jeu 30 Juil - 5:20

Hautemaisons est toute endormie.

Seul, dans le silence de la nuit, Rieur sort de sa tente, pour rejoindre, lentement, la stèle d’un défunt ami…  

Au seuil de la terre,  là où quelques lierres montent sur la croix faisant office de memoriam  au jeune gnome, Rieur y dépose quelques cœurs solaires pour ensuite lui adresser un silence respectueux.

Le temps passe alors, lentement ;  le marais dégorge ses quelques exhortations animales.
Rieur tourne la tête et cherche d’un coin d’œil. Peut-être que l’autre fou rôde toujours…

Mais non, rien. Aucun mouvement suspecte, hormis du vent qui se frotte sur les feuilles.

Pourtant, Rieur n’est pas rassuré…

Il sait qu’à quelques lieux à peine, un Temple gigantesque et sombre, regorge de terrifiants mystères.

Un miaulement sourd retentit... et l’extirpe de ses songes.

Ce n’est qu’un traqueur, au loin… rien de plus.

Rieur prend donc une longue respiration et ferme les yeux. Il sent l’air humide pénétrer son organisme et le calmer un peu… de ses peurs récurrentes. Car oui, le sait-il bien, contrairement quelques-uns déclarant leur âme comme inaliénable, le jeune elfe, lui, était de plus en plus souvent effrayé.

Il craignait pour sa vie, surtout  pour celle de sa « famille ». Il craignait les forces maléfiques qui lui lacéraient ses souvenirs. Il craignait le souffle hardent d’Irmansuul, craignait les voix pernicieuses du Murmure, la puissance quantitative des vivant-morts. Bref… il craignait la plupart des manifestations obscures de ce monde.

Une grave faiblesse… L’elfe pâle avait longtemps perçu la chose ainsi.

Mais le temps fit son œuvre.

Jusqu’à ce que, tout récemment, les aléas de l’existence ne fassent qu’il soit nommé chef de sa communauté. C’est alors, et seulement dès lors,  qu’il comprit enfin que sa « faiblesse » n’en était une qu’à condition de se laisser écraser par elle.

Et c’est pour cela que Rieur décida d’en faire une force… Était-ce possible? Indéniablement.
Il savait qu’il ne pourrait jamais s’insensibilisé de sorte à faire taire les voix de la peur.

Peut-être…

En revanche, ce qu’il était convaincu, c’était qu’en comprenant les mécanismes de cet affreux sentiment, il pouvait en extraire du positif.

Et c’est ce que, dans les dernières semaines, il s’était attelé à faire.

Bien avant sa nomination, alors que la menace « Trogg » grandissait, l’elfe avait poussé son ancienne chef et quelques amis, à lancer une expédition en son sein.

En suite des informations qu’ils obtinrent, il avait pris la charge de mener à bien l’extermination de ladite menace. Et c’était nulle chose autre que la peur que générait tout ce qu’il avait appris sur le Temple et son murmure, qui le força à agir. Mais pas de manière irréfléchi, non. Patience avait été pour lui mère de sureté. C’était petit pas par petit geste, que depuis, il en avait fait sa principale occupation, préconisant le moindre détail, s’assurant minutieusement qu’aucun membre de sa famille ne soit tué.

Par la suite, alors qu’il devait patienter l’entrainement et le retour de quelques éveillés, il s’était également chargé de déléguer quelques tâches.

Ainsi, Ravage récupérait des armes. Et alors que l’on apprenait plus tard que la bénédiction de la sainte lumière –gracieuseté du savoir du Maître et d’une discussion entre Ironie et Rieur- pouvait prévenir des horreurs psychiques du Murmure, il avait également prévu de l’envoyer à la dernière minute, les faire recevoir ce traitement.

Puis, quelques jours plus tard, il était nommé chef. Ce fut l’effet d’une bonne claque, vive et tonifiante. Pourquoi lui?.. Pour différentes raisons qui encore aujourd’hui, lui apparaissaient obscures.

Mais au final, peut-être avait-ce été pour le mieux. Ce rôle, il l’avait embrassé, si y était dévoué, et ce, bien évidemment, avec l’aide non négligeable de quelques amis qui surent le motiver.
Ainsi, Harmonie, bien qu’instable de comportement et de réflexions, l’avait beaucoup inspiré dans sa force de caractère à vouloir faire bouger les choses. Et ce n’était pas la seule…
Cependant, l’on s’égard du sujet : la Peur.

De ses nouvelles prérogatives, encore une fois, ce fut de la peur que lui inspiraient les forces lupines et les images terrifiantes de voir ses frères tombés sous leurs griffes qui l’avaient poussé à pactiser avec la ville de Croc-Noir.  Maintenant, tous les éveillés pouvaient y passer sans que le sang ne soit verser. En charge de revanche, il avait pris toute cette responsabilité sur ses épaules… et devait maintenant vivre avec le stress que l’un d’eux ne commette une bêtise.

Plus encore, l’égide de la peur avait généré la même réflexion concernant Évigil. Apprenant qu’une certaine tension existait entre les deux communautés, il prévoyait donc d’agir en conséquence, et ce, pour éviter une guerre inutile et que le sang de l’innocence n’entache sa conscience.

Pourtant, il n’eut rien à faire. Les circonstances de la vie menèrent Monamie et Ravage à se rencontrer. De cette rencontre, émergea une forme d’amitié ou à tout le moins, de respect entre les deux protagonistes. Et alors que Ravage offrait à cette dernière quelques outils et conseils qui lui semblaient nécessaires, la jeune Draeneï formula une requête à Frappedur, qui résulta en une magnifique épée. Cette arme, par le non-dit, scella pour de bon, une forme nébuleuse d’alliance entre les deux communautés.

Concernant le terrible seigneur de flamme, Rieur, encore une fois, éprouva une sinueuse crainte. Malheureusement, semblait-il à son esprit, il n’exista aucun moyen de s’en défaire par l’action.
Par des moyens plus subtils, il fit part de cette crainte aux autres membres influents de la communauté, et demanda à ce que, à la fois Flamme et à la fois Roparzh,  soit misent sur surveillance.

Il sut plus tard que Ravage avait pris l’avertissement très au sérieux, et avait réuni quelques informations sur le nain, qui, pour l’ensemble, éclaircit son jugement, autant sur le petit être que sur l’affreux seigneur qu’il servait. En ce qui concerne Flamme, il apprit également, toujours de Ravage, que la jeune elfe était persuadé d’assoir une influence sur le gigantesque humanoïde de flamme. C’était là, une affaire à suivre, pensait-il…

Cela nous mène finalement, au moment présent.  L’elfe pâle médite sur tout cela. Devant la stèle, il prononce quelques mots d’au revoir, puis retourne vers les siens, ronflant en synergie.

Longeant le corridor de terre foulée, il vînt s’écraser auprès du foyer. Pour la prochaine demi-heure, il profita de sa chaleur, se blottit dans son alcôve lumineuse, pour que l’instant si bref soit-il d’un court répit, puisse-t-il laisser tout le stress accumulé quitter son esprit fatigué.

Le sommeil le gagna lentement. Le silence était d’un doux réconfort. Ses paupières devenaient lourdes.

Il entrevu dans une vision désordonné, une scène qu’il espérait arriver un jour. A ses côtés, il imaginait toute Hautemaisons, rire et se complaire d’un bonheur léger… soustraite aux lois obscures et aux maux de ce monde.

Le temps d’une pensée, il revînt à la réalité, et pensa qu’il serait peut-être bon de se trouver un bras droit, un conseiller avec lequel il pourrait partager son stress et son fardeau.

Il y a de cela quelques semaines, il avait fait part d’un grand projet à son ami, l’elfe veilleur. Si ce dernier arrivait à terme, cela changerait très certainement le rythme de vie de la communauté. En ce sens, et avec tous les autres projets que cela sous-entendrait et dont il aimerait voir la pérennité, il savait qu’il ne pourrait tout prendre sur ses épaules…

Il lui fallait un bras droit, un conseiller, avec qui partager son stress et ses responsabilités.
En passant en revue les membres suffisamment conscient du monde et ayant démontré quelques qualités remarquables, voici la conclusion que le jeune elfe obtînt.

Ravage, Féline et Harmonie étaient de la même catégorie. Trois vaillants « héros », courageux et loyaux,  avec quelques éclairs de génie, mais dont l’inconstance caractérielle et la « sanguinité » du comportement les barraient d’office du rôle. Évidemment, ils pourraient se voir chargé de multiples autres responsabilités… mais de ce rôle, au grand jamais.

Limiia, Barde et Papillon, trois personnes au noble cœur, à la sagesse, parfois, surprenante, et dont la sensibilité face au monde les qualifierait normalement comme tout à fait légitime au poste, avaient tous, malheureusement, une facette de leur personne qui les « limitaient ».

La sensibilité de Barde et de Limiia étant trop grande, elle les rendait vulnérable à leurs états d’âme. Le premier basculant perpétuellement entre euphorie et dépression, et la deuxième, dans une morosité triste.

Concernant la troisième, le « flou » mystique qui l’entourait la rendait difficile à suivre, à saisir, et ce, en plus de sa manie déroutante de se cacher et de disparaitre pour ne nombreuses semaines.

Au final, donc, de ceux potentiellement légitime, il restait Perspicace et l’Inconnu.

Ce dernier, cet Inconnu, venait tout juste de revenir à Hautemaisons. Cependant, parait-il, qu’il était déjà éveillé avant lui. Du court entretien qu’ils eurent, Rieur en sortit avec une bonne impression. La personne semblait calme et songer, et peut-être que le fruit de sa méditation, art que l’elfe pratiquait quotidiennement, avait fait de lui un être sage et porteur de bons conseils.
Mais cela n’était que matière à spéculation, et pour l’instant, son cas restait en suspens.
Par contre… arrivait-on à Perspicace.

Cet étrange gnome, curieux et bavard…

Rieur se rappela ce que lui avait initialement rapporté Ravage sur lui. De tous les éveillés dont il avait eu la charge de s’occuper à l’éveil, le gnome avait été le plus attentif à ses avertissements sur le monde. C’était là, déjà, la prémisse de sa principale qualité : la perspicacité.

Puis par la suite, il apprit également sa passion de la découverte… autre preuve d’une curiosité débordante. Une autre qualité essentielle à tout bon bras droit et conseiller.

Mais celle la plus remarquable, ce fut de remarquer son dévouement.

Que ce soit lorsqu’il protégea Féline du Pokpok ou qu’il ramena un paquet à Limiia, Perspicace démontrait une dévotion à l’ouvrage qui se liait d’amitié avec de la férocité.

Et ça, en plus de ses autres qualités, laissait à Rieur envisager le meilleur quant à sa « candidature ».

Cependant, le gnome manifestait aussi un intérêt tout particulier pour la tour.

Seul l’avenir, pensa Rieur, pourrait nous en dire plus.

Et c’est à ce moment qu’il s’endormit.
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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Ven 7 Aoû - 20:44

La lumière d'un soleil du midi lui foudroyait les yeux, les lames qu’étaient les brins de gazon lui picotaient le corps et pourtant, le jeune elfe resplendissait d'un sourire de pur bonheur.
Au plus profond de lui-même, pour la toute première fois de son existence, un sentiment de sérénité totale le gagna.

Tellement et si bien, que, de petites larmes de joie vinrent se blottir entre ses cils ; son corps tout entier frissonna de ce nouvel état.

La seule question qui pourtant restait sans réponse était à savoir pourquoi il avait attendu si longtemps avant d'agir.

Mais cette réponse ne viendrait jamais et ça n’avait plus la moindre importance.

De son jemanfoustime naturel, Ravage se contenta d’un rire naïf et  tonitruant, et ce, avant de s'appuyer contre le chêne sur lequel il était étendu pour se relever. Ensuite, l’elfe  s'étira quelques vertèbres, bras tendus vers le ciel, puis avança de quelques pas jusqu’au sommet de la crête. Là, sans hésiter, il  piqua une tête dans les profondeurs du fleuve qui se trouvait là, celui-là même qui formait la frontière entre la forêt verdoyante et la forêt sombre.

À l’arrivé, son corps percuta l'immensité bleuté de manière à ce que la seule force de la chute l'emmène au centre parfait entre eau, terre et air.

Là, cambrant le dos, il s'immobilisa en  exerçant les mouvements minimaux de son maintien à niveau.
En peu de temps… la sensation de bien-être s’agrandit encore. L’eau était un endroit qui calmait superbement son esprit hyper-actif.

Le silence... :
reposant.

La paix... :
de son monde intérieur.

La tranquillité... :
d'une nouvelle vie qui s'annonce.

L'elfe ressentait l'équilibre des forces naturelles qui l'entourait.  Il sentait leur douce harmonie, leur force et leur symbiose. Ce n'était jamais arrivé encore... le monde se pâmait de nouvelles couleurs, alors que lui : renaissait.

Et juste alors, il ouvrit les yeux.

Devant ce même regard, se dessinait une vision féerique.

Sous lui, les limbes mystérieuses, violacés et sombres des profondeurs marines ne lui faisait plus appel. Autours : l'oubli du monde, l’eau était calme. Mais au-dessus, l'azur incandescent d'un halo qui miroite sur un ciel de vagues lui inspirait une envie irrésistible de remonter.

Et c’est ce qu’il comptait faire quand soudain, cette scène étrange le foudroya d’une impression de déjà-vu. Oui… la vie offrait à ses yeux une superbe métaphore.

C’était ça..! Exactement ça!! L’épopée de la chapelle…

En effet, Ravage s’était retrouvé coincé entre deux mondes, deux forces diamétralement opposés et qui, au moment des faits, l’attirait toutes deux avec autant d’envoûtement.

D’un côté il y avait  neige, de l’autre, un murmure rauque et sinistre.

D’un côté il y a avait eu un sourire bienveillant, de l’autre, l’appel d’un sombre pouvoir.

Et Ravage au milieu, éperdu, confus et tiraillé ; frissonnait de peur.

Neige lui avait alors demandé de faire son choix. Et lui, répétait qu’il l’avait déjà fait.
Elle lui expliqua sereinement que parfois, l’inconscient luttait contre la volonté, et qu’il fallait faire preuve d’encore plus de force dans sa détermination.

À l’idée qu’il n’en avait peut-être pas suffisamment,  l’image de Féline lui apparut comme si le destin voulut s’en mêlée. Son magnifique sourire lui pinça le cœur. Son regard éperdu lui foudroya l’estomac… Bordel, comment puis-je être aussi faible, pensait-il.

C’est alors qu’il rouvrit les yeux et qu’il les plongea dans ceux de Neige. C’était ce genre de regard que l’on n’oublie pas, le genre qui exprimait une décision formelle et sans-retour.

L’elfe se leva et prononça d’une voix tranchée son désir que la Lumière ne l’aide. Il ne s’attendait certainement pas à ce que ce soit vite exaucé, et encore moins avec autant de panache.

Venu d’on ne sait où, une lumière doré et magnifique engloba toute la pièce. Ravage fut saisit par sa beauté et son atmosphère bienveillante, si bien qu’il n’aperçut pas de suite l’autre manifestation dans la pièce. Non, ce fut le regard pincé de Neige qui le lui avertit.

Effrayé de ce qu’il allait trouver, le jeune elfe tourna la tête d’un mouvement saccadé et tremblant. C’est là qu’il le vit…

À deux pouces de lui, genou plié, un être vaporeux, spectral,  drapé d’un sombre atour, se profilait. Redoutant le reste, figé sur place, Ravage observa l’être gronder quelques mots incompréhensifs, avant de  relever la tête … Un visage elfique, des cheveux d’ombres se dévoilèrent. Mais de tout ça, l’élément le plus marquant fut son regard. Entre le violet et le bleu, brillant d’une énergie obscure,  l’elfe repentant pouvait y lire les milliers d’atrocités que l’autre avait commises.

-GraaAHhhhh, avait déglutit l’elfe sombre.

Visiblement, la Lumière faisait effet. Et à mesure qu’elle asseyait son emprise, Ravage aussi commença à perdre le fil. Sa vision devint floue, son esprit divagua. Tout ce qui lui restait comme mémoire de ce qui avait suivit, c’était : quelques flashs lumineux et des bribes de paroles.

« Pense a...Pouvoir…Sombre... Ne fais pas ça! Ne NOUS fait pas ça!... Embrasse la mo… DRAKOM! »

Lui-même, semblait-il, avait dit à son tour quelques choses… : « Disparais! Que la Lumi… »

Mais lorsque mémoire reprit ses droits, l’elfe ténébreux avait  simplement disparût. À son endroit, une poussière, comme des cendres de papyrus encore fumante et brillantes, prenaient place.

Ravage tourna la tête et ses yeux encore fatigué, hésitants, virent la chose. Une sphère lumineuse flottait en l’air. Elle prononça ces quelques mots d’une voix magnifique et apaisante :

-Drakom…  un bel et grand avenir t’attend.

Elle réutilisa ses mots à l’encontre de Neige, puis… disparut.

----
De retour au présent, Ravage refît surface. Le soleil vint lui cajoler le visage et il prit une longue inspiration. Nageant à grandes brasses, il regagna la berge sur laquelle il s’affala de tout son long. Le ciel était d’un bleu magnifique, les oiseaux chantaient, les arbres dansaient au gré du vent.
Il était heureux… tout simplement heureux.
La veille, Féline et lui s’était dévoiler après des semaines d’hésitations. Leurs sentiments étaient pures, sincères et passionnés. Ils s'étaient formé par la sagesse du temps et par la vaillances de leurs actes.
Et donc, Ravage planait.
Peut-être que le futur allait enfin tourner dans le sens du bonheur et de la paix, pensa-t-il…

Mais à cette simple idée, les souvenirs du monde et de ce qu'il en savait refirent surface.

Son visage se déconfit légèrement.

Il se rhabilla prestement, rangea brusquement ses armes dans leur fourreaux avant de marmonner solennellement.

« Non. Le monde est rempli de ténèbres. Espoir naïf est la paix… Mais je vais me battre pour elle! Oh oui! Il ne sera pas dit que je n’aurais pas essayé»


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Kazael

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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Sam 8 Aoû - 5:35

Un vent de fraicheur balayait le marais, caressant les feuillis pour en produire une unique mélodie, calme et reposante.

Dans ce même état d’esprit, Rieur faisait son éternelle marche-méditative, à travers les ronces et les futaies,  en dessous des ombrages des grands arbres pleureurs.

Enfin, pour la première fois de la soirée, son esprit gagnait le calme. Ça n’avait définitivement pas été facile que d’endurer le brouhaha incessant du conseil d’Hautemaisons. Pire, les interventions intempestives d’Harmonie (qu’il surnommait intérieurement Discorde) et les fureurs mal-dissimulés –bien que partiellement justifiés - de Féline, avait failli lui coûter plusieurs semaines d’efforts dans le maintien de leur relation.

Cependant, à la manière du beau temps qui survie à la tempête, quelque chose de positif en était ressortit. Étrangement, ce fut même grâce à Féline.

Cette dernière, en effet, était venue voir -dans un excès de zèle- Rieur qui avait fait mander Perspicace,  puis les avait interrompu dans leur conversation, pour exprimer une longue plainte de râles et de déception… envers sa propre attitude, proclamant a qui veut l'entendre qu'elle quitterait Hautemaisons dès le lendemain.

Évidemment, Rieur et Perspicace s’étaient mandater de la résonner. Et ils pensaient avoir réussi lorsqu’elle les quitta pour rejoindre le camp.

Cela dit, dans les aléas de la conversation, Rieur lui avait promis qu’elle n’aurait plus à assister à aux conseils diplomatiques, ce qui sembla réjouir la jeune éveillée. Qui aurait pu croire que de cette promesse exprimer par qui-vive, une idée allait ressurgir?

À partir de maintenant, Hautemaisons allait avoir un conseil restreint! Telle était l’idée. Rieur avait bien tenté d’assumer un rôle plus passif, jugeant qu’une attitude autoritaire était complètement déplacé… mais, de manière récurrente,  la vie lui avait signifier le contraire. Ce n’était plus seulement Blanche qui m’était en doute son autorité, mais maintenant Monamie… mais pire que tout : Neige. Alors oui, peut-être avait-il été trop douillet, trop gentil. Peut-être avait-il souhaiter pour les siens d’être plus autonome. Sauf qu’il ne pouvait se voiler la vérité plus longtemps. Les choses devraient changer, se structurer et s’épandre.

Pour cause, ce soir même, un deuxième membre allait rejoindre le conseil … peut-être.

C’est ainsi que Rieur et Perspicace s’était rassis sur la colline, où ils continuèrent de discuter en se gavant d’hydromel.

L’elfe n’arrêtait pas de poser des questions, et le pauvre gnome d’essayer d’y répondre.

Et de le faire avec brio qui plus est!

Ce qui amena Rieur à le pousser vers un ultime challenge : tuer dans l’œuf tout conflit potentiel qui aurait pu émerger dudit conseil, entre Hautemaisons et Évigil.

À demi-hilare et sans lui dire tout de suite, il amena le gnome jusqu’aux portes de la ville-forteresse. Là-bas, après avoir convenu de ce qu’il fallait faire, ils entrèrent dans la demeure de Monamie. À l’intérieur, le gnome vint se positionner près de la Draneï visiblement mécontente, et Rieur, derrière lui, à distance d’écoute.

À part quelques interventions, c’était au gnome que l’on devait d’avoir « régler » (pour ne pas dire « alléger ») la situation.

En effet, le petit être bavard et fait de poils,  avait fait preuve d’une rhétorique quasi-implacable, avait su parfaitement rebondir sur des éléments que Rieur lui avait lancés, et même, arrondir les coins drus au moment opportun.

Décidément l’elfe était satisfait de son intuition ; Perspicace ferait un excellent conseiller et une aide d’une préciosité certaine.

Et même s’il ne sembla pas d'une même avis -peut-être était-ce de la modestie- le concernant, lorsqu’il comprit que la proposition de son chef était sérieuse, la petite boule poilue fit les yeux ronds et fini de s’exprimer par exclamations bienheureuses.  

C’est sur ces sautillements bienheureux que s’achèva l’épopée de la création du conseil restreint.

Le gnome regagna Hautemaisons, l’elfe partit méditer.
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Kazael

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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Jeu 13 Aoû - 8:38

C’était encore Almonen qui en avait eu l’idée. S’approchant délicatement de l’eau, elle y avait trempé un pied avec grâce et légèreté, avant qu’un large frisson ne la gagne. Sur l’infinité bleutée, le touché créa de craintives auréoles semblables à des vagues à l’âme,  qui se dispersèrent ensuite aussi vite et brusquement qu’une pluie d’orage.  

C’est une belle image pensa Ravage, tapis dans l’ombre, alors que la brise chantante fit danser les cheveux sombres de la jeune femme, brisant l’image, lui donnant un rythme et une portée.

C’est en craignant probablement d’attraper froid, d’ailleurs, que l’image continua de se mouvoir, car  Almonen,  qui ignorait tout de sa présence, rejoignit Curieux et Papillon, qui dormaient dans la bâtisse de bois, les talonnant.

Mais Ravage n’avait pas sommeil, et il doutait fort que de toute façon, sa présence n’esquisse le moindre sourire. Toute la soirée, les fusionnels nouveaux l’avaient ignoré avec un dédain royal.

Alors il s’approcha de l’eau et se blottit contre le rivage. Ses yeux fatigués montèrent vers les cieux et s’arrêtèrent sur les étoiles. Et il resta ainsi… longtemps, très longtemps, laissant tomber ses mortes paupières qu’en de rares occasions, comme s’il en soutirerait un quelconque répit.

D’ailleurs, en les rouvrant à un moment donné, Ravaga nota que quelques heures avaient passé, à la manière qu’une seule minute se voit consumé par la nonchalance inévitable du monde.

L’elfe remarqua aussi, et sitôt, que le ciel s’était quelque peu assombrit, que la lune, grondant une ronde, déclinait vers la chute de son règne. À ce moment de l’histoire, l’éveillé était  terriblement fatigué, et donc son visage, paradoxalement, transpirait de sérénité.

C’était toujours comme ça avec lui… de toute façon. Ses seuls moments de non-inconfort étaient ceux précédents l’effort, lorsque son énergie débordante le quittait. Alors et seulement là… ses idées devenaient claires, son impulsivité disparaissait et son sang arrêtait de lui fondre les neurones.

C’était aussi dans ce genre de moment, que les détails les plus insignifiants –et donc les plus importants- lui sautaient au visage. Comme exemple symbolique, ce n’est qu’alors qu’il nota à quel point la vue était terriblement belle à l’endroit. La nuit tardive s’était drapée de ses plus belles coutures. La lune, maline et basse, ruisselait encore sur le lac d’une clarté époustouflante, et les arbres, immenses, sur l’autre rive, enveloppait l’endroit de ses formes sombres et dansantes. Peut-être un peu, à la manière d’un coffre d’orfèvrerie taillé au bronze, qui préserve son contenant  de son mystère et de son délicieux secret. Peut-être, aussi, qu’en ce précieux moment, l’elfe se mit à envier Papillon. Peut-être pensait-il que seuls les hasards de la nature savaient créer d’aussi beaux avènements.

Mais ce n’était là  que de veules rêveries. Dans le concret, cet état de sérénité pouvait lui faire voir bien autres choses…

Comme par exemple ; son portrait.

Sur l’eau silencieuse, un elfe émacié, dont quelques mèches sombres venaient encadrer le visage, se regardait intensément  et avec mépris.

Ce n’est pas moi, murmura-t-il soudainement, et  avec colère.

Puis l’image se saisit d’une pierre, qui retomba sur elle-même. Elle devînt floue, informe, pleine de mouvements chaotiques, d’ondulations synergiques.

Voilà qui est mieux, pouvait-on lire sur la bouche du reflet.

Et l’image de disparaitre… l’elfe étant retombé sur son derrière, affalé dans l’herbe à contempler le ciel.

- Tu es mon seul véritable ennemi, s’affirma-t-il intérieurement d’une voix tranché. Si je continu d’être aussi impulsif et irréfléchi, je vais m’attirer malheur… et l’attirerai sur les autres. Bordel…Bon sang… il va falloir que tu te ressaisisses!

L’elfe se donna une petite gifle : Clac!

-Arrêtes d’être un crétin, tu m’entends?

Puis il s’esclaffa d’un long fou-rire nerveux, ce qui détendit l’atmosphère insolite qu’il avait lui-même provoquer.  Et pour s’assurer qu’il n’y était plus, une longue et apaisante respiration s’ensuivit..

Peut-être que le Ravage avait compris quelque chose lors de cette étrange nuit… Peut-être.

Quoi qu’il en fut réellement, celle-ci ce termina avec certitude, de cette manière :

L’elfe à la crinière ténébreuse tourna la tête pour trouva le vide, ou alors, le murmure du vent, tout au plus…

-J’aurais tellement aimé que tu sois là, Féline. On se serait mutuellement foutu de ma gueule… puis tu m'aurais rassuré quand même et on aurait dormis tout collé, à la belle étoile.

Il marqua une pause.

- J'me souviens que tu craignais que la peur de la nouvelle nous crée des problèmes... J'pense pas, tu sais. Ce soir, je l'ai vu, elle et son copain, à l'oeuvre. Ce sont de bonnes personnes qui se soucient réellement des autres. À peine cela fait-il quelques jours qu'ils sont sortis, qu'ils se sont déjà mis en tête de sauver Phalène. Faudrait aussi que t'entendes comment ils parlent ! J'te jure, c'est quelque chose. Surtout le p'tit dernier, le Curieux. Un orateur... *hésite*, nan, plutôt un intellectuel, un vrai. Les deux comprennent vite, trop vite. J'pense que je l'ai envie. Enfin... peu importe. J'suppose que c'est une bonne nouvelle, leur apparition, j'veux dire.

Il marqua une autre pause et esquissa un petit sourire de complaisance.

-Bon sang. Faut que j'arrête de me parler tout seul. *rire*

L’elfe s'étala sur l'herbe et s'endormit, pour un quelques cinq heures.

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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Lun 7 Sep - 21:50



Un autre chapitre !/?



Il y avait eu l’annonce d’un départ soudain ; Hautemaisons déménageait. Terminé l’odeur poisseuse! À bat l’humidité collante, la sueur rance.
Le soleil serait enfin nôtre, pensâmes-nous intérieurement.
Et avec lui…

Les plages d’écumes et les rivières d’été, les refrains de la faune animal, les aubes et les aurores mystiques, les lunes dansantes; tous en cœur nous ne pensions qu’aux caresses de la vie!
De toute façon, ça faisait l’unanimité que nous le méritions bien. Murmure rabroué, les morts en déroute : après la tempête, le beau temps! Non?

Mais juste avant de s’y laisser planer, un dernier petit éclair… où plutôt, le tonnerre sans la marque bleu du feu dans le ciel.

Car oui,  quand furetèrent aux travers des étincelles de vacarme, sous les acclamations festives, dans la tôlé d’informations déglutit aux couleurs de renouveau, que Limiia et Rieur étaient partis, le Ravage se figea net.
He oui… entre le souci d’être honnête et la peur d’une brutale réaction, il avait fallu trancher.
Chose faite par la bouche de Perspicace,  Ravage engloutit la nouvelle avec la lenteur dicté par son esprit fatigué. Bien évidemment, tous n’attendaient que l’unique et seule possibilité imaginable : qu’il explose…
- Ça va mal finir, se disait-il lui-même intérieurement.

 Quoi de plus normal que de penser cela pour les initiés de ses humeurs?  En observant la constante de son tempérament, il n’était vraiment pas dur d’imaginer  Ravage péter un énième  câble.
Allait-il le faire? D’un autre temps, l’on aurait même dit que c’était clair comme de l’eau de roche…
Et pourtant… non? Un simple et presque rien ne se produisit. Pas de flammèche, pas d’étincelle, même pas de mèche revêche, qui s’élance grossièrement.

Tout cela fut simplement évité.  Suite à la bombe, lorsque le plus habile des gnomes et le-grand-amour-de-sa-vie s’étaient précipités sur lui avec des paroles de cachemire aux contours arbitraire. Il va revenir, c’est certain!- Ne t’en fais pas. – Tout va bien aller- C’est pour son bien.  Et tous ces genres de petites mièvreries rassurantes lui firent l’effet d’une bonne douche froide, d’un bain de réalisme. Toute rage malvenue s’était simplement tut. Elles l’avaient même interdit sur place.

Aucun malmenage ou de remords  auto-infligé. Pas de rage Berserk ou de massacre de masse. Rien de tout ça.  Pas de sanglots, pas d’écroulement non. Une seule petite réaction, une seule,  sans dommages collatéraux. Son faciès avait viré couleur-mépris et s’était froissé en quelques sillages de dédain, rien de plus.
Et malgré tout, ce visage même disparut avec autant d’absurdité, noyé dans un torrent de travail et de responsabilités…

---

Après avoir délégué différentes tâches, le nouveau chef, Perspicace, accompagné de Féline la guerrière, partirent considérer quelques sombres rumeurs sur Évigile, alors que l’autre groupe, composé d’Harmonie, de Barde et de Ravage, se lançait en hâte dans une petite affaire visant à percer les secrets d’étranges apparitions  près d’un cimetière du bois sombre.

Mais au final, rien de concret.  Une autre soirée se terminant à la solde de maints des frustrations, d’intempéries diverses et –heureusement- d’un brin d’ensoleillement (en fin de nuit), quand…

Harmonie, toute excitée –ce qui n’arrivait qu’une fois l’an- les avait menés à sa récente découverte.  Dans les terres jaunes, SON immense ville-forteresse en pierres, nous accueillait portes grandes ouvertes !  Toute édifiée sur son tapis de terre chaude, et blottit à même mers et hauteurs montagnardes, on y trouvait pratiquement tout. Tout pour la pérennité de la communauté d’Hautemaisons en tout cas. Une forge, la mer, ai-je dit la mer?, des terrains vagues pour la détente, une maison fonctionnelle pour chacun, des remparts fortifiés, des établissements pour les besoins communautaires...

Et une très grande distance nous séparant des autres lieux de rendez-vous, d’intérêts généraux ou d’activités requérant une attention immédiate. Ah oui… d’accord.

Et si ce petit hic ne fut pas aperçut la première nuit –les quelques membres en ville étan trop épris d’extatisme-, le point fut vite ramené au sujet du jour.

Neige souligna le problème.

Perspicace en prit note.

Ravage en fit les frais.

C’est de cette manière que les semaines qui suivirent le « faux » déménagement d’Hautemaisons furent d’un pénible rarement égalé.

Entre Féline, sa boutade d’un grand besoin de liberté et d’aventure, la relation dysfonctionnelle du couple Bardmonie -qui les frustrèrent au point de les diviser çà et là-,  le duo Almorieux en marge de tout le monde à faire on ne sait trop quoi, les deux chamans qui se terraient auprès de leur Îmesaoul et tous les besoins et les enquêtes individuelles  qui poussaient le monde à papillonner en les lieux les plus divers, en un mot : il y avait une absence profonde de cohésion.

À nouveau seul, comme ce fut le cas aux prémices de ses deux existences, les plis rieurs aux commissures des yeux de Ravage s’estompèrent pour laisser place à des rides de tension, presque d’agacement. Le temps de la puissance d’Hautemaisons était révolu, commençait-il à penser.

Et les semaines se succédèrent avec cette pensée d’arrière-plan.

Cela ne l’empêcha pas pour autant de s’activer comme un posséder. Le chef lui avait demandé plusieurs choses, sur lesquels il s’attela avec détermination.

Parcourant les terres tel le dératé qu’il est, Ravage réunit et informa ceux qu’il put. D’abord Flamme,  Nuktela ensuite, puis il essaya  de convaincre le nain de les rejoindre : sans succès.
Lorsque Papillon lui fit part de sa volonté de se retirer en sûreté, Ravage l’y accompagna.

Lorsque Perspicace lui demanda s’il savait où trouver du bois pour l’utiliser dans ses machinations, Ravage lui promis de lui fournir ce qu’il avait déjà, et passa quelques jours à en accumuler d’autres, en grandes pompes.
Au bout d’une semaine, entre les nécessités de la chasse, de la cuisine et du sommeil, bref ; les besoins survivalistes, ainsi que les tâches diverses qu’il avait à accomplir, la vie de Ravage ne fut pas de tout repos et son morale alla en dégringolant. Il lui manquait peut-être quelques caresses félines, qui sait?

Heureusement pourtant, le premier chant du cygne dans la réconciliation des éveillés s’annonça un peu plus tard dans le mois. C’était l’appel d’un conseil d’urgence sur la menace des morts qui marchent, qui se tînt selon la bonne volonté d’Almonen et du Curieux, après qu’ils eurent eu un entretien privilégié avec l’un d’eux, selon toute vraisemblance, dans un étrange calme bienveillant.

Mieux, c’était le premier conseil qui se déroula dans un certain calme et une cohérence pragmatique. Tellement et si bien, que Ravage en fut radicalement galvanisé, à nouveau enthousiasmé de servir une juste cause, malgré la pesanteur du sujet et la terreur qui l’entourait.

Et c’est donc par le fait même, comme il en fut attendu, que l’elfe pâle passa la semaine qui suivit à récolter les matériaux nécessaires à l’amélioration des équipements, puis un jour supplémentaire à concevoir un premier ensemble pour Curieux, dont la sagesse réflexive –selon Ravage- devait être marquée par la couleur blanche des peaux de loups. Pourquoi? On ne sait trop. Et toujours sans trop le savoir, l’elfe suivait en cela, la lancée du symbolisme de Tempérance, qu’elle avait fait naître en ce monde –selon les données historiques de l’elfe- avec ses jolis mais rudimentaires anneaux de mariage.

Le reste du temps jusqu’à la date d’aujourd’hui, Ravage eu à se diviser comme un cinglé. Recherches de matériaux divers ; minerais, bois, fils, cuirs et viandes ; missions d’escortes, de recherches d’informations ou d’accompagnements en tout genre.  Ce genre d’efforts soutenus le creva d’avantage.

Dans la petite recette du malheur, il fallait maintenant ajouter que plus le temps avançait dans sa ronde sans fin, plus l’absence de Féline et de Perspicace se faisait sentir, lui pesant sur le cœur comme une enclume fumante. Plus il avançait dans le temps, plus son morale s’aggravait. Plus il se tuait à l’emploi, plus son agressivité revenait.

Mais en société ; un presque rien ne se faisait sentir. Un joli sourire sur les lèvres, l’air faussement niais, il jouait le jeu du mensonge jusqu’au bout.  Un jeu dangereux.

Ne pouvait-il pas chercher un peu de réconforts dans les dernières victoires? Il avait bien aidé Nuktela à vaincre le cinglé, Coupine était revenue d’entre les morts, un magnifique étalon se laissait caresser et jouait parfois même avec lui. Et surtout, Barde! Barde avait retrouvé la vue!

Peut-être un peu. La  simple expression d’une détente passagère, d’une éclaircie d’une minute, qui ne fait que jalouser les temps heureux plus qu’autre chose.

Car intérieurement, c’était avec la mort dans l’âme qu’il devait continuer de trainer la patte. Imaginer l’effroi lorsque le cinglé qui avait menacé tout le monde de les étriper, l’avait surpris en douce pour lui sublimer l’idée que le Nécromancien avait fait abattre une humaine effarouché et un gnome un peu trop téméraire. Fissure, hésitation, fracas ; douleur indescriptible.

Alors on remettait sur son visage un sourire faussement niais. On fait semblant qu’il n’existe pas de tragique en ce monde… et on… pleure quand on est seul, comme un enfant… comme un faible.

------

Du revers de la main, Ravage essuya ses pommettes rouges et boursoufflés, juste avant de se relever péniblement en s’étirant l’échine pour essayer de faire taire son corps qui lançait de partout, ses courbatures lui faisant un mal de chien.

-Ça suffit, lâcha-t-il d’un ton morose en faisant craquer sa nuque à gauche puis à droite.
Le vent frais des sombres bois agressa son visage tout humide qui réagît violemment à l’alchimie du froid et de l’eau, le ramenant à la réalité et aux autres obligations pressantes qu’il y avait à accomplir.
D’un solide bond, l’elfe sortit de la crevasse humide et exiguë où il avait passé la nuit, faute d’avoir assez d’énergie pour rejoindre un quelconque campement, la veille. Ou alors souhaitait-il inconsciemment qu’un malheur ne lui arrive..?

Balayant maintenant le paysage d’un regard désaimé -par simple habitude-, l’elfe en conclut qu’il n’y avait rien de dangereux. De toute façon, le cinglé était mort…

- Et avec lui la vérité sur Féline et Perspicace, maugréa-t-il aigrement!

Ravage s’immobilisa net, réalisant qu’il avait parlé à voix haute. Maintenant, de la manière la plus douce qu’il soit, il caressait  l’anneau à son annulaire et son regard démolit se figeait dessus avec avidité ; grincement de dents, bruissement atroce.

Et comme pour chasser terreur, images sombres, anéantissement et tout ce qui pourrait être lié à son état, l’elfe crispa la tête et leva les yeux au ciel.

Respiration interminable.

-Focus. Armures, chevaux, divinités… Armure, chevaux, divinités, répétait-il inlassablement.

Une semaine qu’il longeait toutes les terres connues à leur recherche, sans résultat. L’elfe était loin d’être stupide, il savait qu’il était un bon traqueur, d’autant plus qu’il était motiver par l’amour. C’est pour cette raison qu’il se rabroua à l’inévitable : Féline et Perspi’ étaient morts ou captifs.

Se convainquant –pour ne pas dire s’imposant- que la deuxième possibilité était la plus probante, toujours aussi pathétiquement accroché à l’idée que l’espoir fait vire, il continua de marcher. Cette dernière pensée ne convainquait sans doute que lui-même.

Mais il s’y accrocha comme un loup à un steak bien saignant, comme un charognard à son festin d’entrailles, comme une Neige à sa Lumière pleine de douceur.

Le temps était compté : Armure, chevaux, divinités ; répétait-il toujours à mesure qu’il s’enfonçait dans les terreaux sombres, son pas collant à la terre engorgé d’eau, « L’expédition, au plus vite. Armure, chevaux, divinités. »

Une larme glissa encore le long de sa joue. « Armure, chevaux, divinités », répétait-il frénétiquement.
Il ne contrôlait plus grand-chose…
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MessageSujet: Re: Rieur, Ravage, sang et épopée.   Sam 12 Sep - 21:19

Ravage avait réussi à soutirer à son corps quelques dernières énergies. Il avait ainsi parcouru les terres connues d’un pas ankylosé, à la recherche des autres. La forêt noire, rien. Le marais, uniquement les irréductibles qui avaient décidé d’y rester. La forêt verte : des morts, des morts, des morts. Alors il s’était rabattu vers les terres jaunes.
Mauvaise idée…

« Deux fenêtres, un seul regard.
Des vitraux illuminés,
Sans bienveillance,
Une bouche de porte,
Une porte de bouche,
Un air seulement,
Accusateur ; Accusateur.
Lieu d’amour : Avortement.
Deux fenêtres, un seul regard.
Accusateur, destructeur.»

Dans la demeure où ils s’étaient promis de venir vivre un jour avec sa femme, Ravage s’écroula dans la chambre principale, à même le bois sec, au milieu de la poussière.
La première nuit, il pleura.
La deuxième, il fit grincer sa lame et sa colère contre les quatre murs de sa nouvelle prison émotionnelle.
La troisième, le visage écrasé contre le sol, il se laissa choir et dévorer par les termites.
La quatrième, alors que l’agonie se faisait plus longue que prévue, il se leva enfin.
L’orage était passé.
À l’intérieur de l’elfe n’existait plus rien. Un grand vide, si l’on considère cela comme une chose.
L’impression d’avoir tout donné et de n’exister que par la chair.
De manière purement mécanique, il s’en alla rejoindre le monde des vivants.

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